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Congrès de la CFVDP Voies de valorisation des vins IGP à travers les marchés et le règlement

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Les vins sous indication géographique protégée (IGP) ont un potentiel de valorisation à travers les marchés, avec une possible montée en gamme, et à travers le règlement européen, qui permet aux vins de cépage d’être aussi des vins de pays. Ces deux points ont été clarifiés lors du congrès annuel de la Confédération française des vins de pays (CFVDP), qui s’est tenu à Rivesaltes le 6 juin.

Les vins IGP, encore appelés vins de pays, ont-ils une légitimité commerciale dans une segmentation des vins renouvelée par la réforme OCM 2008 ? Les représentants des cavistes, de la grande distribution et du négoce se sont tous accordés, au congrès de la CFVDP, pour reconnaître le potentiel économique des IGP. « Ces vins représentent 12% de nos ventes en valeur dans nos magasins Auchan », a souligné Patrick Schieber, responsable national vin de l’enseigne de distribution. Les IGP représentent 13,8% en volume des ventes, selon le syndicat des cavistes. Chez Advini, 40% des volumes vendus le sont sous ce segment en France, et 30% à l’export.

La possibilité de monter en gamme

Cette représentativité des IGP se maintiendra-t-elle dans quelques années ? Patrick Schieber a tendu la main aux producteurs en soulignant la volonté d’Auchan de monter en gamme et de diminuer la part des vins sans indication géographique vendus dans ses linéaires. « D’ores et déjà, nous devons imaginer les vins qui plairont aux consommateurs de demain et créer les assemblages que la clientèle recherche : un peu comme les rosés aromatisés au pamplemousse qui connaissent un vrai succès à l’heure actuelle et séduisent les consommateurs de moins de 25 ans qui fréquentent habituellement peu le rayon vin ». Par ailleurs, l’avenir des IGP passera par une meilleure connaissance par les consommateurs de ce signe de qualité. « Pour l’instant, la transformation des vins de pays en IGP est restée une affaire d’expert. Un travail de communication doit être fait dans chaque bassin de consommation pour faire connaître ce segment », estime Sébastien Narjoud, du groupe de négoce Advini. Les producteurs ont d’ailleurs affiché leur volonté de mieux communiquer sur l’IGP, notamment en transformant le nom de leur syndicat en Confédération des vins IGP de France et en présentant un nouveau logo, en guise de point de départ d’un travail qui devrait conduire à des actions grand public autour de l’IGP.

Le cépage pour les IGP confirmé par la Commission

Les représentants des IGP se sont également posé la question de leur légitimité règlementaire. Depuis la publication du rapport de la Commission européenne sur le bilan de l’OCM de 2008, ils s’interrogent sur leur pérennité au sein de la règlementation : le rapport n’aborde la question des vins de cépage que sous l’angle des vins sans indication géographique. Or, les IGP françaises (et certaines AOP) utilisent le cépage, élément déterminant de leur argumentaire de commercialisation.
Le représentant de la Commission, Jacques Nadolski, de l’unité vins de la DG Agri, a balayé les doutes. « L’IGP est une réponse en termes de lisibilité pour le consommateur. Il y a eu une différence de lecture entre la Commission européenne et l’utilisation faite par les producteurs : l’option retenue par un certain nombre d’IGP est d’utiliser le cépage, ce que n’avait pas prévu la Commission européenne. L’esprit initial de la réforme était qu’il y avait d’un côté les indications géographiques, de l’autre les vins de cépages millésimés. Interdire le cépage pour les indications géographiques est impossible règlementairement parlant car chaque producteur doit avoir accès aux mêmes outils », a assuré Jacques Nadolski.

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