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Vers une récolte d’abricots dans la moyenne en France, en baisse en Europe

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La récolte française d’abricots augmenterait de 2 % en 2023 en dépit d’un verger vieillissant. La production chute en Italie, mais se redresse en Espagne.

La production française d’abricots pourrait dépasser les 125 600 tonnes (t) en 2023, selon les prévisions de récolte Europêch’ présentées au salon Medfel à Perpignan le 26 avril. Une récolte qui s’annonce en hausse de 2 % par rapport à l’an dernier, et de 16 % par rapport à 2017-2021. « On est sur une saison normale », s’est réjoui le président de l’AOPn Pêche et abricot de France Bruno Darnaud, ayant encore en mémoire les années 2020 et 2021 très déficitaires à cause du gel.

Dans le détail, la récolte devrait dépasser les 69 200 t en Rhône Alpes. Elle atteindrait 39 000 t en Languedoc-Roussillon et plus de 17 400 t en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Demeurent cependant « deux bémols », selon Bruno Darnaud : l’effet du manque d’eau sur les futurs rendements, plusieurs départements producteurs d’abricots faisant déjà l’objet d’arrêtés sécheresse ; et une « incertitude sur les calibres » si les épisodes de chaleur du printemps dernier venaient à se répéter alors que la campagne 2023 n’est pas particulièrement précoce.

De plus, le président de l’AOPn a déploré que le verger français soit « vieillissant » avec « même pas 2 % de renouvellement du verger », contre « 8 ou 9 % de renouvellement en pêche et nectarine ». « On doit vraiment relancer cette production d’abricot, parce qu’en termes de volumes on doit approvisionner nos marchés [de la] fin mai jusqu’à fin août, et pour ça on a besoin de nouvelles plantations dans tous les bassins de production », a estimé le président de l’AOPn.

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Hétérogène en Europe

En Italie, premier pays producteur européen, les volumes diminueraient de 26 % par rapport à l’an dernier (-13 % par rapport à la moyenne quinquennale). Une baisse due au gel dans les plaines d’Émilie-Romagne, mais aussi aux à-coups de température et à l’alternance. La récolte italienne dépasserait les 203 000 t.

En Espagne, la production est attendue en hausse de 52 % par rapport à l’an dernier, sachant que 2022 avait été très déficitaire à cause du gel et des pluies. « On revient à près de 100 000 t cette année, c’est encore loin du potentiel de production espagnol, qui pourrait se situer à 120 000 à 130 000 t, voire à 150 000 t les très bonnes années », a indiqué le représentant du Medfel Éric Hostalnou. La péninsule ibérique surveille attentivement les effets de l’épisode de sécheresse exceptionnelle qui sévit depuis plusieurs mois dans le pays, et pour lequel elle a demandé à la Commission européenne d’activer la réserve agricole de la Pac.

En Grèce, la production est stable par rapport à l’an dernier et atteindra 76 000 t. Le Medfel note cependant un problème de main-d’œuvre « qui s’accentue d’année en année » pour la récolte des fruits, mais aussi pour les travaux d’entretien du verger. En tout, la production européenne dépasserait les 503 000 t, en baisse de 7 % par rapport à 2022 et à la moyenne quinquennale.

Un verger français « vieillissant »