Dominique Bussereau a véritablement inauguré ses nouvelles fonctions en défendant le 7 décembre devant le Sénat – qui l’a bien sûr adopté – le budget du ministère de l’Agriculture. Ce budget qu’il lui revient de mettre en œuvre, ce n’est pas lui qui l’avait préparé mais Hervé Gaymard. Toutefois ce remaniement gouvernemental sera sans conséquence, a-t-il assuré. D’autant plus qu’Hervé Gaymard est devenu le nouveau ministre de l’Economie. Celui-ci, a-t-il estimé, ne devrait pas oublier les agriculteurs. Il lui a en tout cas lancé un solennel appel en ce sens.
L’exercice était quand même un peu ingrat pour Dominique Bussereau. Reconnaissant qu’il était « un ministre débutant», il n’en a pas moins affirmé qu’il était « dès maintenant un militant du monde agricole». Mais on sentait que le discours qu’il prononçait n’était pas véritablement le sien. Et, demandant « l’indulgence» des sénateurs, il ne leur a guère apporté d’éléments nouveaux sur la politique agricole du gouvernement. On retiendra cependant de son propos quelques précisions.
Des solutions pour chaque catégorie de vin
Ainsi, en ce qui concerne la nouvelle assurance-récolte, a-t-il fait part de sa volonté de travailler avec les représentants de la profession et des assureurs à l’élaboration d’un « dispositf adapté à notre agriculture ». Evoquant la création du Fonds de financement des prestations sociales agricoles qui se substitue au Bapsa, il a confirmé que le décret instituant le nouveau dispositif « sera signé et publié avant la fin de cette année» et que la mission administrative créée pour en étudier le financement rendra ses conclusions au printemps prochain.
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Le nouveau ministre a bien évidemment évoqué les difficultés rencontrées dans certains secteurs. La viticulture par exemple. A ce sujet, il s’est engagé à « trouver les solutions adaptées à chaque catégorie de vin et à chaque région », promettant que « le gouvernement est décidé à entendre les appels de la profession». Il a été en revanche moins net à propos des inquiétudes qui se manifestent au sein de la filière viande sur la question de l’équarrissage. « Je vous demande un peu de temps pour que nous poursuivions nos travaux en vue d’une évolution équilibrée du service public de l’équarrissage ».
La simplification, une priorité
C’est à propos de la simplification administrative que Dominique Bussereau a exprimé un point de vue vraiment personnel, promettant d’en faire une « priorité » de son action. Après s’être exclamé avec ironie : « Quand je vois les formulaires que doivent remplir les agriculteurs, je me dis qu’il faut avoir fait l’ENA pour y comprendre quelque chose !», il a lancé cet avertissement aux hauts fonctionnaires du ministère : « L’effort de simplification sera pour moi un critère d’évaluation des directeurs d’administration centrale maintenant que leur rémunération tient compte du mérite ».