Hausse des dépassements des limites légales et de la présence de résidus multiples, baisse des aliments exempts de pesticides. Les résultats 2016 du rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) semblent plutôt inquiétants de prime abord. Mais cela s’explique par la recherche de nouveaux produits, notamment des résidus de chlorate. « Comme les années précédentes, ce rapport confirme le niveau élevé de conformité des denrées alimentaires présentes dans les rayons dans l’UE »
>, assure le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis.
En 2016, 96,2 % des produits alimentaires de l’UE présentaient un taux de résidus de pesticides inférieur aux limites légales (LMR pour limites maximales de résidus) contre 97,2 % en 2015 et 97,1 % en 2014, selon le rapport annuel de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publié le 25 juillet. Et, sur les 84 657 échantillons analysés par les États membres, couvrant 791 pesticides, 50,7 % étaient exempts de résidus quantifiables (contre 53,3 % en 2015). Des résultats en hausse qui s’expliquent « par la présence de résidus de chlorate, composé pris en compte pour la première fois en 2016 dans les programmes de contrôle », indique l’Efsa. « Comme les années précédentes, ce rapport confirme le niveau élevé de conformité des denrées alimentaires présentes dans les rayons dans l’UE », veut rassurer le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis. En effet, sur la base d’un « panier de la ménagère » (composé de pommes, chou pommé, poireau, laitue, pêches, fraises, tomates, seigle, vin, lait de vache et graisse de porc), tant pour l’exposition à court terme (aigüe) qu’à long terme (chronique), l’Efsa estime que les risques pour la santé des consommateurs sont faibles.
Importations
Dans 3,8 % des échantillons, les niveaux de résidus dépassaient les LMR, mais, compte tenu de l’incertitude analytique, 2,2 % des échantillons dépassaient nettement ces limites, ce qui a déclenché des actions légales ou administratives de la part des autorités compétentes.
Les produits importés présentaient un taux de non-conformité nettement supérieur à ceux de l’UE avec 7,2 % des échantillons au-dessus des niveaux autorisés contre 2,4 %. Les taux de dépassement les plus élevés ont été relevés pour le Laos, le Vietnam, la Chine, l’Ouganda, le Sri Lanka, la Thaïlande, le Pakistan, le Cambodge et le Suriname.
En termes de produits, les dépassements les plus élevés (plus de 10 %) ont été identifiés pour le basilic, les cressons d’eau, les fruits de la passion, les thés, le foie (moutons et bovins), les feuilles de céleri, les figues de barbarie, le persil, les navets, le céleri, les champignons sauvages, les herbes fraîches et les fleurs comestibles, les grenades, le gombo et la roquette. Pour les produits transformés, comme en 2015, ce sont les feuilles de vigne, les tomates, les champignons sauvages, les poivrons, le riz, les raisins de table, le maïs doux et les olives de table qui dépassaient le plus souvent les LMR.
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Sur les 5 495 échantillons d’aliments issus de l’agriculture biologique testés en 2016, 98,7 % (99,3 % en 2015) se situaient dans les limites légales et 83,1 % étaient exempts de résidus quantifiables.
Des substances non autorisées
Des résidus de plus d’un pesticide (résidus multiples) ont été trouvés dans 30,1 % des échantillons (contre 28 % en 2015). Les fréquences les plus élevées de résidus multiples ont été observées dans les groseilles à maquereau (85,7 %), le houblon (81,8 %), les pamplemousses (73,1 %), les groseilles (72 %), les mûres (68,4 %), les raisins de table (68,1 %), les framboises (66,9 %) et les fraises (65,4 %).
L’Efsa porte depuis 2015 une attention particulière aux résidus de glyphosate. Dans l’ensemble, 3,6 % des échantillons analysés contenaient des résidus quantifiés de cet herbicide (contre 3,1 % en 2015), principalement des céréales.
Enfin, dans ses conclusions, l’Efsa souligne qu’un certain nombre de substances non approuvées ont été trouvées à plusieurs reprises dans des échantillons produits dans l’UE (dépassant même dans certains cas la limite maximale), notamment dans les pommes, les fraises, la laitue, les pêches et les tomates.