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Salon de l’agriculture Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy battent la campagne… agricole

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Très attendus, les deux candidats à la présidentielle, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont sacrifié à la traditionnelle visite du Salon de l’agriculture qui s’est terminé le 11 mars. Longtemps indécis sur leur date de visite, ils se sont succédés, le 9 mars pour Nicolas Sarkozy et le 10 mars pour Ségolène Royal. Une visite qui s’est déroulée sans encombre pour la candidate PS, le 10 mars, malgré les craintes d’incidents. On se souvient de la visite de Lionel Jospin qui avait essuyé… un jet d’œuf. Quant à Nicolas Sarkozy, le 9 mars, il a tenté de marcher dans les pas de Jacques Chirac sans pour autant déchaîner les passions. Quelques rares « Sarko, président ! » ont jalonné son long parcours de plus de 3 heures.

Visiblement détendue, Ségolène Royal, la candidate PS à l’élection présidentielle, a estimé, lors de sa visite le 10 mars au Salon de l’agriculture, qu’il « ne faut plus faire de concession agricole à l’OMC ». Elle a notamment évoqué les différences de qualité sanitaire entre les pays producteurs, estimant que la France réalisait les meilleurs contrôles dans ce domaine : « Je n’accepte pas que d’autres pays puissent exporter leur viande en France alors que les contrôles sanitaires ne sont pas de même qualité ». La candidate avait auparavant pris un repas matinal en compagnie d’éleveurs et de représentants syndicaux, dont Jean-Michel Lemétayer (FNSEA), Henri Brichart (FNPL). Elle avait également dialogué avec Régis Hochart (Confédération paysanne) qui était là pour l’accueillir. Elle ne s’est pas rendue sur la stand de la Confédération paysanne, hall 3 limitant sa visite au Hall 1 de l’élevage.

Des soutiens sous conditions

Très à l’écoute des éleveurs, elle a aussi insisté sur le maintien d’une politique publique de l’agriculture avec des soutiens motivés par la création d’emplois et le respect de l’environnement. Ces aides pourraient être plafonnées et la possibilité de les moduler, comme le prévoit jusque-là le règlement européen, serait utilisée. La régionalisation porterait surtout sur les aides du second pilier. Enfin, Ségolène Royal s’est étonnée qu’on lui prête la volonté de fusionner les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. En revanche, elle a confié avoir l’intention de créer un ministère de la Mer à part entière, regroupant tous ses aspects dont la pêche actuellement sous la responsabilité du ministre de l’Agriculture.

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Un métier de production

Nicolas Sarkozy a effectué une visite de plus de 3 heures au Salon de l’agriculture le 9 mars avec une nuée de micros et de caméras, agrémentée de quelque rares « Sarkozy président ». Effectuant une halte sur le stand de la FNSEA, il a tenu à rappeler sa vision de l’agriculture qui est celle « d’un métier de production avec un savoir-faire». « Il faut rémunérer ce travail par des prix qui couvrent ce savoir-faire », a-t-il déclaré à Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Il a insisté sur la nécessité d’une préférence communautaire car les produits agricoles ne doivent pas entrer sur le marché européen sans respecter les mêmes normes sanitaires exigées des agriculteurs français et européens.

Le pouvoir vert

Le candidat UMP a invité les agriculteurs « à ne pas se laisser réduire à la seule question de la ruralité». « Il ne faut pas traiter l’agriculture comme une civilisation en voie de disparition (…). Ce n’est pas seulement l’expression d’une tradition », a-t-il souligné. « Qui demande le démantèlement de l’agriculture européenne ?, a-t-il interrogé. Ce sont les fermiers américains, soutenus par leur administration ». « L’agriculture française est un élément de la puissance économique et de l’indépendance de la France et de l’Europe », a-t-il martelé. Faisant le parallèle avec ce qui se passe avec Airbus par rapport à Boeing, il souligne que la gestion de l’euro tue aujourd’hui la production aéronautique en Europe face au dollar. Enfin, pendant une longue pause au stand de Vinifhlor, il a assuré qu’il souhaitait permettre aux viticulteurs de refaire de la publicité sur le vin, tout en appelant à la modération et… en buvant un verre de vin blanc.