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Souveraineté alimentaire : l’UE trop dépendante du soja et des engrais

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Si l’agriculture européenne est globalement peu dépendante des importations d’intrants, deux secteurs sont toutefois à risque : l’élevage de volaille et de porc vis-à-vis du soja, et les céréales avec les engrais. Une récente étude du Parlement européen se penche sur la question alors que les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept y consacreront leur réunion informelle du mois d’avril.

La pandémie de Covid-19 puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont replacé la question de la souveraineté alimentaire de l’UE au cœur des attentions. Le sujet fera d’ailleurs l’objet des discussions entre les ministres de l’Agriculture de l’UE lors de leur réunion informelle du 7 au 9 avril dans la région du Limbourg (Belgique) alors que la Commission européenne devrait prochainement publier un rapport – qui devait initialement prendre la forme d’un plan ou d’une stratégie – sur la production de protéagineux. Une étude menée à la demande de la commission de l’Agriculture du Parlement européen vient d’être publiée et confirme la dépendance de l’UE à l’égard de certains intrants importés dont les protéines végétales (soja en tête), mais aussi d’engrais.

Globalement, l’agriculture de l’UE reste peu dépendante des importations : le ratio de dépendance du secteur à l’égard des intrants est de 7,7 %. Toutefois le niveau de dépendance est important pour les produits d’origine animale, élevage de volaille et de porc en particulier, (vis-à-vis des graines et la farine de soja) et les céréales (qui dépendent de matières premières importées, la potasse en premier lieu, et de sources d’énergie nécessaires à la production d’engrais). De plus, cette dépendance se concentre sur un faible nombre de fournisseurs. Pour les engrais, 23 % du phosphate et 34 % de la potasse utilisés dans l’UE proviennent de Russie. Pour le soja, l’UE en importe 46 % du Brésil, 39 % d’Argentine.

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Réduire la consommation de viande

L’étude propose plusieurs pistes pour réduire cette dépendance, en premier lieu l’ouverture commerciale (accords de libre-échange, réduction des barrières commerciales…) afin de multiplier les sources d’approvisionnement. Les auteurs mettent également en avant l’amélioration de la productivité des cultures sans recourir à des techniques à forte intensité d’intrants. Ils rappellent que la stratégie De la ferme à la table vise à contribuer à l’autonomie des intrants de l’UE d’ici 2030 grâce à un objectif de réduction de 50 % des pertes de nutriments (ce qui devrait conduire à une réduction de 20 % de l’utilisation d’engrais), un objectif de 25 % des terres agricoles en production biologique, le développement de sources alternatives de protéines pour l’alimentation animale et des chaînes d’approvisionnement plus courtes.

Dernière suggestion, elle aussi, dans la lignée du Green Deal : « Des changements dans les modes de consommation pourraient réduire la dépendance du secteur alimentaire de l’UE aux intrants, notamment en réduisant les produits d’origine animale dans l’alimentation des citoyens afin de réduire les importations d’aliments pour animaux des pays tiers. »