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Ingrédients/Stratégie Roquette veut créer une filière des microalgues

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Après l’amidon de maïs, de blé, de pomme de terre ou de pois, le discret groupe familial Roquette se lance dans la constitution d’une filière intégrée des microalgues. En consortium avec 14 partenaires et cofinancé par Oséo, le programme de recherche baptisé «Algohub» est doté d’un montant d’environ 30 M EUR. L’objectif de Roquette reste de créer une véritable industrie des microalgues, dont il serait le chef de file. L’acquisition d’une usine en Allemagne, spécialisée dans ce domaine, est un préalable à d’autres opérations de croissance externe.

Présent depuis 1933 sur le marché des produits amylacés (6 000 tonnes de matières premières transformés), le groupe Roquette voit dans les microalgues, l’ingrédient du futur dans le domaine de la nutrition-santé (voir également l’article en rubrique Politique-Professions p. 12). « Nous souhaitons devenir un acteur majeur sur le marché des microalgues et créer une nouvelle filière. Elle peut apporter une très forte contribution à l’humanité et Roquette a beaucoup d’atouts sur ce créneau », s’enthousiasme Marc Roquette, p.-d.g. du groupe éponyme. En consortium avec 14 partenaires, dont Bonduelle, Evialis, Glon et Patisfrance-Puratos notamment, le programme Algohub lancé par Roquette est doté d’un montant de 28,4 millions d’euros, dont 9,7 millions d’euros de subventions et d’aides remboursables accordés par Oséo. La banque publique accompagne Roquette grâce à son programme ISI (Innovation Stratégique Industrielle) sur une période de cinq ans. Algohub est labellisé par deux pôles nationaux de compétitivité « Nutrition Santé Longévité » et « Filière produits aquatiques », de la région Nord-Pas-de-Calais. L’objectif de Roquette est donc de créer une filière intégrée des microalgues fédérant un ensemble d’acteurs de ce marché, dont le groupe familial serait le chef de file.

Au début de l’année 2008, le groupe a ainsi fait l’acquisition de la société allemande BPS, présentée comme étant la plus importante entreprise de production de microalgues en Europe. Fondée en 1999 à partir des recherches du Professeur Steinberg, la société BPS a réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros, en 2007, avec 20 salariés. Elle est spécialisée dans la production de microalgues de type chlorelle destinée à la fabrication de compléments alimentaires à fonctionnalité santé, commercialisés sous la marque Algomed en Allemagne, et distribués en France sous la marque Echlorial.

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Potentiel important

Alors qu’en Asie ou en Amérique du Sud, la production de microalgues est réalisée dans de bassins ou dans des lagunes, BPS a développé une technique sécurisée en milieu protégé : le photobioréacteur, composé de 25 km de tubes de verre. Ce sont près de 500 km de tubes exposés à la lumière 100% naturelle qui sont installés dans son usine allemande.

Avec un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros en 2007, une présence dans une centaine de pays, Roquette garde comme objectif de développer des produits à forte valeur ajoutée en nutrition humaine (compléments alimentaires, ingrédients), en nutrition animale dont l’aquaculture et les ovoproduits, en pharmacie et en cosmétique. L’acquisition de BPS est la première d’une série d’autres à venir. « Nous allons nous ouvrir à la croissance externe, pour acquérir d’autres entreprises spécialisées dans les microalgues. Nous avons déjà des cibles rentables en vue », assure Marc Roquette. Les premiers produits constitués d’ingrédients issus de microalgues ne verront probablement pas le jour avant trois ou quatre ans.