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Vin : les Vignerons Indépendants promeuvent la HVE pour toutes filières

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Le réseau des Vignerons Indépendants (VI) promeut la certification HVE pour toutes les filières de l’agriculture, au-delà de la filière vin, et aussi au-delà des frontières françaises, a indiqué Thomas Montagne, président de la confédération des Vignerons Indépendants français, le 4 décembre.

Convaincus du caractère prometteur de la HVE, les Vignerons Indépendants font la promotion de la certification environnementale de niveau 3, la Haute valeur environnementale (HVE), en direction des autres filières de l’agriculture, comme les céréales et les fruits et légumes. « Nous remarquons que le nombre d’exploitations bio croît, mais avec une asymptote, car la certification bio n’est pas facile à atteindre. Nous croyons beaucoup à la HVE car elle a un spectre large », a exposé Thomas Montagne, président de la confédération des Vignerons Indépendants français, lors d’une rencontre de presse au salon annuel des Vignerons Indépendants, qui s’est tenu du 30 novembre au 4 décembre.

Un avantage de la HVE est qu’elle a un spectre large

La HVE a un spectre plus large que le bio : elle s’intéresse certes à la réduction des intrants de synthèse, mais aussi à la gestion des déchets et à la biodiversité. Les exploitations certifiées HVE sont 800 en France, dont 600 en viticulture.

Après le lancement de cette démarche environnementale en 2012, « nous étions bien seuls, mais nous avons travaillé avec d’autres filières » de l’agriculture française, a ajouté Jean-Jacques Jarjanette, directeur de la confédération. « Nous pensons que tous ceux qui ne font pas du bio mais font des efforts environnementaux doivent être reconnus », a-t-il justifié. Un autre avantage de la HVE est qu’elle est progressive : elle comporte trois marches, dont la dernière est l’obtention de la certification. Le réseau des Vignerons Indépendants soutiendra prochainement la cause de la HVE auprès des coopératives viticoles, de Coop de France et des autres pays de l’UE. Certains y sont particulièrement réceptifs, tels l’Italie et la Hongrie, a assuré Thomas Montagne.

Œnotourisme : l’espoir d’un assouplissement de la fiscalité

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Cette rencontre avec la presse à leur salon annuel était aussi l’occasion pour les Vignerons Indépendants de faire le point sur leur objectif de développer l’œnotourisme, activité qui procure aux vignerons un complément de revenu. Pour l’instant, la réglementation stipule que l’activité œnotouristique, au-delà d’un chiffre d’affaires de 50 000 euros, est taxée au titre des bénéfices industriels et commerciaux, et non comme une activité agricole. Les professionnels demandent que le seuil passe à 100 000 euros. L’œnotourisme est un sujet récurrent chez les Vignerons Indépendants, mais particulièrement cette année, la faible vendange mettant en relief le fait que les vignerons ne vendent pas que du vin, mais aussi du service. Les prestations œnotouristiques sont diverses : visites de vignes, dégustations, restauration, hébergement, ventes de bouchons, d’huile, de miel et d’autres produits de terroir. « Le vin, c’est du patrimoine culturel, et non pas seulement de la production », a résumé Thomas Montagne. Les professionnels ont l’espoir de voir leurs demandes aboutir, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire ayant annoncé une volonté de faire évoluer la fiscalité agricole.

Par ailleurs, la confédération des Vignerons Indépendants lancera une campagne d’affiches dans toute la France du 15 au 31 décembre sur le thème de l’authenticité du Vigneron Indépendant, qui produit un vin unique et personnalisé.

Cette 39e édition du salon des Vignerons indépendants a enregistré cette année plus de 120 000 visiteurs, soit une hausse de 8 %. Les professionnels interprètent cette progression par l’engouement des consommateurs pour un circuit court (96 % des visiteurs ont profité de ce rendez-vous pour acheter des bouteilles) et par la fréquentation grandissante d’une nouvelle génération amatrice de vins, les 25-35 ans.

En 2017, les Vignerons indépendants représentent près de 8 000 adhérents soit 55 % de la production vinicole française.

« Nous pensons que tous ceux qui ne font pas du bio mais font des efforts environnementaux doivent être reconnus »