Après deux années de récolte exceptionnellement basse, les vendanges 2014 s'annoncent meilleures, au-dessus de la moyenne des cinq dernières années, grâce à une pluviométrie généreuse, a indiqué Agreste le 25 août. Les épisodes de grêle de juin-juillet n'ont que peu entamé le potentiel global, mais relancent le sujet de l'assurance-climat.
La vendange française, estimée en hausse de 11% par rapport à 2013, se situera au-dessus de la moyenne quinquennale, a indiqué Agreste, organe statistique du ministère de l'Agriculture, dans son « information rapide » au 20 août, publiée le 25. La récolte viticole 2014 s'élèverait à près de 47 millions d'hectolitres de vin, contre 46,4 millions estimés au 21 juillet. Soit un niveau supérieur de 3 % à la moyenne des cinq dernières années.
Remontée partout, sauf en Languedoc-RoussillonCette performance est le fait des pluies estivales abondantes qui sont propices au grossissement des grains de raisin. Malgré la pluviométrie estivale inhabituelle, la majorité des vignobles « présentent, à la mi-août, un état sanitaire relativement préservé comparé aux années précédentes ». Quant aux conséquences des orages de grêle sur la production, elles sont localisées : en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire, en Charentes, dans le Gard et surtout dans l'Aude et l'Hérault. Les orages de grêle n'ont pas réduit significativement la production globale, mais leur effet est suffisamment ample pour faire plonger la production en Languedoc-Roussillon. Dans cette région, la production de vin s'annonce inférieure à celle de l'an dernier : 12,36 millions d'hectolitres (Mhl), contre 13,58 Mhl en 2013, selon Agreste. La production augmente partout ailleurs : en Champagne (3,2 Mhl contre 2,8), en Bourgogne-Beaujolais (2,2 Mhl contre 2,05), en Alsace (1,2 Mhl contre 0,9), en Val de Loire (2,9 Mhl contre 2,6) et surtout dans le Bordelais (6 Mhl contre 4).
Assurance-climat : Jérôme Despey bouscule « l'inactivité » des pouvoirs publicsSi les orages de grêle n'ont pas réduit significativement la production globale, en revanche ils ont relancé le dossier de l'assurance-climat. Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 22 août à FranceAgriMer, Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole de l'office, a regretté « l'inactivité suicidaire » des pouvoirs publics et des professionnels au sujet de l'assurance pour la viticulture : « 100 000 hectares sont assurés sur 800 000, nous ne sommes pas à l'abri d'un gel, qui entraînerait une situation épouvantable ». La filière a débuté un travail avec les assureurs pour proposer une assurance « coup dur », mais « pour l'instant, ce qu'ils nous ont proposé n'est pas satisfaisant pour les viticulteurs, avec un coût trop important», a-t-il commenté.
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Autre question, celle du soutien public : alors que l'État finance à hauteur de 65 % l'assurance multirisque, pourrait-il continuer si le nombre d'assurés augmentait ? « Nous devons inventer un contrat socle de base qui couvre uniquement les charges opérationnelles, accompagné par l'État à hauteur de 65% quel que soit son développement », insiste Jérôme Despey. Ce dernier veut éviter aux viticulteurs ce qui est arrivé à leurs collègues céréaliers au printemps : les soutiens publics sont passés de 65 % des cotisations à 43 %.
Il propose de « regarder ce que l'on peut faire sur l'OCM viti-vinicole » pour débloquer la situation : « Si quelques millions en plus peuvent permettre d'avoir des garanties, nous pouvons réfléchir à un dispositif expérimental ».