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Taxes américaines : place aux négociations transatlantiques

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La suspension pour 90 jours des droits de douane réciproques américains puis des rétorsions européennes ont ouvert la voie à une complexe phase de négociations. Si le cadrage demeure flou, une chose est sûre pour Bruxelles : les normes sanitaires, remises en cause par l’administration Trump, ne sont pas négociables. En cas d’échec des pourparlers, l’UE mettra en place ses sanctions.

« Pour parvenir à un accord, un effort conjoint important sera nécessaire de la part des deux parties », a prévenu le 15 avril, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, à l’issue d’une rencontre avec ses homologues américains à Washington. La suspension pour 90 jours des contre-mesures européennes en réponse aux surtaxes annoncées par les États-Unis, rendue officielle le 14 avril avec la publication de l’acte au Journal officiel de l’UE, offre aux parties une fenêtre de tir afin d’apaiser les tensions commerciales de manière diplomatique. « Nous ne sommes qu’au deuxième jour de notre fenêtre de 90 jours, donc un peu de patience », a d’ailleurs indiqué Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international, le 15 avril en conférence de presse. L’objectif de la nouvelle visite du Slovaque à Washington (États-Unis), la troisième depuis le début du mandat de l’administration Trump, était de mener un exercice de cadrage avec le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, et le représentant au Commerce, Jamieson Greer, en vue d’entamer une phase de négociations plus formelles. À présent, les discussions vont se poursuivre au niveau technique.

Sacro-saint sanitaire

Dans son message posté sur le réseau social X, Maros Sefcovic suggère également la possibilité de mener avec les États-Unis des « travaux sur les barrières non tarifaires » dénoncées par Washington. Si certains domaines sont d’ores et déjà envisagés, une chose est certaine du côté du Vieux Continent : les normes sanitaires et agroalimentaires européennes de qualité sont une « ligne rouge ». « Cela ne fait pas partie de la négociation », a confirmé Olof Gill. Il faut dire que l’administration Trump n’a de cesse de remettre en cause « la fausse science » et « les affirmations non fondées » qui seraient utilisées l’UE pour bloquer les importations agroalimentaires américaines vers l’UE.

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Au-delà de la recherche d’une solution négociée, cette pause ne suspend pas les réflexions concernant les sanctions supplémentaires que la Commission européenne devait annoncer au cours de la semaine du 14 au 18 avril. « Les travaux préparatoires sur de nouvelles contre-mesures de l’UE se poursuivent », indique l’exécutif européen dans son communiqué. Par ailleurs, les contre-mesures suspendues seront mises en place en cas d’échec des pourparlers. Au total, les mesures de rétorsion, en suspens, couvrent 21 Md€ d’exportations américaines. Des produits agricoles, comme la volaille, les œufs, la viande bovine, les tomates, le miel, les agrumes, les céréales, le maïs, le sucre, ou encore le soja et les amandes, seraient alors progressivement taxés à hauteur de 25 %.