Portée par un bouleversement des habitudes, la plateforme de vente de vins en ligne Twil a doublé son chiffre d’affaires en 2020. Mais elle ne compte pas en rester là et prévoit déjà une expansion en Europe. La société prévoit de lever 5 millions d’euros supplémentaires auprès de fonds d’investissement.
Lancée en 2016 par Erwann de Barry et Alfred Laurent, Twil (acronyme de The Wine I Love) est une plateforme de vente de vins en ligne fonctionnant sur le principe de la marketplace : des vignerons listent leurs vins sur le site internet puis expédient eux-mêmes les bouteilles commandées par des particuliers.
L’idée germe en 2014 dans la tête d'Erwann de Barry, fils de viticulteurs : « Je me suis rendu compte que la plupart des vignerons étaient très peu présents sur internet, alors que c’était un réseau de distribution en forte croissance, se souvient-il. Nous voulions créer un outil simple et ludique pour une mise en relation directe entre celui qui a un coup de cœur pour un vin et celui qui le produit. » Avec des marges supérieures de 25 à 30 % aux autres réseaux de distribution, le modèle est attractif pour les professionnels. Pour les aider à sauter le pas, Twil met son expertise au service des vignerons. « Nous les accompagnons dans le développement de leur notoriété en ligne et la mise en valeur de leurs vins », résume Erwann de Barry. Cinq ans après son lancement, 1 500 vignerons ont franchi le pas et Twil commercialise près de 30 000 vins sur sa plateforme. De plus, la technologie de reconnaissance visuelle disponible sur son application mobile permet aux clients d’identifier plus de 500 000 bouteilles. Et grâce à un système de notes, Twil peut recommander des bouteilles testées et approuvées par la communauté. De quoi séduire une clientèle plus jeune, « à la recherche de transparence ».
Avec la crise sanitaire, son activité s’est envolée et Twil a doublé son chiffre d’affaires en 2020, pour atteindre 4 millions d’euros. L’entreprise a depuis procédé à des recrutements et emploie désormais vingt personnes. Erwann de Barry le reconnaît, « le Covid-19 a été un gros accélérateur et énormément de vignerons qui n’étaient pas présents cherchent désormais à s’inscrire ».
Nouvelle levée de fonds en perspective
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Même si l’entreprise n’est pas encore rentable, son p.-d.g. préfère miser sur une stratégie d’investissement et de croissance de sa part de marché. Pour cette année, Twil vise encore une croissance à deux chiffres de ses ventes comprises entre 6 et 6,5 millions d’euros.
Les projets de développement sont nombreux, à commencer par les pays frontaliers et notamment l’Italie et l’Allemagne. Pour Erwann de Barry, « dupliquer notre modèle dans d’autres pays fait partie de nos objectifs de développement pour cette année ». En France, Twil espère continuer à diversifier son activité, à commencer par des partenariats avec la grande distribution. « Avant la crise du Covid-19, nous avions commencé à ouvrir des corner Twil, où nous proposions des vins nature, végane, bio et des vins de petits producteurs produits en trop petit volume pour accéder aux rayons des supermarchés en temps normal », résume Erwann de Barry, soucieux de « démocratiser l’univers du vin » pour un public pas toujours connaisseur.
Pour financer ces projets, Twil prévoit d’organiser une nouvelle levée de fonds au deuxième semestre 2021. Alors que le capital de l’entreprise est actuellement détenu pour moitié par Erwann de Barry et ses associés Alfred Laurent et Jean-Brice de Cazenove et pour moitié par des business angels qui ont investi dans l’entreprise depuis 2016, Twil n’hésitera pas à ouvrir à nouveau son capital pour espérer lever 5 millions d’euros supplémentaires auprès de fonds d’investissement « qui ont un intérêt pour le e-commerce, le marché du vin et les modèles marketplace ».