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UE-Mercosur : après l’élection de Lula, le Copa s’inquiète d’un « passage en force »

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Suite à la victoire de Luiz Inacio Lula Da Silva aux élections présidentielles brésiliennes (plus sensible aux questions environnementales que son prédécesseur Jair Bolsonaro), la présidente du Copa (organisation des agriculteurs européens), Christiane Lambert s’inquiète dans une tribune publiée le 8 novembre, de la tentative menée par la Commission européenne d’accélérer la procédure de ratification de l’accord UE-Mercosur conclu le 28 juin 2019. Alors qu’il s’agissait initialement d’un accord mixte, elle dénonce la volonté de Bruxelles d’isoler la partie « commerce » afin de pouvoir outrepasser l’aval des parlements nationaux des États membres, et de le soumettre seulement à l’approbation du Parlement européen et du Conseil de l’UE. Avant de prévenir que « cela constituerait un précédent dangereux pour l’agriculture de l’UE » et « risquerait de mettre en péril, davantage encore, la durabilité de l’agriculture européenne ».

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Christiane Lambert estime que dans cet accord le chapitre agricole est déséquilibré, en particulier pour les secteurs sensibles (viande bovine, volaille, riz, jus d’orange, sucre et éthanol). D’autre part, elle souligne le risque des effets cumulatifs difficilement mesurables de tous les accords déjà signés par l’UE. Enfin, la présidente du Copa prévient que cet accord aggraverait fortement les distorsions de concurrence entre les agriculteurs européens et ceux des pays du bloc du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) qui ne sont pas soumis aux mêmes normes de production. Tout comme le Copa, plusieurs États membres (France, Belgique, Luxembourg, Autriche, Pays-Bas, Pologne) s’étaient opposés à sa ratification en raison du manque de garanties sur le respect de l’accord de Paris et la déforestation. Mais avec l’élection de Lula, la donne pourrait changer, celui-ci ayant émis le souhait de ratifier l’accord d’ici le mois de juin 2023.