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Restauration de la nature : le PPE claque la porte des négociations

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Le sort de la proposition de législation sur la restauration de la nature est de plus en plus incertain au Parlement européen où le principal groupe politique (les démocrates-chrétiens du PPE) a quitté la table de négociation. Un compromis a été trouvé entre le centre et la gauche pour tenter de sauver le texte mais celui-ci a peu de chance de passer.

Très critique depuis plusieurs semaines envers les propositions de la Commission européenne, le principal groupe politique du Parlement européen, le PPE (droite), a annoncé le 31 mai se retirer des négociations en cours pour trouver une position sur la législation sur la restauration de la nature. « La proposition était mauvaise au départ et nos préoccupations restent sans réponse », déplorent les négociateurs du PPE qui décrivent ce texte comme « une attaque contre l’agriculture, la sylviculture et la pêche européennes » et demandent à la Commission européenne de revoir sa copie. « Dans sa forme actuelle, il entraînera une baisse de la production alimentaire en Europe, faisant grimper encore les prix des denrées alimentaires, risquant de compromettre encore plus la sécurité alimentaire en Afrique et de bloquer les projets d’infrastructure qui sont cruciaux pour notre transition climatique », dénoncent-ils. Les Verts dénoncent une position purement politicienne : « L’obsession de Manfred Weber (chef de file du PPE, NDLR) de nuire à Ursula von der Leyen (la présidente de la Commission européenne, elle aussi membre du PPE, NDLR) met en danger le monde vivant. Nous appelons le PPE à agir de manière constructive et à revenir à la table des négociations », a commenté la Française Marie Toussaint.

Compromis fragile entre la gauche et le centre

La commission de l’Environnement, responsable du dossier, doit adopter sa position le 15 juin, avant un vote en plénière qui permettrait d’ouvrir des négociations avec les États membres – lesquels sont parvenus à une position commune. Le rapporteur du texte au Parlement européen, le social-démocrate Cesar Luena, a annoncé dans la foulée que, « malgré ce boycott du PPE », un compromis avait été trouvé entre les groupes politiques social-démocrates, centriste (Renaissance), des Verts et de la Gauche. « Le travail continu », assure-t-il. Mais les défenseurs du texte se font peu d’illusions. Selon les estimations de l’ONG ARC, il est très probable que le texte soit rejeté (comme cela a été le cas lors des votes précédents en commission de l’Agriculture et de la Pêche) lors du vote en Comenvi.

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Le Boerenbond (syndicat agricole flamand) a manifesté avec le soutien du Copa-Cogeca et plusieurs organisations agricoles de l’UE (IFA d’Irlande, ASAJA d’Espagne…), le 1er juin, devant le Parlement européen à Bruxelles (où se tenait une séance plénière) contre le projet de texte sur la restauration de la nature. Les organisations professionnelles dénoncent le « peu de place laissé à l’agriculture dans la version actuelle de ce texte » et le manque de cohérence des propositions. « Où nous situer dans le tableau ? », ont-elles demandé avec un puzzle géant à l’appui. Plusieurs eurodéputés sont venus leur apporter leur soutien, des membres du PPE bien sûr mais aussi du groupe social-démocrate comme l’Italien Paolo de Castro.