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Restauration collective : AgriParis Seine fait émerger des filières sous Siqo et équitables

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Au bout de plus d’un an de fonctionnement, le consortium de collectivités Seine nourricière animé par AgriParis Seine montre sa capacité accompagner des entreprises agricoles du bassin de la Seine dans des productions biologiques ou sous d’autres Siqo (signes officiels de qualité et d’origine), ou équitables.

Ce 13 mai dans les salons de l’Hôtel de ville à Paris, le collectif territorial AgriParis Seine a orchestré pour la première fois les « Rendez-vous de la restauration collective durable » et fait la démonstration qu’une coopération à large échelle géographique entre collectivités territoriales pouvait faire émerger des filières d’approvisionnement locales et durables. Associant officiellement plusieurs collectivités du bassin de la Seine (les plus peuplées étant les métropoles du Grand Paris, du Havre et de Rouen), AgriParis Seine anime un consortium nommé Seine nourricière, qui réunit plusieurs organisations de production et de distribution, notamment le Groupement des agriculteurs biologiques d’Ile-de-France, Terres du Pays d’Othe (bassin de captage des eaux), Inter Bio Normandie Services, la coopérative Bio d’Ile-de-France. Ce consortium est soutenu depuis juillet 2023 par la Banque des territoires en tant que « démonstrateur territorial des transitions agricoles et alimentaires ». Il achèvera cet été sa phase d’observation de 18 mois démarrée en janvier 2024. La restauration collective, rassemblant sur ce territoire 600 000 convives d’établissements scolaires, sociaux et administratifs, est le « levier central » du projet de transition agricole et alimentaire Seine nourricière, visant à l’horizon 2027 au moins 20 % d’approvisionnements en produits biologiques, sous label rouge ou équitables (HVE exclues) produits dans le bassin de la Seine, de l’Yonne à la Normandie. « L’idée est de faire basculer des agriculteurs vers le bio ou des pratiques proches du bio. Paris a dépassé les 20 % ; Le Havre et Rouen sont en bonne voie », considère le président d’AgriParis Seine, le professeur honoraire à AgroParis Tech Marc Dufumier.

Certifications en vue

En marge des échanges entre les 300 producteurs et gestionnaires inscrits, les exposants du « salon des initiatives » faisaient part des progrès répondant à la demande des collectivités participantes. Ainsi, la Coopérative Bio d’Ile-de-France aura en juillet une plateforme logistique qui triplera sa capacité et qu’elle mettra au service d’autres fournisseurs agroécologiques ; les Terres du Pays d’Othe, dont les agriculteurs sont rémunérés par les eaux de Paris sous forme de PSE (paiement pour service environnemental), seront certifiées Max Havelaar pour la récolte 2025 des légumineuses, céréales, huiles, jus de pommes ; le grossiste normand Grosdoit, qui est à l’origine de la STG (Spécialité traditionnelle garantie) Bœuf de Normandie, a vu celle-ci référencée par Agri Paris Seine, et attend qu’elle soit intégrée au prochain PAD (Plan d’alimentation durable) de la ville de Paris. Rencontré dans les salons des Rendez-vous, le directeur de la Caisse des écoles du 20e arrondissement de Paris, Grégory Meche, a fait savoir qu’il avait signé un accord quadripartite sur le Jeune bovin de Seine-et-Marne, lequel devrait être labellisé Equitable Nord-Nord avant l’été, et qu’en attendant, les intentions de commande sont déjà fournies.

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De nombreux besoins constatés

Au bout de plus d’un an de fonctionnement, le consortium Seine Nourricière fait état de nombreux besoins, comme de coordonner les outils de transformation et d’en développer de nouveaux, d’optimiser la logistique des producteurs et d’accompagner ceux-ci, d’aider les gestionnaires à relocaliser leur production, d’explorer les dispositifs de paiement des PSE pour protéger la ressource en eau. Le président d’AgriParis Seine Marc Dufumier, a confié qu’il espérait un soutien de la Banque des territoires. Une plateforme numérique a été élaborée. Présentée aux Rendez-vous sous le nom « Ressource Seine », celle-ci sera accessible dès septembre aux gestionnaires des collectivités membres d’AgriParis Seine et aux entreprises de l’agriculture du bassin de la Seine. Elle présente un catalogue « de pré-sourcing » pour les gestionnaires, un annuaire des gestionnaires pour les entreprises d’approvisionnement, un agenda des prochaines phases d’approvisionnement des collectivités et une aide pratique pour les gestionnaires.

Le pouvoir des contrats

Au cours d’un atelier de réflexions et témoignages sur les possibilités de privilégier le local dans la commande publique, Grégory Meche (Ecoles de Paris 20e) a vanté le pouvoir politique des collectivités d’aider des producteurs à répondre aux critères de leur commande publique. La directrice générale du Groupement des agriculteurs Bio d’Ile-de France, Céline Santos Nunes, a insisté sur l’importance des contrats de production encourageant les transitions agricoles. Plusieurs gestionnaires ont jugé que les grossistes n’étaient pas assez volontaires pour fournir des produits bios locaux ni assez moteurs dans leur production. D’où l’intérêt pour les collectivités de coopérer. « La ville de Paris est plus structurante pour moi, agriculteur, que la PAC », a lancé le DG des Terres du Pays d’Othe, Zoltan Khan.

« La ville de Paris est plus structurante pour moi, agriculteur, que la PAC »

« L’idée est de faire basculer des agriculteurs vers le bio ou des pratiques proches du bio"