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Saisonniers : le climat, première source de pénibilité

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Selon le baromètre Clisève (impact du climat sur la santé au travail), les salariés placent le climat devant l’effort physique comme cause de pénibilité.

À l’occasion d’une visioconférence organisée le 16 février par l’Afja (journalistes agricoles), les premières données du baromètre Clisève ont été présentées, qui a pour objectif d’évaluer les impacts du climat sur la santé au travail. Premier enseignement : 74 % des répondants (2 600 acteurs : exploitants, salariés, saisonniers) se déclarent impuissants face aux événements climatiques. D’autre part, pour les saisonniers, le climat passe devant l’effort physique comme première cause de pénibilité au travail agricole (68 % contre 29 %) et un sur deux le cite comme raison d’abandonner le travail agricole d’ici cinq ans. Coup de chaleur, maux de tête et déshydratation sont les premiers symptômes cités : 50 % des salariés estimant qu’ils se sont intensifiés depuis les cinq dernières années. « De plus, 40 % subissent la pénibilité climatique plus de trois mois par an, qui est aujourd’hui structurelle et pose la question sur l’organisation du travail, souligne Caroline Véran, fondatrice de RSE Croissance Bleue, à l’origine de Clisève. Par ailleurs, le changement climatique est une usure silencieuse qui fragilise les exploitants et pèse sur leur capacité à transmettre ».

Des réponses à court terme

Face à cela, les exploitants ont adapté les horaires (75 %) et calqué l’organisation sur la météo (73 %). Les salariés expriment des besoins de protection : plus d’abris (47 %), un accès à l’eau (42 %), plus de pauses (41 %). « Ce qui frappe, c’est le caractère urgentiste des mesures. La prévention est peu développée : un salarié sur deux indique n’avoir reçu aucune information spécifique sur les risques climatiques », précise Caroline Véran. De fait, seulement 14 % des exploitants indiquent avoir mis en place un protocole « climat extrême ». Au-delà de la santé des individus, il y a aussi un enjeu d’attractivité à moyen terme : « 88 % des exploitants considèrent que la chaleur peut motiver le renoncement au travail des saisonniers, ce qui est confirmé par 47 % de ces derniers. Les conditions de travail en lien avec le climat deviennent une priorité structurelle pour les exploitations. »

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Le baromètre Clisève sera présenté dans son intégralité lors d’une conférence le 26 février au Salon de l’agriculture. À cette occasion, devraient être abordés les travaux qui seront menés en année 2 du baromètre. Ce travail devrait être décliné par filière (viticulture, maraîchage, métiers du paysage), et au travers d’outils opérationnels et adaptés aux territoires. Enfin, un travail devrait être mené avec les associations, la MSA, … afin de croiser les données sur le sujet.

Adapter les horaires, plébiscité par les exploitants