Le groupe pétrolier Total s’est engagé le 16 mai à « limiter l’approvisionnement en huile de palme brute » de sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), après avoir été interpellé le matin même par Nicolas Hulot. Mais pour la Fop, le ministre « sacrifie » le colza français.
Total « prend l’engagement de limiter l’approvisionnement en huile de palme brute à un volume inférieur à 50 % des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site, soit au plus 300 000 t par an », affirme le groupe, qui a indiqué avoir reçu le jour même l’arrêté d’autorisation d’exploiter cette raffinerie. Le groupe indique que cet engagement, pris au terme d’un « dialogue positif » avec Nicolas Hulot, a été rendu possible « grâce aux efforts réalisés pour développer et favoriser l’utilisation de produits issus de l’économie circulaire et notamment le recyclage de graisses animales qui pourront représenter au moins 100 000 t par an du plan d’approvisionnement du site, un volume plus élevé que ce qui était envisagé à l’origine du projet ».
« Je leur demande – j’ai eu (le p.-d.g. de Total, Patrick) Pouyanné au téléphone – de réduire au maximum l’utilisation d’huile de palme […] et d’essayer d’année en année de réduire la part d’huile de palme et d’augmenter la part d’huiles usagées », avait déclaré auparavant le ministre de la Transition écologique sur BFMTV/RMC. « Mais on ne peut pas avoir tout du jour au lendemain », a-t-il ajouté.
Le groupe pétrolier a lancé en 2015 le projet de transformation de sa raffinerie de La Mède, alors déficitaire. Il a cessé d’y raffiner du brut et l’a convertie, au prix d’un investissement de 275 M€, en y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formation et cette bioraffinerie. « Je ne peux pas leur demander, alors qu’ils ont fait ces efforts et ces investissements, de renoncer », a noté Nicolas Hulot, indiquant que Total avait fait ces transformations à la demande du gouvernement précédent.
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Un « non-sens économique et écologique »
La Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) a aussitôt fustigé les propos du ministre, estimant que celui-ci « sacrifie » le colza français. « Nicolas Hulot a capitulé : en validant le choix de la déforestation importée à partir d’huile de palme […], en sacrifiant le colza français, matière première locale et tracée pour la production de biocarburants » […] et de tourteaux, « en faisant le choix de la protéine OGM importée pour nourrir les élevages », selon un communiqué. Pour le président Arnaud Rousseau, cité dans le document, cela « marque une rupture, un renoncement à l’ambition agricole portée par le gouvernement ». La FNSEA dénonce, elle, « un véritable non-sens économique et écologique ».
Un engagement sur 300 000 t d’huile de palme au maximum