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Promotion agricole : les eurodéputés demandent davantage de flexibilités

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Le projet de rapport d’initiative sur l’avenir de la politique de promotion a été bien accueilli à la commission de l’Agriculture du Parlement européen. Néanmoins, quelques sujets demeurent sensibles pour certains groupes politiques.

À l’occasion de la réunion de la commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) du 8 avril, l’Italien Salvatore De Meo (PPE, droite) a présenté son projet de rapport d’initiative sur la mise en œuvre de la politique de promotion du secteur agroalimentaire de l’UE. D’une manière générale, les eurodéputés de la Comagri ont considéré la proposition du rapporteur comme une bonne base de travail et plusieurs pistes d’amendements ont été évoquées. La question de la simplification du système a été au cœur de nombreuses interventions. « Nous entendons les producteurs nous dire qu’il est difficile de connaître les programmes et y avoir accès », a indiqué Dario Nardella (Italie), en charge du sujet pour le groupe des socialistes et démocrates. Et d’ajouter que le système « pénalise les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas les moyens ». Plusieurs parlementaires européens plaident également pour une plus grande flexibilité des fonds afin qu’ils puissent s’adapter à des situations particulières, comme les tensions géopolitiques mondiales.

« Nous souhaitons rendre le système aussi flexible que possible », a répondu le représentant de la DG Agriculture de la Commission européenne, précisant que Bruxelles a introduit des éléments de simplification et prévoit de présenter de nouveaux indicateurs de performance afin de mieux mesurer l’impact des programmes de promotion. « Nous menons également, avec le commissaire Hansen, un dialogue sur la politique de promotion afin d’identifier ce que nous pouvons améliorer », a ajouté le représentant de la DG Agriculture.

Des sujets sensibles

Plusieurs points du rapport crispent encore certains parlementaires à gauche de l’hémicycle. C’est le cas de la redirection vers d’autres secteurs de certains fonds sous-utilisés accordés aux produits biologiques. Pour Cristina Guarda (Verts, Italie), cela décourage les producteurs bio. Elle estime, a contrario, qu’il faut rendre le programme plus accessible. De son côté, la Commission européenne a confirmé qu’elle ne recevait pas suffisamment de demandes et par conséquent, elle se retrouve contrainte de réaffecter les fonds.

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Autre sujet controversé : la promotion de la viande rouge et les boissons alcoolisées. Tilly Metz (Verts, Luxembourg) souligne que les programmes de l’UE devraient « éviter la promotion de produits considérés comme nocifs par l’OMS ». Mais une telle position entraîne une levée de boucliers, notamment à droite. « Je tiens simplement à rappeler qu’il y a quelques années, une tentative d’exclure la viande et le vin, et que cette idée a été largement rejetée par les États membres : vingt‑trois États membres ont voté contre », a expliqué, de son côté, le représentant de la Commission.