La coopérative céréalière Océal propose à ses adhérents de consacrer 0,1% de leur récolte de blé (en valeur) à la réalisation d’une opération de solidarité à destination des paysans malgaches. Objectif : récolter 10 000 euros pour permettre la construction de bâtiments de stockage de cacao et de riz.
Profiter d’une bonne moisson pour regarder au-delà des frontières. C’est l’idée qui a germé dans l’esprit de Marc d’Arrentières, agriculteur à Neufvy-sur-Aronde (Oise), lorsque les excellentes prévisions de rendements de blé ont commencé à se confirmer pour la campagne 2008. Après avoir rallié à son projet un groupe d’agriculteurs voisins, il contacte l’antenne picarde de l’AFDI, une structure qui fait la promotion en matière d’agriculture de la coopération internationale pour le développement. De ces contacts naît un projet d’opération humanitaire en direction des paysans malgaches. Le dossier est alors soumis au conseil d’administration de la coopérative Océal, dont sont membres les promoteurs du projet. Les dirigeants de la coopérative l’acceptent.
« Parler positivement des agriculteurs »
L’idée est simple : proposer aux quelque 1000 agriculteurs adhérents à Océal de consacrer 0,1% de leur récolte de blé (en valeur) à une action de solidarité La base de calcul retenue est 0,1% des livraisons de blé à 150 euros/tonne.. Budget espéré : 10 000 euros. Le projet vise à financer la construction de deux bâtiments de stockage de cacao et de riz. L’objectif recherché est de regrouper l’offre pour permettre aux paysans producteurs de cacao de vendre leur production directement aux exportateurs, sans passer par les collecteurs. Il s’agit également de rendre possible le stockage du riz, une denrée que les paysans malgaches ne produisent pas mais qui constitue une part importante de leur alimentation. Or, ce riz subit de très fortes variations de prix selon les saisons. Stocker, c’est pouvoir acheter lorsque les prix sont bas. C’est également le moyen pour les paysans malgaches de contrer les fournisseurs de riz qui, profitant de la haute saison, doublent la plupart du temps le prix de leur marchandise et exigent d’être payés à l’avance avec une récolte de cacao dont la valeur est négociée à -30%.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Nous voulions trouver un projet qui marque un lien fort entre les agriculteurs d’un pays riche et ceux d’un pays pauvre », explique Marc d’Arrentières. « Ce genre de projet est une première », ajoute Jérôme Josseaux, responsable de la communication d’Union Synergis, structure qui regoupe les coopératives céréalières Océal, Capafrance et Force 5. « Au-delà du projet de développement nord-sud, c’est également l’occasion de parler positivement du métier d’agriculteur », indique-t-il.
Deux mois et demi après le lancement de l’opération de collecte, une cinquantaine d’exploitants adhérents de la coopérative a répondu présent, pour un budget situé entre 5 et 6 000 euros. Une somme qui permet pour le moment de construire le premier bâtiment de stockage et… le plancher du second. Les promoteurs de l’opération « Madagascar » espèrent rapidement boucler le financement de leur projet. Avec l’espoir que l’initiative fasse boule de neige et soit reprise l’année prochaine par une autre coopérative de la région.