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Filières agricoles et alimentaires Stéphane Le Foll présente le diagnostic avant les mesures de développement

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Le diagnostic des filières agricoles et alimentaires, qui doit préluder à la mise en place de plans de développement est prêt. Le ministre de l'agriculture en a présenté les grandes lignes le 19 février, en compagnie de Guillaume Garot, ministre délégué à l'agroalimentaire et Jean-Bernard Bayard, vice-président de la FNSEA et président de FranceAgriMer.

Les relations entre production de céréales et de grandes cultures en général d'un côté et les viandes blanches de l'autre doivent donner lieu à davantage d'organisation a déclaré le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, le 19 février. Il évoquait les conditions dans lesquelles l'élevage français s'approvisionne en matières premières pour l'aliment du bétail. Le ministre s'exprimait dans le cadre d'une présentation de l'état d'avancement des diagnostics par filière agricole et alimentaire réalisés par FranceAgriMer.

Six axes stratégiques prioritaires devraient être prochainement adoptés pour chacune de ces filières (viandes, filière laitière, céréales, horticulture, etc.) :

1. s'adapter et gérer la volatilité des marchés ; 2. renforcer les démarches de coopération au sein des filières, de l'amont à l'aval, et entre filières; 3. l'export ; 4. assurer des investissements de modernisation et d'innovation ; 5. combiner performance économique, performance environnementale et prise en compte des enjeux sociaux ; 6. Enfin, mieux articuler les actions de l'Etat, des régions et des filières. Les régions deviennent, cette année, coresponsables de la gestion des fonds du 2e pilier de la Pac.

Indispensable structuration

Stéphane Le Foll ainsi que le ministre délégué Guillaume Garot et Jean-Bernard Bayard, président de FranceAgriMer et vice-président de la FNSEA, insistaient sur « l'indispensable structuration des filières agricoles et alimentaires ». L'idée est de mettre en place des moyens pour créer davantage de valeur ajoutée, concevoir et mettre en place des stratégies d'exportation et de renforcer les liens entre les différents maillons des filières. Le 17 mars sera mise en place une cellule export au ministère de l'agriculture afin d'aider les filières et entreprises à bâtir et appliquer des stratégies communes à l'exportation. Mi-mai, les plans d'action par filière seront présentés, a indiqué le ministre de l'Agriculture.

En attendant, les diagnostics par filière ont été réalisés par les équipes de FranceAgriMer et se trouvent disponibles sur le site de l'office agricole. Stéphane Le Foll a renouvelé, à cette occasion, son soutien à FranceAgriMer, estimant que l'office devait continuer à rester « une instance de planification » pour les filières alimentaires.

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Ce que disent les diagnostics sectoriels

Selon les secteurs, les éléments forts des diagnostics varient d'une analyse à l'autre. L'ensemble de ces documents se trouve disponible sur le site internet de FranceAgriMer. Un point commun : peu de référence à la grande distribution. Voici quelques extraits :

Filière céréalière : « l'offre française à l'exportation, très concurrencée sur un marché mondialisé, doit être renforcée ». Sur le plan interne, « il est nécessaire de soutenir l'élevage et les industries de transformation alimentaires et non alimentaires par des approvisionnements compétitifs et dans les qualités requises pour impulser une dynamique de l'emploi positive et améliorer la balance commerciale. » « Produire plus sur une surface cultivée stable, donc développer les rendements ». Mais il faut « Préserver l'environnement dans un contexte de croissance de la production. » « Laisser s'exprimer le potentiel génétique des céréales françaises à la même vitesse que les concurrents. » Plan protéines : « introduction et valorisation de la protéine dans les contrats (accord interprofessionnel). »

Filière laitière : « Améliorer les marges dégagées à la production (productivité du travail, coûts de production, valorisation) ». « Accompagner l'évolution du mode de relations entre producteurs et laiteries : passage des quotas aux contrats (négociation et fixation bilatérale producteurs/laiterie des volumes contractuels post quotas en adéquation avec les débouchés des laiteries et le potentiel des éleveurs). « Mise en place via les conférences de bassins d'une concertation entre pouvoirs publics, producteurs et laiteries pour mettre en synergie les politiques publiques et contractuelles en faveur de l'installation. »

Filière viande bovine : « A terme une meilleure prise en compte de l'origine des viandes par le consommateur peut faire évoluer ces marchés en faveur du secteur allaitant. » « La reconquête du consommateur, dans un contexte de diminution de la consommation de viande bovine, passe aussi par une évolution du marketing de la viande bovine et des avancées sur la qualité des produits. » « se positionner sur les marchés émergents ou en développement du pourtour méditerranéen. » « Au niveau des élevages, des marges de productivité importantes existent. Elles concernent la conduite des élevages (types d'animaux produits, âge pour la mise en reproduction, alimentation, mode de reproduction, génétique) et la valorisation des animaux. » « Rétablir la vérité sur les impacts environnementaux ».

Filière volaille : « Promouvoir le bâtiment du futur : 5 000 m2 + énergie positive : créer des références, lever les freins environnementaux, mettre en place une communication ; » « Construire une concertation avec les associations environnementales pour réduire les conflits ». « Saturer les outils d'abattage découpe viables et traiter les surcapacités notamment dans la dinde : aide à l'acquisition d'actifs. » « Mettre en place une interprofession de la volaille de chair. » « S'adapter au nouveau contexte communautaire qui fragilise la filière grand Export ».

Filière porc : « Mettre en œuvre un plan de modernisation élaboré par les professionnels avec des objectifs chiffrés fixés par région (types et volumes de production, nombre et taille des élevages) » « Pour diminuer simultanément les coûts et les impacts sur l'environnement comme améliorer les conditions de travail, la modernisation et l'accroissement de la taille des élevages sont des éléments clé. » « Créer un fonds de modernisation céréaliers/ éleveurs pour favoriser ces investissements, émise en 2012, n'a pas abouti à ce stade, mais elle mérite d'être reprise. » « Améliorer la répercussion de la variation du prix des matières premières pour la transformation dans l'aval de la filière. »