À l'occasion d'une session nationale animée de l'APCA (Assemblée permanente des chambres d'agriculture) le 19 mars, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est engagé à tenir, avec le bureau de l'assemblée, une réunion lors de la semaine de Pâques (6-9 avril). Objectif : lever les dernières incertitudes sur l'application de la nouvelle Politique agricole commune. Lors de cette session, l'APCA adopta une résolution l'engageant à adapter ses structures au nouveau découpage régional.
D'accord pour une rencontre entre le ministère et le bureau de l'APCA pour les dernières mises au point. Celles qui concernent l'application en France de la nouvelle Politique agricole commune. Stéphane Le Foll n'a pas été long à proposer une telle formule, sans indiquer toutefois s'il invitait l'APCA seule ou s'il élargissait la réunion aux organisations syndicales. Cette session de l'APCA, à laquelle le ministre participe fréquemment, a été particulièrement animée. Le président, Guy Vasseur, avait invité les responsables de chambres d'agriculture à poser l'ensemble des questions qui les titillait, à condition qu'elles soient directes et courtes. Il n'a pas fallu insister. À l'issue de son discours, près d'une quinzaine de responsables ont égrené une foule d'interrogations remontant des campagnes, qu'il s'agisse de l'application de la Pac ou non. Le ministre a dû défendre, sans vraiment convaincre, le principe de la réduction des budgets des chambres, à la fois par le prélèvement sur les fonds de roulement et par la réduction de la part de taxe (TFNB) affectée aux chambres.
Déclarations Pac
Stéphane Le Foll a dû rassurer les délégués sur les conditions dans lesquelles les agriculteurs pourront effectuer leurs déclarations Pac, notamment avec l'aide de photos satellites pour régler le problème des haies : seront-elles ou non intégrées dans le parcellaire déclaré ? Si oui, ces haies pourront-elles évoluer ensuite ? Le ministre a dû plaider pour la future structure des zones sensibles au titre de la directive nitrates, promettant que les surfaces concernées seront environ 35-40% inférieures à ce qui était initialement prévu pour la nouvelle version destinée à répondre aux exigences de Bruxelles. Autre débat, l'application des objectifs de réduction d'IFT (Indice de fréquence de traitements phytos) dans le cadre des BCAE. Qu'en sera-t-il pour les agriculteurs qui ont déjà fait des efforts de réduction et qui seront dans l'impossibilité d'appliquer une nouvelle fois une réduction en pourcentage pour respecter les BCAE (Bonnes Conditions Agro-environnementales) ? Les bons élèves seront-ils sanctionnés ? La politique de l'eau va-t-elle être relancée pour permettre de réinvestir sur des stockages ?
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Si le dialogue fut nourri, il fut sans agressivité, comme il se doit dans l'enceinte des Chambres d'agriculture. Une seule fois, Stéphane Le Foll s'offrit le luxe de se mettre en colère à propos des aides aux producteurs bio. « M'entendre dire que je veux flouer l'agriculture biologique, cela me met en colère », lança le ministre, rappelant que le budget de soutien de la bio était de 90 millions d'euros en 2013 et atteindra 160 millions en 2015.
Concertation difficile
La critique la plus structurée vint de Raymond Vial, président de la Chambre d'agriculture de la Loire, à propos de l'installation des jeunes. Dépassant le dossier des installations, dont bon nombre sont aujourd'hui bloquées selon lui, il regrettait « la difficile concertation avec les services du ministère de l'Agriculture », « les informations parvenant avec retard dans les départements », « le manque de moyens pour faire face aux nouvelles missions des chambres », notamment en matière d'installation. Autant de sujets sur lesquels le ministre s'engageait à avancer, début avril, en particulier par la mise en œuvre de comités d'appui dans les départements.