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Photovoltaïque au sol : certaines chambres d’agriculture temporisent

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Si la cartographie des terres pour le photovoltaïque au sol « avance plutôt bien » dans les chambres d’agriculture, d’après leur instance nationale, certaines montrent des réticences.

Quelles terres pourront accueillir des installations photovoltaïques au sol ? Les chambres d’agriculture ont jusqu’au 9 janvier 2025 pour livrer leurs propositions. Selon la loi Aper de mars 2023, elles doivent remettre aux préfets des documents-cadre. « Ça avance plutôt bien », déclare à Agra Presse Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France. D’autres sources font état de réticences dans le réseau. « Certaines chambres d’agriculture veulent qu’on leur laisse un peu de temps, parfois se posent des questions », indique Maxime Cumunel, délégué général de l’association France Agrivoltaïsme. Dans la Nièvre, le chantier a vite été mis en pause. « On attend que la situation politique se stabilise, pour ne pas commencer un travail qui serait remis en cause par un changement de cap du gouvernement sur le photovoltaïque », déclare le président Didier Ramet. Et de minimiser l’enjeu. Le document-cadre, visant à identifier les surfaces ouvertes aux projets photovoltaïques au sol, concernera « quelques dizaines d’hectares tout au plus » dans le département, selon lui. « Il y aura quelques délaissés d’autoroute, un bout d’aérodrome, de voies ferrées… pas grand-chose. On a peu d’industries qui ont laissé des terres où pourraient s’installer des panneaux solaires au sol. »

Dans la Nièvre, une échéance « intenable »

Pour établir cette cartographie, une méthode nationale a été diffusée par Chambre d’agriculture France. Elle consiste à faire un « tamisage progressif ». Peuvent être retenues les terres « incultes », non exploitées depuis plus de dix ans, déjà « ouvertes » à l’installation de projets photovoltaïques au sol, d’après la réglementation. Mais l’élaboration des documents-cadre inclut des critères plus fins. Les chambres doivent ainsi écarter les zones d’intérêt environnemental ou agricole, en se basant par exemple sur des données pédologiques, des enquêtes pastorales. Un travail chronophage. « On a juste mené une concertation en mai avec les services de l’État pour se mettre d’accord sur qui fait quoi, si l’un peut aider l’autre, c’est tout », raconte Didier Ramet. L’échéance du 9 janvier ne lui semble pas tenable. « Il faudra sûrement un trimestre supplémentaire pour se remettre au travail et ne pas être bousculés dans les dernières semaines. »

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En plus du « très lourd » chantier de cartographie, la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales mène une concertation, facultative, auprès d’acteurs comme les Parcs naturels régionaux. « Le calendrier sera respecté », indique-t-elle néanmoins. « Une première cartographie provisoire » est envisagée « début octobre ». Ailleurs, le travail est parfois achevé, comme dans le Var.

Des documents-cadre à remettre aux préfets le 9 janvier 2025