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Réorienter les subventions agricoles vers le climat, préconise un rapport de la Banque mondiale

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Difficile équation que de concilier atténuation du changement climatique et augmentation de la productivité agricole. Pourtant, le rapport de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement intitulé « Révision du soutien public à l’agriculture pour atténuer le changement climatique », et publié le 21 juillet, estime qu’en réorientant une partie des subventions agricoles, il est possible de répondre à cet enjeu efficacement, en particulier via une utilisation intelligente des ressources naturelles. Mais aussi par le biais de la restauration et la conservation des terres arables, ainsi que par la mise en place de pratiques agricoles et d’innovations en matière de gestion.

« Augmenter la productivité de l’agriculture en améliorant l’efficacité de l’utilisation des ressources naturelles constitue la stratégie la plus importante pour atténuer les émissions agricoles », explique le rapport de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) intitulé Révision du soutien public à l’agriculture pour atténuer le changement climatique et publié le 21 juillet. À cette fin, poursuit le rapport, il faudra augmenter la production à la fois par hectare de terre cultivée ou de pâturage, par kilogramme d’engrais et d’autres intrants chimiques, par animal, par kilogramme d’aliments pour animaux ou encore par litre de diesel ou kilowattheure d’électricité. Par exemple, l’amélioration de la qualité des aliments pour animaux peut réduire les émissions par kilogramme de lait ou de viande, car les animaux qui consomment des fourrages plus nutritifs grandissent plus vite ou produisent plus de lait sans augmenter les émissions de dioxyde de carbone de manière comparable. La qualité des aliments peut être améliorée par de meilleures pratiques de pâturage, par l’utilisation d’herbes plus nutritives et par l’emploi de fourrages mieux coupés et mieux transportés et de certains compléments alimentaires. L’amélioration des soins de santé et de l’élevage joue également un rôle important.

Restauration et conservation des terres

En matière d’énergie, le passage de la consommation de combustibles fossiles à l’énergie solaire et éolienne renouvelable permettrait aussi aux exploitations agricoles de réduire leurs émissions. Tout comme le fonctionnement plus efficace des tracteurs, des pompes et des installations de séchage, permettrait d’en faire de même.

La restauration des terres arables peu productives dans leur état naturel, lorsqu’il n’est pas pratique de les améliorer pour l’agriculture, peut à la fois, explique le rapport, atténuer le changement climatique et réorienter les ressources agricoles vers des utilisations plus productives. Par exemple, cela peut concerner des pâturages sur des terres très inclinées, auparavant boisées. De plus, pour éviter le défrichement des zones naturelles, les gouvernements peuvent, par exemple, indique le rapport, refuser d’octroyer des subventions aux agriculteurs pour des aliments produits sur des terres nouvellement défrichées.

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Pratiques de gestion agricole et innovations

L’adoption de pratiques de gestion agricole connues peut aussi contribuer à atténuer les émissions de dioxyde de carbone. Par exemple, la séparation des solides et des liquides du fumier et le captage et la combustion du méthane généré par les fosses à fumier peuvent réduire les émissions des effluents d’élevage. L’ensemencement à sec et le rabattement temporaire des rizières paddy peuvent réduire les émissions de méthane du riz. Les aides publiques à l’agriculture peuvent également être ciblées sur l’amélioration de la gestion agricole. Ainsi, les subventions incitatives permettent dans certains cas d’acquérir de l’expérience et des connaissances dans la mise en œuvre de mesures de gestion à faible intensité de carbone.

Par ailleurs, pour atteindre des niveaux élevés d’atténuation, des innovations en matière de gestion sont nécessaires. Certaines de ces innovations en sont actuellement au stade de la recherche. Par exemple, les chercheurs ont identifié des produits chimiques exsudés par une espèce d’herbe tropicale qui inhibent les émissions de gaz à effet de serre provenant de la perte d’azote dans les sols. Il s’agit d’un procédé basé sur l’inhibition biologique de la dénitrification.

Le rapport montre ainsi que le financement public peut jouer un rôle majeur dans le soutien au développement, à l’adoption et au perfectionnement des nouvelles technologies, nécessaires pour atténuer le changement climatique.