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Un « écrémage semble inévitable » dans le secteur des insectes

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L'alimentation humaine, un débouché mineur pour la filière insectes. Crédits : © Pixabay/katerinavulcova

Une étude de Xerfi publiée début septembre 2024, met en avant les deux modèles de production d’insectes – industriel ou décentralisé – et prévoit un écrémage dans ce secteur aux perspectives encore difficiles à prévoir. La production d’insectes, dont la France est un leader, devrait fortement croître, mais la question de la rentabilité reste entière.

La filière des insectes qui inclut l’élevage, la transformation en farines (protéines), huile et déjections (frass), est en train de passer à la phase industrielle, mais ses perspectives restent encore à préciser.

La production européenne de protéines et d’huile d’insectes devrait atteindre en 2030 un volume de 870 000 tonnes selon le syndicat professionnel Ipiff, après un palier à 123 000 tonnes en 2025. Une très forte hausse de la production prévue, puisque celle-ci atteignait en 2022 un volume de 9400 tonnes.

Lire aussi : Clément Ray (Innovafeed) : « Notre site de Nesle devient le plus grand site de production d’insectes au monde » 

Selon Xerfi, dont l’étude « Le marché des insectes à l’horizon 2030 » a été publiée début septembre 2024, la prévision en chiffre d’affaires est complexe à arrêter du fait des évolutions du prix de la tonne de farine. En mai 2023, la farine atteignait 3750 euros la tonne.

Questions sur la compétitivité

Plus complexe encore à évaluer est l’appétit du marché pour les farines d’insectes. Si le débouché de l’alimentation humaine semble limité, celui de l’aquaculture et du pet food semble prometteur. 

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« Un écrémage du secteur semble inévitable dans les mois à venir », indique Matteo Neri, auteur de l’étude publiée par Xerfi. Et cela pour plusieurs raisons.

Lire aussi : Antoine Hubert (Ynsect) : « Il faut s’attendre à des consolidations dans l’élevage d’insectes »

« La filière doit composer avec certains freins, à commencer par un déficit de compétitivité prix faute de volume suffisant. Le soja coûte ainsi environ trois fois moins cher que les farines d’insectes. Des incertitudes subsistent également à propos de l’empreinte carbone de la filière et de sa capacité à réduire les besoins en nouvelles surfaces agricoles », souligne Xerfi.

Deux grands opérateurs français, Ynsect et Innovafeed, ont adopté un modèle industriel gourmand en capitaux et ont levé de fonds très importants depuis leur lancement, de respectivement 480 millions d’euros et 450 millions d’euros. « Or l’accès au capital devient plus difficile et les exigences de rentabilité des investisseurs sont plus prégnantes dans les choix des entreprises », selon Xerfi.

A l’opposé, de nombreuses start-up ont adopté un modèle décentralisé, à l’image d’Invers et de La Compagnie des insectes. Ce modèle présente l’avantage de « diluer les risques et de réduire la complexité des projets », souligne Xerfi.