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Vendange 2017 : le Bordelais, un des vignobles les plus durement touchés

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Pour la vendange 2017, le vignoble du Bordelais, est, après celui du Jura, celui qui est le durement touché par la chute de production par son intensité, a indiqué FranceAgriMer le 19 octobre lors d’une conférence de presse, au lendemain de son conseil viticole mensuel. Si la production du Jura s’effondre de 61 %, à 37 000 hectolitres (hl), celle du vignoble Bordelais tombe de 45 %, à 3 721 000 hl.

La plus forte chute de production de vin cette année par son intensité frappe, après le Jura, un vignoble emblématique et important par ses volumes produits, celui du Bordelais. Jusque-là classé troisième bassin viticole par sa production, il est relégué au quatrième rang derrière le Languedoc-Roussillon (10,5 millions d’hectolitres - Mhl), les Charentes (6,9 Mhl) et le Sud-Est (4,5 Mhl). Il est crédité d’une production de 3,7 Mhl pour ce millésime. La raison de cette chute est le gel de ce printemps.

France et UE : une estimation qui pourrait encore être minorée

Le conseil spécialisé viticole a révisé son estimation de vendange nationale à 36,934 millions d’hectolitres (Mhl), confirmant les intuitions qu’avait exposées Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, lors d’une conférence de presse le 25 août : « Je crains que, malheureusement, nous soyons au-dessous des 37 millions d’hectolitres ».

La situation n’est pas meilleure dans l’UE. La vendange de l’UE à 28 membres est historiquement basse, avec 145 Mhl, contre près de 170 Mhl chaque année en moyenne. Ce montant le plus bas depuis 1945 pourrait encore être minoré d’un ou deux voire trois millions d’hectolitres en raison de très petites vendanges en Espagne (-15 % par rapport à l’an dernier) et surtout en Italie (-21 %), mais aussi en Allemagne, a précisé Anne Haller, déléguée des filières du vin et du cidre à FranceAgriMer. Le recul de la production est estimé à 19 % en France. Seuls le Portugal, la Hongrie et la Roumanie ont des vendanges plus abondantes. Toutes ces données ont été présentées au comité de gestion viticole européen à Bruxelles dernièrement, a-t-elle précisé.

Difficultés de trésorerie dans les exploitations, équilibre offre-demande sur le marché

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En raison de ce « trou d’air qui a frappé toute l’Europe », la viticulture française et européenne connaîtra en 2017-2018 des difficultés de trésorerie, avec probablement « un creux dans les investissements », a estimé Anne Haller, ce qui est confirmé par le syndicat des industriels de l'agroéquipement Axema (1). La situation financière sera tendue tant pour les exploitations que pour les structures collectives.

En revanche, la commercialisation devrait se dérouler dans des conditions équilibrées pendant cette campagne. Car, d’une part, la concurrence sera elle aussi affaiblie, notamment l’Espagne. D’autre part, les niveaux de stocks sont normaux, c’est-à-dire supérieurs à l'équivalent d’une récolte. Les stocks à la production s’élevaient à 31,5 Mhl au 11 octobre et les stocks du commerce (négoce, coopératives) s’établissaient à 22,3 Mhl, a précisé Julie Barat, chef de l’unité des productions spécialisées à FranceAgriMer. Soit 53,8 Mhl au total. Ces stocks devraient éviter une hausse des prix démesurée, selon Anne Haller.

La viticulture connaîtra en 2017-2018 des difficultés de trésorerie, avec probablement un creux dans les investissements

(1) voir dans ce même numéro