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Restauration collective : FNH et Restauco veulent une aide à l’investissement

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Les écolos de FNH et les gestionnaires de restaurants collectifs de Restauco demandent à l’État de mettre en place une « prime à l’investissement » dotée d’un milliard d’euros sur trois ans, pour atteindre l’objectif de 50 % de produits de qualité dans la restauration collective d’ici 2022. Les investissements visés doivent permettre de réduire les coûts des menus et de redonner des marges aux établissements dans le prix d’achat des aliments.

AOC, IGP, Bio, Label Rouge… Le gouvernement veut que ces logos apparaissent sur au moins 50 % des plats servis en restauration collective d’ici 2022. Mais cet objectif pourrait bien ne pas être atteint si le gouvernement n’aide pas davantage les établissements concernés à supporter le surcoût unitaire de ces produits. C’est la crainte commune des écolos de la fondation FNH (fondation Nicolas Hulot) et du syndicat de gestionnaires de restaurants collectifs en gestion directe, Restauco. Ils rappellent tous deux qu’un objectif similaire avait été fixé à la sortie du Grenelle de l’Environnement, à horizon 2012 (20 % de bio en restauration collective). Et que cet objectif n’a toujours pas été atteint.

Que demandent ces deux organisations à l’État, pour ne pas manquer une nouvelle fois la cible ? Non pas des subventions à l’achat d’aliments pour compenser directement leur prix plus élevé – le ministre de l’Agriculture a d’ailleurs annoncé mardi, qu’il « s’y était toujours opposé » – mais une « prime », pour les aider à investir dans la réduction du coût des menus, et à retrouver des marges pour acheter des produits plus cher. « Atteindre l’objectif en trois ans, c’est impossible si on n’accompagne pas, estime Caroline Faraldo, responsable Alimentation et agriculture chez FNH. L’État doit devenir investisseur. » Et parmi les investissements identifiés : des légumeries ou des conserveries pour diminuer le coût unitaire des produits transformés, mais aussi des « salade-bars » ou des campagnes de sensibilisation pour lutter contre le gaspillage.

Une surprime pour les territoires fragiles

Dotée d’une enveloppe d’un milliard d’euros budgétée sur trois ans, cette prime serait renforcée dans les « territoires les plus fragiles » et le secteur santé-médico social, où les budgets sont les plus serrés, ont-ils précisé lors d’une conférence de presse le 18 juin. Le montant a été calculé d’après une enquête récente réalisée auprès de restaurants déjà engagés dans une démarche « responsable ». Seulement 20 % de ces établissements auraient déjà atteint les objectifs fixés par la loi (50 % de produits de qualité, alternative végétarienne, lutte contre le gaspille, arrêt du plastique), et ils auraient mis en moyenne six ans pour y parvenir. À l’opposé, 78 % des répondants auraient affirmé qu’ils « n’arriveront pas à atteindre les objectifs sans financements adéquats ».

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Des demandes avaient été faites dans le cadre du dernier projet de loi de finances (PLF) pour demander davantage de moyens pour les restaurants collectifs, mais en vain : « Douze amendements ont été déposés, mais ils ont été extrêmement mal reçus par le ministère de l’Agriculture », rapporte Caroline Faraldo. Pour l’instant, une seule mesure marquante a été prise pour aider à l’atteinte de cet objectif (voir encadré) : le ministère de l’Agriculture a décidé récemment que les programmes européens qui subventionnent la distribution de produits laitiers, de fruits et de légumes dans les écoles, seront réservés aux produits sous Siqo (bio, AOC, IGP, etc.) à partir de la rentrée prochaine.

Des « salade-bars » pour lutter contre le gaspillage

Programmes lait et fruits & légumes à l’école : Paris recentre l’aide vers les Siqo

Le ministère de l’Agriculture a décidé que les programmes européens « Fruits et légumes à l’école » et « Lait et produits laitiers à l’école » seront réservés aux produits sous Siqo (bio, AOC, IGP, etc.) à partir de la rentrée prochaine. Cela doit permettre de faciliter l’atteinte de l’objectif d’approvisionnement de qualité de la restauration collective, fixé par la loi Egalim, explique-t-on au cabinet du ministre. L’ensemble des deux programmes est doté de 35 M€. À l’occasion d’une conférence de presse le 18 juin, la directrice de Restauco (restaurants collectifs en gestion directe), Marie-Cécile Rollin, a mis en avant les difficultés que rencontraient les établissements scolaires à bénéficier de ces programmes. Une procédure « simplifiée » est toutefois annoncée pour la rentrée.