Abonné

PSN : les réactions syndicales au document de la DGPE

- - 6 min

La Confédération paysanne, la FNSEA, et surtout plusieurs de ses associations spécialisées, ont vivement réagi après que leur ont été présentés les scénarios de la DGPE (ministère de l’Agriculture) pour le premier pilier de la future Pac.

La FNSEA demande des « clarifications » et pointe des « lacunes »
 

Ayant analysé en bureau la veille les scénarios proposés par la DGPE (ministère de l’Agriculture) pour les aides du premier pilier de la prochaine Pac, la FNSEA estime, dans un communiqué paru le 25 mars, que ces « premières pistes nécessitent des clarifications et font apparaître des lacunes inquiétantes ». Le syndicat majoritaire veut d’abord des éclaircissements sur les aides couplées, s'« inquiète » des modalités d’attribution à l’UGB bovine proposées pour les aides animales, « en particulier en termes d’impact sur l’élevage bovin allaitant et engraissement ». La deuxième critique porte sur les éco-régimes, dont le « niveau d’exigence selon trois voies » proposé « exclut un trop grand nombre d’exploitations ». La FNSEA souhaite intégrer davantage de pratiques, notamment l’agriculture de précision, ou de conservation des sols… Le syndicat pointe par ailleurs le manque de mesures de « rééquilibrage des effets de la convergence sur les exploitations céréalières », au-delà de l’abondement de l’aide aux protéagineux. Par ailleurs, la FNSEA regrette l’organisation de la concertation, qui se limite, pour l’instant, au premier pilier de la Pac, et demande à « avoir une vue globale sur l’ambition du ministère ». Le syndicat rappelle qu’il est opposé un transfert supplémentaire du 1er vers le 2d pilier – point qui n’est pas abordé dans la consultation.

La Conf' veut davantage d’aide aux petits exploitants

De son côté, la Confédération paysanne livre, dans un communiqué paru le 23 mars, plusieurs inquiétudes. Elle regrette tout d’abord les orientations prises concernant l’aide découplée, avec une absence de travail dédié aux « petits agriculteurs » ; dans cette optique, elle fait part de sa « crainte immense de n’avoir toujours pas un paiement redistributif efficace » (l’alternative proposée par la DGPE se situe entre 10 et 20 %), et déplore les « atermoiements sans fin » sur la convergence (alternative entre 85 et 100 %).

Concernant l’aide couplée animale, la Conf' dénonce – comme la FNB, mais également le Modef – le scénario évoqué de « fusion des enveloppes des aides couplées destinées aux vaches laitières et vaches allaitantes », qui « viendrait achever les éleveurs et éleveuses de bovins allaitants déjà en pleine crise de revenu ».

Enfin, face à l’aide au maraîchage proposée par la DGPE sur une proposition initiale de la Conf', le syndicat rappelle qu’il ne souhaitait pas la réserver aux maraîchers, mais en faire bénéficier tous les producteurs de fruits et légumes frais, incluant l’arboriculture et excluant les serres chauffées. Enfin, la Conf' estime que les architectures proposées pour les éco-régimes ont pour « pierre angulaire » la HVE – dont elle est un contempteur historique – et que ce choix est une « impasse ».

Les AS grandes cultures de la FNSEA présentent leur position commune

Ayant pris connaissance des scénarios proposés par la DGPE (ministère de l’Agriculture) pour les aides du premier pilier de la prochaine Pac, les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA (AGPB, AGPM, CGB, Fop) font part, dans un communiqué paru le 24 mars, de leurs « vives inquiétudes », et présentent leur position commune. Les cultivateurs s’inquiètent d’orientations qui « risquent de pénaliser de nouveau les exploitations de grandes cultures ». Et de citer : le « rythme de la convergence des aides » (alternative entre 85 et 100 % proposée par la DGPE), le « taux de paiement redistributif » (entre 10 et 20 %), et « l’accès à l’éco-régime » (avec ou sans bonus pour l’infrastructure écologique ; mention de la bio et de la HVE).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

deuxième pilier
Suivi
Suivre

Positivement, la position des associations de grandes cultures est la suivante : pas d’augmentation du transfert du 1er vers le 2d pilier (non mentionné dans le document de la DGPE) ; une convergence « limitée et compensée pour les situations les plus impactées » ; des aides couplées « adaptées pour compenser les effets de la convergence et favoriser la structuration des filières » ; un accès à l’éco-régime par le niveau 2 de la C2E et pas seulement pas la HVE (niveau 3), mais aussi par la certification maïs (équivalence SIE) ou des « pratiques agronomiques vertueuses » ; un paiement redistributif à 10 %, appliqué sur 63 hectares (contre 52 actuellement) ; un déclenchement des assurances dès 20 % de pertes ; et un soutien amplifié à l’investissement en grandes cultures.

« Incompréhension » de la FNB sur l’aide couplée

Face à ces scénarios, les éleveurs de bovins viande de la FNB (FNSEA) expriment leur « incompréhension », dans un communiqué paru le 18 mars. Le syndicat s’inquiète des effets cumulés des scénarios d’une aide couplée animale calculée à l’UGB, au bénéfice des vaches laitières, et d’une hausse de l’aide couplée à la protéine végétale au détriment des aides couplées animales, explique Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB, à Agra Presse.

Résultat : « 250 millions d’euros de baisse des aides couplées au cheptel bovin allaitant par an », estime la FNB dans son communiqué. Soit, pour les éleveurs de vaches allaitantes, « une diminution évaluée entre 30 et 50 % de leurs aides couplées » et donc « une baisse de 30 à 50 % de leur revenu », étant donné que « le revenu des éleveurs de bovins viande en 2020 ne repose plus que sur les aides de la Pac ».

Et leur président Bruno Dufayet de conclure le communiqué par cette interrogation : « Comment le gouvernement peut-il déclarer ne pas vouloir abandonner les éleveurs de bovins viande et vouloir répondre à l’urgence de leur situation en débloquant 60 millions d’euros… tout en leur retirant quelques jours plus tard 250 millions d’euros d’aides de la Pac par an ? »

La Conf' déplore des « atermoiements sans fin » sur la convergence

Les éleveurs de bovins viande craignent de perdre 250 M€ par an