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République tchèque : Bruxelles suspend les fonds de développement rural d’Agrofert

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La Commission européenne a déclaré, le 8 septembre lors de son point presse quotidien, avoir suspendu les remboursements des dépenses au titre du fonds de développement rural (Feader) au conglomérat agricole Agrofert lié au Premier ministre tchèque Andrej Babis. Dans le détail, Bruxelles estime, après avoir mené « une évaluation approfondie », qu’Andrej Babis se trouve bien « dans une situation potentielle de conflit d’intérêts concernant la gestion des fonds de cohésion et des fonds agricoles ». L’exécutif européen ajoute que le fonds fiduciaire que le Premier ministre a mis en place après son accession au pouvoir « ne permet pas de remédier suffisamment à cette situation ». Cette suspension ne s’applique toutefois pas aux paiements directs au titre de la Pac qui présente, eux, « un faible risque d’être affectés par un tel conflit d’intérêts ». Dans un communiqué publié la veille, le Fonds national d’intervention agricole (SZIF), organisme payeur tchèque, précise que cette suspension concerne un montant de 3,18 millions d’euros. Selon le SZIF, Bruxelles peut appliquer cette suspension pour une durée maximale de six mois, avec la possibilité de le prolonger de trois mois supplémentaires après accord avec la République tchèque.

Lire aussi : République tchèque : Bruxelles réclame le remboursement d’aides d’État agricoles illégales

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Au Parlement européen, l’eurodéputé Vert allemand Daniel Freund s’insurge : « Il est totalement inacceptable qu’un Premier ministre négocie le prochain budget pluriannuel de l’UE alors qu’il décide lui-même quelle part de cet argent pourrait finir dans ses propres poches. » Il appelle la Commission européenne et le Conseil de l’UE à s’assurer que celui-ci ne participe pas à des négociations qui pourraient directement lui profiter. Et de conclure : « Soit Babis dirige Agrofert, soit il est Premier ministre tchèque ; il ne peut pas être les deux à la fois. » Même son de cloche pour la présidente de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, la conservatrice tchèque Veronika Vrecionova, par ailleurs opposante à Andrej Babis, qui appelle à sa démission.