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Resan veut accélérer le déploiement de ses micro-usines dans les fermes

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Vue du ciel d'une micro-ferme Resan installée sur une exploitation laitière. Crédits : © Resan

Resan, à l’origine du développement de micro-ateliers de transformation installés dans les fermes laitières pour permettre un complément de revenus aux agriculteurs, est en cours de levée de fonds.

La start-up Resan, qui grâce à ses micros-usines de transformation du lait en produits laitiers permet aux agriculteurs d’améliorer leur revenus, procède actuellement à une levée de fonds. Cette opération, d’un montant d’environ 1 M€, est réalisée pour l’essentiel auprès de ses actionnaires historiques et pour le reste sur la plateforme Tudigo, où les investisseurs peuvent participer jusqu’au 25 avril 2025. 

« En dehors de Tudigo, le tour de financement en cours est assuré à 70% par nos investisseurs historiques, en premier lieu la Banque des territoires, détaille André Bonnard, le fondateur. Nous sommes propriétaires des micro-usines, nous avons donc besoin de capitaux pour constituer notre outil productif. Ces fonds vont nous permettre d’équiper de nouvelles fermes et de poursuivre la croissance de nos ventes avant de lancer un financement de série A en 2026/2027 pour atteindre la rentabilité. » Pour mémoire, en juin 2023, la société avait annoncé la finalisation d’une levée de fonds en deux tranches, d’un montant total de 3,1M€, à laquelle avait notamment participé Danone Communities, aux côtés de la Banque des Territoires. A l’occasion du présent financement participatif sur Tudigo, il est indiqué aux investisseurs qu’« une clause dans le pacte permet à Danone de se positionner pour un rachat entre 2027 et 2030. Si la thèse d’investissement de Danone Communities ne leur permet pas de participer aux prochains tours, Danone continuera à suivre le dossier et à accompagner Resan sur des besoins techniques ».

Ouvrir le modèle à d’autres filières

Le modèle économique de la société repose sur trois piliers, la location de la micro-usine, la centrale d’achat pour toutes les fournitures (pots, caisses, parfums...) et la vente des produits finis, yaourts et crèmes dessert qui représentent l’essentiel de la marge. « Resan a déjà équipé 10 fermes avec ses micro-usines et je pense que nous arriverons à 13 avant l’été », estime André Bonnard. L’objectif pour atteindre la rentabilité viendra à partir de 30 à 40 fermes, ce que nous espérons atteindre le plus vite possible ».

Lire aussi : André Bonnard (J’achète fermier) : « Produire et transformer à la ferme, un concept innovant qui a de l’avenir »

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La société a historiquement démarré ses ventes avec la grande distribution, notamment Intermarché, où un partenariat avec la marque Merci assure l’essentiel du développement. En 2024, elle s’est progressivement tournée vers « la restauration hors foyer, les cantines et les restaurants d’entreprise et puis les grossistes en produit laitiers, tel que Pomona, avec de bons résultats, indique encore le fondateur. « Sur le hors foyer, nous devrions multiplier le chiffre d’affaires par 2 entre 2024 et 2025, à 500 000€. » Depuis 2020, Resan a multiplié son chiffre d’affaires global à plus d’1 million d’euros en 2024. Si le cumul des deux marchés, la GMS et la RHF, sont importants pour Resan, la société a choisi de se concentrer sur le segment du hors foyer aujourd’hui pour prioriser l’installation de ses micro-unités.

À moyen terme, la société a toujours en projet de se développer sur une deuxième filière qui pourrait être celle « des légumineuses, sur laquelle il existe un vrai besoin, selon André Bonnard. Les producteurs sont poussés à produire, mais les débouchés ont du mal à se structurer et l’assiette végétale ne se développe pas beaucoup parce que l’offre n’est pas satisfaisante. » Ce dernier imagine une offre « proche des plats cuisinés, toujours sur le frais, avec un enjeu local fort, où la proximité et les délais de livraisons peuvent avoir des conséquences sur l’organisation du circuit court ».