« Un projet de loi spécifique sera présenté à la fin de l’été qui intégrera l’ensemble de vos mesures qui relèvent du champ législatif », a annoncé Emmanuel Macron aux 150 participants à la Convention citoyenne sur le climat reçus le 29 juin à l’Élysée. Les autres mesures seront discutées au sein du Conseil de défense écologique, portées au niveau européen par la France, intégrées au plan de relance, ou affinées avec les collectivités.
« Sur 149, je transmettrai toutes vos propositions, sauf trois », a prévenu le chef de l’État, évoquant les exceptions de la taxe de 4 % sur les dividendes, de la réduction de vitesse à 110 km/h sur autoroute, et de la révision du préambule de la Constitution. Concernant l’indépendance alimentaire de l’Hexagone, Emmanuel Macron a estimé nécessaire de « renforcer notre capacité à produire nos propres protéines ».
« Dans une France souvent dénaturée par les zones commerciales », Emmanuel Macron a également annoncé qu’il soutiendra les mesures de lutte contre l’artificialisation défendue par les citoyens, dont la « sanctuarisation des espaces agricoles » et le développement des circuits courts. Ce premier rendez-vous post-convention « n’est qu’une étape », a lancé le président de la République, invitant les citoyens à participer à des groupes de travail avec les parlementaires concernant la traduction législative de leurs mesures.
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Les syndicats agricoles, de leur côté, se montrent prudents. « L’heure doit maintenant être à la consultation des professionnels du secteur », estime ainsi la FNSEA dans un communiqué. Le président ayant annoncé 15 Mrd€ sur deux ans pour accompagner ces propositions, le syndicat majoritaire demande le fléchage de 5 Mrd€ vers la transition agroécologique « afin de financer les besoins conséquents » liés à la recherche, à la formation et au conseil.
Les Jeunes agriculteurs (JA) estiment, eux, que « la promesse d’une loi foncière, sans cesse ajournée et annoncée comme abandonnée, peut être tenue » dans le cadre du paquet législatif regroupant l’ensemble des propositions des conventionnaires, et annoncé pour l’été par le président.
La Coordination rurale est pour sa part sceptique, déplorant « une nouvelle stigmatisation des produits carnés » à la suite des recommandations sur les menus végétariens à l’école. Pour rappel, la Confédération paysanne a expliqué le 23 juin qu’elle ne se retrouve qu’en partie dans les propositions. Enfin, l'Ania, dans un communiqué du 30 juin, indique en revanche partager « l’ambition du président de la République d’être à la hauteur des attentes des citoyens ».