Annoncée dans la moyenne, la récolte française 2025 de céréales, très précoce, affiche de bonnes surprises pour le moment, tant au niveau des volumes que de la qualité. Des éléments sur les coupes d’oléoprotéagineux ont également pu être glanés. Par ailleurs, le maïs ensilage est aussi en avance dans son stade de développement. Premier tour de plaine.
Contacté par Agra Presse, Edward-Hugues de Saint-Denis, courtier chez Plantureux et Associés, l’un des plus gros cabinets français en céréales, signale de bons échos de rendements en orges d’hiver et de printemps, « supérieurs aux attentes des opérateurs lors du printemps 2025». Selon lui, la production française d'orge atteindrait un niveau « proche de la moyenne quinquennale (2020-2024), et donc les 11 Mt».
En blé tendre, « c’est également bon. Elle pourrait aussi tourner autour de la moyenne quinquennale, soit 34 Mt ». Selon Agreste, la moyenne 2020-2024 s’élève à 34,5 Mt en blé, et celle en orge à 11,85 Mt. Pour rappel, mi-juin, des cabinets de courtage interrogés par l’AFP tablaient sur un volume de 31-33 Mt en blé tendre.
La précocité des récoltes aurait bénéficié à l’export français
La précocité des récoltes hexagonales aurait quelque peu bénéficié aux exportations françaises. « Les fabricants d’aliments pour animaux portugais et irlandais en ont profité pour se couvrir plus tôt que d’habitude en blé. En orge, la Chine, qui avait procédé à un achat de 2 Mt environ à la fin du printemps 2025, livraison nouvelle récolte, dont près de la moitié de français, ajuste les origines en fonction des disponibilités », relate Edward-Hugues de Saint-Denis.
La part hexagonale peut donc potentiellement légèrement augmenter. Néanmoins, « rien ne dit actuellement que la Chine va revenir, sachant que les origines mer Noire (Bulgarie, Roumanie…) sont plus compétitives. Et les affaires vers le Portugal et l’Irlande en blé pourraient n’être que ponctuelles », prévient le spécialiste.
Des poids spécifiques élevés, surtout en orge
En plus des volumes, la qualité serait également au rendez-vous. Les PS (poids spécifique) sont élevés, surtout en orge, avec une moyenne nationale qui tournerait autour des 65 kg/hl, relate le courtier. En blé tendre, elle s’établirait aux alentours des 77-78 kg/hl. Les taux de protéines seraient également satisfaisants. Malgré une forte hétérogénéité et des valeurs parfois basses autour de la Loire (Centre-Ouest), « nous devrions atteindre aisément le 11 % de protéines en moyenne nationale en blé tendre », se réjouit Edward-Hugues de Saint-Denis. En orge, les taux ne seraient ni trop élevés, ni trop bas, soit proche de l’idéal. L’état sanitaire des grains s’avère également très bon. Pour rappel, des inquiétudes émergeaient quant à ce paramètre, au vu des problèmes de désherbage. Mais finalement, les effets seraient mineurs. « Seul le sud de la Bourgogne a connu quelques problèmes d’ergot en blé (dont les mauvaises herbes sont vectrices – NDLR) », relève le courtier.
Bien entendu, les coupes, très précoces, ne sont pas terminées. Des ajustements peuvent encore survenir. Les opérateurs interrogés en régions (Centre-Ouest) confirment dans l’ensemble les informations du cabinet Plantureux et Associés.
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Dans le Centre, un bon premier bilan pour Axéréal et Pissier
Chez Axéréal, tout devrait être récolté mi-juillet, avec une dizaine de jours d’avance. « Le rendement des orges d’hiver dépasse la moyenne quinquennale, de 5 %, soit plus de 64 q/ha, précise Romain Chiron, directeur céréales. Même si le taux de protéines est un peu bas, la qualité globale est au rendez-vous. Les calibrages sont très satisfaisants, et l’état sanitaire impeccable. » En blé, la productivité est « dans la moyenne, autour de 65-70 q/ha. Les PS sont très bons, mais le taux de protéines est parfois limite. » Les pois révèlent de très bonnes surprises, et les rendements des colzas sont corrects, à 30-32 q/ha.
Dans le Loir-et-Cher, Antoine Pissier, directeur général du négoce éponyme, constate que la récolte des orges d’hiver est presque finie. Celle des colzas est avancée à 85 % et celle des blés, au tiers : « Les premiers bilans sont bons, en PS notamment avec des grains très secs. » Des inquiétudes sont néanmoins rapportées pour les céréales de printemps, souffrant du manque d’eau.
Chez COC et Océalia, bons rendements, protéines un peu faibles
Dans la Vienne, pour le groupe COC (Centre Ouest Céréales), la coupe des colzas est terminée à 80 %, avec « de très bonnes surprises, confie Ulrich Housseau, le directeur général. La moyenne dépasserait 36 q/ha. » En orges fourragères, la qualité est très bonne, tout comme les rendements, autour de 70 q/ha de moyenne. « Les blés, récoltés à 60 %, affichent 60-80 q/ha », sauf dans les sols très hydromorphes. Autre bémol : le taux de protéines est un peu faible.
Sur le vaste territoire d’Océalia, « d’ici à ce week-end, les dernières parcelles d’orges d’hiver et de colza seront moissonnées », prédit Pierre-Antoine Allard, directeur des productions végétales. Les rendements présentent des niveaux semblables à ceux de COC : « De respectivement 70-75 q/ha et 35 q/ha. » La qualité est très bonne, mais les protéines un peu basses. Pour le blé, collecté à 75 %, la productivité est plus disparate, notamment dans le sud de la zone, mais les PS sont très bons. Le taux de protéines est, là aussi, un peu faible, « mais nous saurons le travailler ».
Récolte de blé tendre 2025 potentiellement autour des 34 Mt
Le maïs ensilage se développe lui aussi en avance
Les moissons de céréales sont en avance, tout comme le développement des cultures d’été, notamment le maïs ensilage. Dans un communiqué du 9 juillet, Arvalis indique que 2025 constitue une année de floraison précoce pour cette culture. Les conditions de semis ont été bien plus favorables qu’en 2024, année d’intenses précipitations, retardant les semis. Les travaux ont pu démarrer aux alentours de la mi-avril dans de nombreuses régions du nord du pays : Bourgogne, Normandie, Hauts-de-France, Île-de-France, Grand Est, Pays de la Loire, Centre. Seule exception : la Bretagne, où les emblavements ont commencé fin avril. Au sud de la Loire en revanche, les pluies ont engendré des semis plus tardifs. Autre facteur de précocité : les températures élevées courant mai et juin. « L’écart à la moyenne de la température en °C du 1er au 30 juin est excédentaire par rapport à la normale (période 2004-2023) », détaille Arvalis.