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Pac : les Vingt-sept espèrent toujours « ouvrir les yeux » de Bruxelles

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Si la Commission européenne se félicite de la concrétisation des objectifs fixés, il y a un an, dans la Vision pour l’agriculture et l’alimentation, les ministres de l’Agriculture de l’UE estiment, eux, que la proposition de réforme de la Pac ne répond pas à ces engagements.

La proposition de réforme de la Pac post-2027 est « un instrument clé » de la Vision sur l’avenir du secteur, publiée il y a un an, « qui confirme l’importance stratégique de l’agriculture et de la sécurité alimentaire », a, de nouveau, assuré le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, lors d’un débat avec les ministres des Vingt-Sept le 30 mars à Bruxelles. Une affirmation que la majorité des ministres est loin de partager. Au contraire, la plupart d’entre eux – à quelques voix dissonantes près, dont l’Allemagne pour qui Bruxelles doit aller encore plus loin dans la simplification – ont continué à étriller le projet de réforme jugé par beaucoup « décevant ». De nombreuses délégations ont estimé que cette proposition (budget réduit, disparition du second pilier, fusion des crédits dans un fonds unique, nombreuses flexibilités accordées…) allait à l’encontre des objectifs fixés par la Vision. « La Commission doit ouvrir les yeux », s’alarme la Roumanie, signataire avec les pays du groupe de Visegrad élargi (Hongrie, Bulgarie, République tchèque, Pologne, Roumanie, et Slovaquie) d’une note présentée pour l’occasion. Ces pays s’inquiètent notamment du manque de convergence du niveau des aides entre les États membres.

Question de point vue

Mais Christophe Hansen n’a pas la même analyse. Il considère, au contraire, que les synergies offertes par le fonds unique sont une solution pour apporter des réponses variées aux multiples défis auxquels le secteur agricole doit faire face. Pour le reste, il estime que la proposition sur la table n’est pas très différente de la législation en place : « Je tiens à vous réaffirmer que le soutien au revenu reste l’instrument politique central pour garantir la stabilité des revenus des agriculteurs et maintenir un soutien prévisible de la Pac. Les outils de gestion des risques et des crises sont tout aussi essentiels, de même que les instruments de développement rural. »

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Christophe Hansen
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Selon lui, 64 % des engagements de la Vision ont été déjà concrétisés. Et Christophe Hansen assure que son travail se poursuit : « Nous menons des dialogues pour définir la voie à suivre pour le secteur de l’élevage, l’agriculture biologique et la législation environnementale, entre autres » et d’autres initiatives sont en cours pour encore réduire les charges administratives en matière environnementale, renforcer les contrôles à l’importation et réviser la directive sur les pratiques commerciales déloyales afin de « garantir que les producteurs européens ne soient pas la variable d’ajustement ». Les ministres irlandais et français ont également souligné la nécessité de proposer un plan sur les protéines végétales. Et Annie Genevard de rappeler également ses attentes concernant le futur plan d’action sur les indications géographiques et la proposition sur la préférence européenne dans les marchés publics.