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Assemblée nationale Un rapport définit les « six commandements de la viticulture française »

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Au nom de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, Philippe Martin et Gérard Voisin, respectivement député de la Marne et député de Saône-et-Loire, tous deux UMP, ont établi un rapport d’information sur la situation de la viticulture, sous le titre ambitieux

Les auteurs de ce nouveau document sont bien conscients de la difficulté de l’exercice. Il consiste, selon eux, à mettre en place des mesures pour « en finir avec la crise ». C’est pourquoi, affirment-ils, « plutôt qu’un catalogue de mesures éparses, dont la plupart ont d’ailleurs été déjà proposées, nous préférons privilégier un esprit et des orientations qui nous paraissent propres à redonner son rang au vin français, au travers de six commandements qui sont : éduquer, former, communiquer, simplifier, fédérer, structurer ».

* Eduquer. Ce point a provoqué une manière de scandale. « L’apprentissage d’une bonne hygiène de vie commence dès l’enfance et apprendre à nos enfants quels sont les produits du terroir, comment on les transforme pour faire naître le goût, ne peut que les aider à préserver leur santé», proclament les deux députés. Cette affirmation a été vivement contestée par le ministre de la santé, Xavier Bertrand, qui s’est demandé, faussement ironique, s’il fallait servir « du vin dans les cantines scolaires ». C’est « un malentendu» ont répondu les auteurs du rapport, expliquant qu’il s’agissait dans leur esprit d’insister autant sur « les effets bénéfiques du vin-aliment avec une consommation ne dépassant pas 20 à 30 grammes d’alcool par jour » que sur « les méfaits des consommations excessives et les dangers des boissons alcoolisées douteuses comme les premix ».

* Former. Il faut « former les professionnels et d’abord les viticulteurs pour qu’ils apprennent à s’extraire d’une démarche presque exclusivement productive pour intégrer des stratégies commerciales ».

* Communiquer. Considérant que ce point est devenu essentiel dans une économie mondialisée et ouverte à la concurrence, le rapport préconise le lancement, avec le soutien des pouvoirs publics, d’une « campagne internationale sur l’originalité et la supériorité des vins de France ».

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* Simplifier. Les députés dénoncent la multiplication des AOC et le « maquis des appellations » dans lesquelles le consommateur ne se retrouve plus. Ainsi préconisent-ils de « définir trois catégories, AOC, vins de pays, vins de table, et pas davantage », de « rééxaminer pour chacune d’elles la réglementation » et de « ranger l’ensemble sous l’autorité régulatrice d’un seul organisme national de coordination ».

* Innover. Le document suggère d’octroyer temporairement une aide publique aux vins « bio » dont les ventes progressent de 10% par an, et de développer la commercialisation en bouteilles de contenances variées, ne privilégiant plus le format standard de 75 centilitres, et en « fontaines à vin » permettant une plus longue conservation.

* Fédérer. « La plupart des viticuteurs français ne disposent ni des moyens économiques ni du ressort psychologique qui leur permettraient de franchir les frontières avec succès », constatent les rapporteurs. Ils font donc deux propositions : « rationaliser les interventions des différents organismes actuels » en créant une « Maison de l’exportation » en instituant une « Maison des vins de France » qui serait « l’étendard et la voix du vin français ».