Projet de structuration, augmentation régulière des surfaces, entrée en production des vergers : la filière de la pistache française pourrait monter en puissance l’année prochaine.
La filière pistaches française attend avec une certaine impatience l’année prochaine : « 2026 pourrait voir une augmentation notable des volumes, les vergers plantés en 2020 entrant en production », souligne Benoît Dufaÿ, coordinateur de France Pistache, contacté par Agra Presse le 21 août. En effet, il faut compter environ six ans entre la plantation et la première récolte. Aujourd’hui, la production de pistache en France reste limitée : environ 800 kg bruts en 2024, un volume reconduit cette année à cause d’un printemps pluvieux et une mauvaise pollinisation. La pistache est cultivée sur 500 ha, dont environ 300 ha en Paca : « La dynamique de plantations est de 50 ha à 80 ha par an », avec des développements en Occitanie (principalement Aude et Pyrénées-Orientales), Corse et sud Auvergne-Rhône-Alpes (Ardèche et Drôme).
Les planètes semblent s’aligner pour la filière, puisque le projet Pistamed, qui vise à poursuivre la structuration de la filière en France, a été retenu le 24 juillet dans le cadre du Plan Agriculture Méditerranée (PAM), a appris Agra Presse le 21 août. Il s’inscrit sur le territoire de l’Aire agricole de résilience climatique (AARC) Pistache, labellisée en juin. « Nous sommes en attente de l’instruction finale qui définira le niveau de financement. Pistamed a pour objectif d’assister les agriculteurs désirant développer une production de pistache comme diversification agricole : accompagnement technique, formation et aide à l’acquisition de matériels pour les opérations post-récolte », précise Benoît Dufaÿ. Cette décision pourrait apporter un soutien appréciable à la filière, qui s’ajoute à d’autres : GIEE « Diversifier les exploitations provençales avec la culture de la pistache », Casdar Coqclim (avec la filière amande), plan de soutien triennal de la Région Sud, etc.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La pistache attire certains agriculteurs, dans la viticulture et aussi l’arboriculture (cerise), des filières rencontrant de fortes difficultés et en recherche de solutions. Mais France Pistache n’entend pas faire de prosélytisme : « Nous ne conseillons pas à un agriculteur s’intéressant à la pistache et s’adressant à nous d’y consacrer l’intégralité de ses surfaces. » C’est une culture exigeante, nécessitant un accompagnement technique, après vérification en amont de la compatibilité pédoclimatique des parcelles envisagées. Il s’agit aussi de structurer le territoire de production en aidant au développement de solutions de transformation : séchage, tri… Le marché est potentiellement là : chaque année, la France importe environ 10 000 tonnes de pistaches.