Agra Fil du 29 mai 2026

hero

Pesticides : la Commission européenne publie une liste de douze coformulants interdits

La Commission européenne a publié, le 26 mai au Journal officiel de l’UE, une liste de douze coformulants ne pouvant pas entrer dans la composition des produits phytopharmaceutiques. Ces molécules ont été identifiées comme cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Début 2025, Bruxelles avait initialement proposé l’interdiction de quatorze molécules, mais deux d’entre elles ont disparu de la liste à la suite des discussions avec les États membres (acétophénone et 2-pyrrolidone). « Afin de permettre l’élimination progressive et ordonnée des produits et de réduire au minimum les perturbations potentielles pour les utilisateurs et les chaînes d’approvisionnement, les États membres peuvent accorder un délai de grâce » de 12 mois maximum après le retrait des autorisations des produits concernés, lequel doit intervenir au plus tard le 16 juin 2028. Dans des arrêts rendus en avril 2024, la Cour de justice de l’UE avait estimé que les coformulants de pesticides devaient aussi être testés, dans le cadre du règlement de 2023 sur les modalités d’identification des coformulants inacceptables dans les produits phytopharmaceutiques, pour leurs propriétés perturbatrices endocriniennes, contrairement à ce que préconisait la Commission européenne.

Pesticides : la Commission européenne publie les nouvelles règles d’étiquetage

La Commission européenne a publié, le 26 mai au Journal officiel de l’UE, le règlement harmonisant l’étiquetage des produits phytosanitaires dans l’UE qui avait été proposé début 2025. Ce texte impose notamment de faire figurer sur l’étiquette des phrases types relatives aux risques particuliers pour la santé humaine ou animale ainsi que l’environnement pour les produits phytopharmaceutiques dont l’évaluation des risques montre que des restrictions d’utilisation ou des mesures d’atténuation des risques spécifiques devraient être appliquées. Ces phrases devront aussi figurer sur l’emballage des semences traitées. Le règlement prévoit aussi un étiquetage numérique obligatoire. Il s’appliquera à partir du 1er janvier 2028 à tous les nouveaux produits mis sur le marché. Et au plus tard le 1er janvier 2030, toutes les étiquettes des produits phytopharmaceutiques devront comporter une étiquette numérique.

Biocontrôle : ventes stables en France en 2025, selon Alliance biocontrôle (fabricants)

Dans un communiqué du 28 mai, Alliance biocontrôle (représentant les entreprises du biocontrôle en France) a signalé une stabilité des ventes de produits de biocontrôle en France en 2025, pour s’établir à 304 millions d’euros (M€), tous secteurs confondus (agriculture et espaces verts). Ainsi, les produits de biocontrôle représentent 11 % du marché de la protection des plantes. Cette stabilisation s’avère décevante pour l’association, qui déclare dans le communiqué regretter que l’objectif « de passer le cap des 30 % du marché (global de protection des plantes, NDLR) à horizon 2030 ne soit malheureusement plus réaliste ». Afin de rectifier le tir et d’atteindre tout de même les 30 % de parts de marché à un horizon plus lointain, Alliance biocontrôle prône une action accrue des pouvoirs publics – français et européens – afin de faciliter « l’accès à l’innovation » et de « favoriser l’appropriation des solutions de biocontrôle ». Par exemple, elle espère l’adoption de l’omnibus « Food & Feed Safety » et, surtout, sa mise en œuvre rapide par les États membres – « en particulier la France » –, avant, à terme, « une réglementation européenne dédiée ». Elle souhaite par ailleurs « trouver avec les pouvoirs publics de nouveaux outils techniques, réglementaires et financiers pour créer les conditions du changement ».

MAEC : des conseils régionaux approchés pour compléter le cofinancement national

Selon des sources proches du dossier, au moins deux conseils régionaux ont été approchés par les services déconcentrés de l'État pour compléter le cofinancement national de l'enveloppe de 40 millions d'euros (M€) du Feader (fonds européens) que la ministre de l'Agriculture a récemment redirigée vers les MAEC, pour soutenir les zones intermédiaires et l'agriculture biologique. Ces approches ont été, à notre connaissance, rejetées par les conseils régionaux, qui s'étaient vu retirer la gestion des MAEC et des aides bio dans l'actuelle programmation de la Pac, alors qu'ils les avaient gérées durant la précédente. Une approche a été faite en Occitanie, où il n'existe jusqu'à présent pas de Maec Zones intermédiaires, et en Bourgogne-Franche-Comté, où elles sont déjà prévues. Pour rappel, les régions n'ont plus la main que sur les aides non-surfaciques (aide à l'installation, aide à l'investissement). Elles sont d'ailleurs toujours dans l'attente d'un arbitrage concernant la redistribution du reste de l'enveloppe de reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimée à 120 M€/an – dont les 40 M€ de MAEC sont issus. La ministre de l'Agriculture avait fait part de son souhait que la « majorité » du budget aille aux aides à l'investissement, gérées par les régions. Mais Bercy souhaiterait mettre la main sur ces fonds européens, pour réaliser des économies sur le budget de l'État.

Agroéquipement : le marché recule encore, perspectives négatives pour 2026 (fabricants)

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 28 mai, Axema (représentant les constructeurs d’agroéquipement) a signalé, dans son rapport économique 2026, un nouveau recul du marché français en 2025, et ce pour la troisième année consécutive. Seule la bonne dynamique des exports hexagonaux a pu limiter la casse. Les secteurs des grandes cultures et de la viticulture sont particulièrement touchés. Plus en détail, le chiffre d’affaires du secteur recule de 4 % entre 2024 et 2025, pour tomber à 15,56 milliards d’euros (Md€). Pour 2026, vu l’état du marché lors des quatre premiers mois, les perspectives sont également négatives, relate le directeur de la commission économique du syndicat, David Targy. Ce dernier table ainsi sur un nouvel effritement, compris entre 0 et 5 %. « Alors que nous tablions sur un rebond du marché en 2026, nous sommes obligés de revoir nos prévisions. Ce regain ne devrait survenir qu’en 2027 », déclare-t-il. Les marges des constructeurs sont sous pression. Les coûts de production ont augmenté, alors que les industriels stabilisent leurs prix de vente, afin de maintenir un certain volume dans un contexte dégradé, au vu des trésoreries des céréaliers et des viticulteurs très ébranlées, limitant leur capacité d’achat.

GNR : feu vert de Bruxelles aux premières aides du gouvernement aux agriculteurs

La Commission européenne a donné son aval le 28 mai au premier volet d'aide du gouvernement français aux agriculteurs pour lutter contre la hausse du gazole non routier (GNR) au mois d'avril. Fin mars, le gouvernement avait annoncé qu'il renoncerait au prélèvement de tout droit d’accise sur le GNR durant le mois suivant, pour un montant estimé alors à 14 millions d’euros. Cette mesure temporaire est « nécessaire, appropriée et proportionnée » et ne contrevient pas aux règles de l’UE en matière de concurrence, a jugé Bruxelles. Fin avril, la Commission européenne a adopté un cadre plus souple en matière d’aides d’État pour permettre aux Vingt-sept de soutenir leur économie face aux impacts de la guerre au Moyen-Orient. Le 21 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le renforcement des aides pour les pêcheurs et agriculteurs sur le mois de mai, pour atteindre 15 centimes d’euros par litre. Le dispositif a été reconduit depuis jusqu'au mois d'août. Entre février et avril, le prix moyen du GNR est passé de 0,70 €/l à 1,22 €/l (hors taxe), ce qui représente une hausse de 74 %.

Biogaz: un groupe d'agriculteurs bretons expérimente la captation de CO2

Un groupe de neuf agriculteurs du Nord-Finistère appelé « Les Gaziers du bout du monde » expérimente depuis un peu plus d’un an la captation et la liquéfaction de CO2. Ces agriculteurs, principalement des éleveurs laitiers, ont monté une société (Breizh CO2) qui a investi, fin 2024, 650 000 euros dans une unité installée sur le site de méthanisation de l’un d’entre eux, à Guilers aux portes de Brest (Finistère). L’an passé, l’unité a produit 1 500 tonnes de CO2 liquéfié qui a été acheminé chaque semaine par route à une cinquantaine de kilomètres (Briec). Ce CO2 de qualité industrielle -il existe une qualité alimentaire plus coûteuse pour l’industrie agroalimentaire- alimente un producteur de tomates qui exploite 7 hectares de serres. Habituellement, ce CO2 issu de la méthanisation est évacué dans l’atmosphère. Or les serristes bretons (environ 500 hectares) n’auront plus de CO2 quand ils auront décarboné leur système de chauffage, piste sur laquelle ils veulent s’engager. Ils le récupèrent actuellement sur le cogénérateur (moteur) dont ils sont équipés en grande majorité pour chauffer leurs serres en période froide. Les serristes s’intéresseront-ils demain à ce CO2 local ? Pas sûr, car son prix peut être un frein. « Notre CO2 coûte effectivement plus cher que celui de grosses unités d’énergéticiens, mais il est compétitif en utilisation locale », précise l’éleveur Marc-Antoine Castrec chez qui l’unité de liquéfaction est installée. (Franck Jourdain)

Syndicats agricoles : la CR travaille à la création d’une structure européenne

Le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, confirme à Agra Presse travailler à la création d’une structure européenne. Le projet est pour l’instant embryonnaire, admet-il. Mais il espère le voir aboutir d’ici quatre à six mois. Des contacts ont été pris avec des organisations agricoles italiennes, néerlandaises et hongroises notamment. Il évoque aussi « pourquoi pas » des alliances avec des partis politiques ou des acteurs économiques. Au niveau européen, la FNSEA est représentée par le Copa-Cogeca, la Confédération paysanne par Via Campesina, « il y a un manque » pour ce qui est de la CR, estime Bertrand Venteau. « Tout le monde s’assoit sur l’OMC. La décroissance de ces dernières années est en train d’être peu à peu détricotée. C’est le bon moment pour faire sortir une entité qui porte les idées de la CR », à savoir un retour au modèle de la Pac d’avant 1992 reposant sur les soutiens à la production et aux prix, indique-t-il.

Consommation : les traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro remboursés en France

Les traitements contre l’obésité Wegovy et Mounjaro pourront être remboursés en France, dans un cadre strictement encadré, selon deux arrêtés publiés le 28 mai au Journal officiel (JO). La prise en charge par l’Assurance maladie, fixée à 65 %, sera réservée aux patients souffrant d’obésité massive sans comorbidité ou sévère avec comorbidité, et uniquement en deuxième intention, c’est-à-dire en cas d’échec d’une première prise en charge nutritionnelle. En outre, elle doit s’inscrire « en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique ». « Considérant les conséquences financières pour les dépenses d’assurance maladie, le risque de mésusage potentiel, en dehors de ses indications remboursables », la prescription initiale de ces médicaments injectables sera strictement encadrée et contrôlée. Elle sera « réservée » aux médecins travaillant dans des structures spécialisées dans l’obésité, tels que les centres spécialisés de l’obésité (CSO), des CHU ou des établissements de soins médicaux et de réadaptation (SMR), précisent ces arrêtés. L’exécutif a ainsi choisi « de suivre partiellement » les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), qui estime le nombre de personnes concernées entre 1 et 2,1 millions. Jusqu’à présent, ces traitements commercialisés sur ordonnance en pharmacie depuis fin 2024 restaient entièrement à la charge des patients, pour un coût d’environ 300 euros par mois.

Sucre : Tereos souhaite intégrer « des acteurs locaux » au capital des Sucreries de la Réunion

En marge de la conférence de presse annuelle de Tereos, le 28 mai, son directeur général Olivier Leducq a expliqué souhaiter intégrer « des acteurs locaux » au capital des Sucreries de La Réunion. Il a réitéré l’attachement du groupe auxdites sucreries, expliquant que « l’idée, c'est de faire entrer trois, quatre acteurs économiques réunionnais reconnus », afin d’assurer l’avenir des sites. Dans un communiqué du 27 mai, Tereos rappelle que l’économie sucrière locale repose, entre autres, sur « les planteurs », qui doivent obtenir « un revenu stable et prévisible », et sur l’État. Plus en détail, « l’activité dépend notamment des subventions françaises. Il nous faut davantage de poids pour les maintenir auprès des autorités. Mieux vaut ainsi être plusieurs plutôt que Tereos seul pour peser », a expliqué le dirigeant, spécialement dans un contexte budgétaire français sous pression. Pour rappel, des professionnels ont rapporté auprès de divers médias locaux leurs inquiétudes quant au projet d’ouverture du capital des Sucreries de la Réunion de Tereos, certains craignant pour l’avenir des usines.

Sucre : baisse des résultats de Tereos, mais la sérénité demeure

Lors d'une conférence de presse tenue à Paris le 28 mai, le groupe Tereos a annoncé, sans grande surprise, un recul annuel de son chiffre d'affaires et de son Ebitda. Des baisses insuffisantes pour entamer sa sérénité, le groupe étant parvenu à abaisser significativement sa dette ces dernières années, ce qui lui permet de supporter des conjonctures moins favorables, rapportent ses dirigeants. Dans le détail, le chiffre d'affaires passe de 5,93 milliards d’euros (Md€) à 5,13 Md€ entre les exercices 2024-2025 et 2025-2026. Sur la même période, l'Ebitda passe de 801 millions d’euros (M€) à 416 M€. De son côté, la dette se stabilise à 2,25 Md€, à un niveau bien inférieur à celui observé il y a quelques années (2,7 Md€ en 2022-2023). Les raisons de la baisse des résultats sont le décrochage des prix mondiaux du sucre, dans un contexte de surabondance de l'offre par rapport à la demande, et des évolutions de taux de change défavorables aux activités de Tereos, ce dernier ayant des activités à l'international. Le producteur de sucre pointe ainsi la baisse du dollar et du réal brésilien face à l'euro. Avec toute la prudence qu’il se doit, au vu des difficultés à prédire l’avenir, le sucrier espère un rebond des prix mondiaux courant 2027, le contexte actuel ne pouvant durer pour bon nombre d’industriels dans le monde.

Semences : Bayer attaqué pour pratiques anti-concurrentielles en maïs OGM (presse)

Selon les informations de Reuters, le groupe Bayer est attaqué devant la justice par un concurrent américain, Latham, pour pratiques anti-concurrentielles sur le marché américain des semences de maïs OGM, qui lui auraient permis d'engranger « des centaines de millions, voire des milliards, de dollars acquis illicitement », d'après la plainte qu'a pu consulter l'agence de presse. Le semencier américain accuse Bayer d'avoir cherché à empêcher ses concurrents de développer des versions génériques des semences de maïs NK603, dont le groupe allemand détient les droits. Selon la plainte, « la quasi-totalité des semences de maïs hybride génétiquement modifiées vendues aux États-Unis possèdent le gène NK603, qui confère une résistance au Roundup ». « La demande pour le NK603 est restée importante depuis l'expiration du dernier brevet de Bayer le concernant en 2022, mais aucune concurrence viable n'est apparue », rapporte Reuters. Bayer aurait interdit aux semenciers indépendants d'utiliser son matériel génétique pour développer un produit de maïs générique concurrent, même après l'expiration du brevet sur le NK603, selon la plainte consultée par l'agence de presse américaine. Latham propose un recours collectif (« class action ») et réclame le triple des dommages-intérêts que cette entreprises et des acteurs similaires auraient subis.

Semences : Limagrain obtient un prêt de 300 M€ de la BEI pour accélérer sa R&D

Le groupe coopératif Limagrain et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont annoncé le 28 mai la signature d'un accord de financement de 300 millions d’euros (M€), pour « soutenir l'innovation semencière et une souveraineté agricole durable ». Il s'agit de l'une des opérations de financement les plus importantes de la BEI dans le secteur agricole en Europe, selon le communiqué. Ce prêt à Limagrain, quatrième semencier mondial, vise à « accélérer les activités de recherche et développement du groupe dans le domaine des semences ». « L'opération appuie le développement de solutions innovantes dans l'amélioration végétale, afin d'améliorer les performances agronomiques des cultures ainsi que leurs qualités nutritionnelles et environnementales. » Plus précisément, le partenariat « vient renforcer le programme global d'investissement en R&D de Limagrain, porté par sa filiale Vilmorin ». La BEI et Limagrain précisent que les travaux de recherche se concentreront notamment sur l'amélioration des performances agronomiques des cultures (rendement, résistance aux maladies et aux ravageurs, adaptation aux climats et aux territoires, tolérance à la sécheresse, optimisation de l’utilisation des nutriments), ainsi que sur leurs qualités nutritionnelles et environnementales. « On va investir un peu plus dans l’IA, qui permet d’aller plus vite », a déclaré Sébastien Vidal, président de Limagrain.

Loup/loi d’urgence : les députés encadrent le soutien de l’État aux louvetiers

Lors de l’examen en séance publique du projet de loi d’urgence agricole, le 27 mai, les députés ont adopté un amendement du gouvernement prévoyant que les pouvoirs publics pourront attribuer aux lieutenants de louveterie des « moyens ou (…) dotations appréciés au niveau territorial ». « L’État organise, dans le cadre de ses moyens, les conditions d’accompagnement des missions exercées par les lieutenants de louveterie », stipule le texte inséré dans le Code de l’environnement par cet amendement. Et « cet accompagnement peut donner lieu, chaque année, à l’attribution de moyens ou de dotations appréciés au niveau territorial ». Il s’agit, selon l’exposé sommaire de l’amendement, de « donner à l’État un cadre lui permettant d’adapter son soutien matériel aux réalités territoriales », afin de « favoriser une organisation plus homogène et plus lisible de l’accompagnement » public. L’État pourra notamment « s’appuyer sur des structures associatives départementales », est-il précisé. Fin avril, en commission du Développement durable, les députés avaient adopté une série d’amendements permettant de créer un statut pour les lieutenants de louveterie, inspiré d’une proposition de loi transpartisane.

Élevage : la Conf’ appelle l’État à mieux se préparer aux maladies des petits ruminants

Le 26 mai, dans un contexte d’épizooties en Europe du sud-est, la Confédération paysanne a appelé l’État à « permettre aux éleveurs de se prémunir » face à trois maladies touchant les petits ruminants. Il s’agit de la clavelée ovine (et variole caprine), de la peste des petits ruminants et de la fièvre aphteuse. Dans un communiqué, le syndicat réclame un « accès préventif aux vaccins », une « formation de vétérinaires et des éleveurs », ainsi qu’« une information transparente et accessible sur ces maladies par les services déconcentrés de l’État ». Relevant que « le commerce d’animaux vivants est le principal vecteur de propagation », la Conf’ exige des « contrôles renforcés à l’import ». Chaque année, les fêtes religieuses du printemps (Pâques, Aïd-el-Kébir) donnent lieu à des importations d’animaux vivants, en provenance notamment des pays actuellement touchés (Grèce, Roumanie, etc.). Ces échanges sont actuellement interdits en raison des maladies, mais « ces règles sont insuffisamment contrôlées et très souvent enfreintes », avance la Conf’. Enfin, le syndicat demande « le déclassement » de ces maladies de catégorie A (éradication obligatoire et immédiate), notant que, « en Grèce, 500 000 ovins ont déjà été abattus en raison de l’épidémie de clavelée ».

Volailles : le bénéfice net de LDC bondit de 32 %, poussé par la consommation

Le chiffre d’affaires du volailler LDC a progressé de 15,2 % pour atteindre 7,28 milliards d’euros (Md€) sur son exercice 2025-2026, et son bénéfice net a bondi de 32 %, à 321,5 millions d’euros (M€) ; des résultats justifiés par « le bon niveau de la consommation de volaille, l’intégration des dernières acquisitions et l’effet des hausses tarifaires », selon un communiqué du 27 mai. Le groupe a étendu son périmètre par l’acquisition du traiteur Pierre Martinet (en cours d’exercice 2025-2026, en France) et celles de plusieurs entreprises en Pologne, en Roumanie et en Allemagne. À périmètre et taux de change constants, son activité a progressé de 7,5 % sur l’exercice. Le groupe vise désormais 7,7 Md€ de chiffre d’affaires en 2026-2027 et 10 Md€ d’ici, tablant sur la croissance de la consommation de volaille et d’œufs et prévoyant de nouvelles acquisitions. LDC compte réorienter notamment vers la France les activités grand export de France Poultry, qu’il rachète au saoudien Almunajem. Le groupe prévoit aussi la construction d’ici 2028 d’un nouvel abattoir pour « pouvoir répondre à la demande croissante en poulet origine France ».

Volaille/restauration collective : Terrena et la région Pays de la Loire signent un « pacte »

Dans un communiqué du 28 mai, le groupe coopératif Terrena annonce avoir signé un pacte d’une durée de trois ans avec la région des Pays de la Loire visant à augmenter l’approvisionnement local des lycées publics, notamment en volailles. Ce pacte nommé « Ici, on cuisine ! » a été signé à l’occasion de la visite de la présidente du conseil régional Christelle Morançais au nouvel abattoir de volailles de Galliance (pôle volailles de Terrena), à Ancenis. La signature a eu lieu dans les locaux de SDA, société de distribution de Galliance, précise un responsable de la communication. La volaille est en effet la première filière concernée par le pacte, indique ce dernier. Le pacte consiste à construire des filières fiables répondant aux besoins de la restauration collective des lycées publics, en particulier en produits bio et durables, conformément à la loi Egalim. Ce partenariat « est une illustration concrète de notre engagement pour assurer davantage de produits d’origine régionale dans les assiettes de nos lycéens », précise Christelle Morançais, citée dans le communiqué. Terrena souligne dans son communiqué que la Région ambitionne de tendre vers 100 % d’approvisionnement régional pour la restauration collective des lycées.

Prédateurs : en s’attaquant au loup, l’homme favorise le chacal doré (étude)

Selon une étude parue le 25 mai dans Nature Ecology & Evolution, la présence du loup, prédateur dominant, « est le principal facteur limitant la présence des chacals dorés », canidés en expansion en Europe. Au-delà de la régulation de la population lupine, « les analyses montrent qu’un effet de " bouclier humain " modifie les interactions entre les deux espèces », peut-on lire dans un communiqué de l’Inrae, qui a coordonné les travaux. « Lorsque les loups sont présents, les chacals se concentrent davantage près des zones habitées, où l’influence des activités humaines semble limiter l’effet négatif des loups sur les chacals. » L’étude montre encore que « 75 % des paysages européens sont potentiellement favorables au chacal doré » (six fois plus que sa distribution actuelle) ; c’est notamment le cas en France, « pays avec la plus forte capacité d’accueil ». L’expansion du loup pourrait réduire de 18 % la surface colonisée par le chacal, sans remettre en cause son développement. Les chercheurs ont combiné « suivis acoustiques, variables climatiques et paysagères, et données exhaustives sur la présence du loup » dans 13 pays d’Europe entre 2001 et 2017. Observé pour la première fois en France en 2017, « le chacal doré est un canidé opportuniste au régime alimentaire diversifié » (rongeurs, cadavres), rappelle l’Inrae.

Vin : en Nouvelle-Aquitaine, les caves coops appelées à la restructuration

Transformation industrielle et commerciale, rapprochement avec le négoce : les caves coops de Nouvelle-Aquitaine ont deux pistes « à approfondir d’ici la fin de l’été », selon les conclusions du comité de pilotage d’un plan collectif, réuni le 26 mai par la préfecture, la région et la Coopération agricole (LCA). « J'appelle l'ensemble des présidents et des adhérents à s'emparer de ces outils d'adaptation », déclare le président régional des vignerons coopérateurs Stéphane Héraud, cité dans le communiqué. La feuille de route vise une restructuration des caves coops « à un horizon de cinq à dix ans ». Des partenariats avec le négoce sont aussi envisagés pour « sceller des relations commerciales plus fluides, transparentes et génératrices de valeur partagée ». Il s’agit des deux pistes principales. Au total, neuf groupes de travail se sont réunis depuis mars. Leur rôle est de mettre en œuvre le plan collectif, par exemple sur l’appui aux entreprises en difficulté, le rapprochement de structures ou encore la rationalisation des outils industriels. Cette initiative régionale fait suite à un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture), qui visait l’attribution des 10 M€ d’aides à la restructuration inscrites dans la loi de finances pour 2025. L’enveloppe, inutilisée, n’a pas été reconduite dans le budget 2026.

Fruits et légumes : la Russie restreint les importations en provenance d'Arménie

La Russie a annoncé restreindre l’importation de fruits et de légumes en provenance d’Arménie, rapporte l’AFP le 28 mai. À partir du 30 mai, l’Agence russe de contrôle sanitaire et vétérinaire (Rosselkhoznadzor) « met en place des restrictions temporaires » sur l’importation notamment de tomates, concombres, poivrons et fraises en provenance d’Arménie, a-t-elle indiqué dans un communiqué. La décision aurait été prise en raison de violations phytosanitaires « de plus en plus fréquentes » détectées lors de livraisons en Russie de ces produits arméniens. La mesure resterait en vigueur « jusqu’à ce qu’un algorithme approprié soit élaboré pour assurer la sécurité de ces produits ». Cependant, selon l’AFP, cette décision serait plutôt une réponse aux dernières positions géopolitiques du gouvernement arménien, en particulier son intention de se porter candidate à l’intégration dans l’Union européenne. La Russie est un marché clé pour les exportations agricoles arméniennes et les restrictions russes risquent de porter un coup à l’économie nationale dans son ensemble. Entre janvier et septembre 2025, l’Arménie a exporté 121 800 t de fruits et légumes (toutes destinations confondues), en hausse de 12,2 % par rapport à la même période de l’an dernier.

Chou-fleur : campagne 2025-2026 en recul, sauvée par l'export (ministère)

Selon les prévisions des services du ministère de l‘Agriculture (Agreste), arrêtées au 1er mai 2026, la production nationale de choux-fleurs, estimée à 194 900 t sur la campagne 2025-2026, serait en baisse de 9 % sur un an. Le niveau des volumes récoltés dans le bassin Ouest (163 999 t, -11 %) serait ainsi le plus faible des six dernières campagnes. Les surfaces nationales sont aussi en recul de 5 % sur un an, à 12 140 ha. La première partie de la campagne s’est caractérisée par une avance de production conséquence, déstabilisant le marché. La situation avait suscité un appel aux consommateurs par la grande distribution qui, selon elle, a rencontré un succès relatif. Par la suite, l’offre française s'est réduite à partir du mois de mars, avec des cours se maintenant à des niveaux fermes en avril. Sur cette période, l’exportation a tiré son épingle du jeu, notamment sur les marchés allemands et de l’Europe de l’Est. « La campagne aura été marquée par des volumes exportés plus importants, surtout en seconde partie de campagne, avec une moindre concurrence des bassins du Sud de l’Europe », souligne Agreste. En cumul de juin 2025 à mars 2026 et en comparaison de la même période de la campagne précédente pour les choux-fleurs et brocolis, les exportations (80 100 t) sont en hausse de 5 %.

Horticulture : en Hollande, des exportations en hausse, inquiétude pour la rose

Les exportations néerlandaises de produits horticoles ornementaux (fleurs coupées, plantes en pot, arbres et bulbes) ont représenté une valeur d'environ 12,3 milliards d’euros (Md€) en 2025, selon un rapport de l'Institut néerlandais de la statistique et de l'université de Wageningen. Elles enregistrent une hausse de 4,2 % par rapport à l'année précédente. Les fleurs coupées ont progressé d'environ 6,2 %. Une récolte de bulbes inférieure à la moyenne réduisant le nombre de tulipes disponibles pour le forçage durant la saison 2024-2025 a pesé sur l'offre et influencé les prix des fleurs coupées. « Les roses néerlandaises continuent de rencontrer des difficultés sur les marchés internationaux. Leur qualité n'est pas remise en question, mais l'écart de prix entre une rose néerlandaise et les roses importées demeure un frein pour la plupart des acheteurs », souligne l’étude, qui note une nouvelle réduction des surfaces consacrées à cette fleur en 2025. Les exportations de plantes en pot ont, quant à elles, légèrement reculé (-0,4 %). Les autres cultures ont enregistré une croissance de 4,4 %. L'Allemagne, le Royaume-Uni et la France restent les principales destinations des exportations de produits horticoles ornementaux néerlandais, enregistrant chacune une croissance modeste d'environ 2 %.

Agenda de la semaine agricole du 1er juin 2026

Lundi 1er juin
Comité spécial Agriculture, à Bruxelles
Commission de l’Agriculture du Parlement européen
Commission de l’Environnement du Parlement européen
Assemblée générale du groupement Accord bio, à Lyon
Conférence de presse sur la fusion de Terres du Sud et Vivadour, à Agen
Journée mondiale du lait

Mardi 2 juin
Congrès des JA, à Bourg-en-Bresse (Ain), jusqu'au jeudi 4
Vote de l'Assemblée sur le PJL d'urgence agricole en séance publique
Les députés examinent en séance publique la PPL de revalorisation des retraites agricoles
Les députés examinent en séance publique la PPL sur le cadmium dans les engrais
Les députés examinent en séance publique la PPL sur le chlordécone
Les députés examinent en séance publique la PPL sur la santé mentale des agriculteurs
Conférence de presse de présentation du rapport Cyclope 2026
Conférence de presse du Space (salon de l'élevage de Rennes)
Colloque final du projet Casdar Entr’ACTES (élevage et attentes sociétales)
Conférence de presse de la Cave de Cairanne (vin)
Assemblée générale d’Invenio (recherche fruits et légumes), dans le Lot-et-Garonne
Assemblée générale de l'Anamso (semences oléagineuses), dans les Pyrénées-Atlantiques
Conférence de presse de Novaem-Medinbio (biosolutions)
Visite d'essais CTIFL légumes hors-sol et sol 2026, dans le Gard

Mercredi 3 juin
Commissions de l’Agriculture, des Budgets et du Développement régional du Parlement européen
Journée des légumiers 2026, dans l’Indre
La mission d'information du Sénat sur le pastoralisme présente son rapport
Conférence débat de l'Acta (instituts techniques agricoles)
Congrès international One Health organisé par l'Anses, INNOZH, Labocéa, dans les Côtes-d’Armor
Assises de l'Union des ingénieurs hospitaliers en Restauration (UDIHR)

Jeudi 4 juin
Journée nationale de la poire (CTIFL), en Indre-et-Loire
Conférence du Sommet de l'élevage (salon de l'élevage de Cournon)
Colloque organisé par le Groupe protéines et nutrition (GPN) sur les nouvelles recettes à base de protéines végétales

Vendredi 5 juin
Congrès de la meunerie européenne, à Marseille
Marchés mondiaux des produits laitiers (Idele)
Journées nationales de l'agriculture (6e édition)

Dimanche 7 juin 
Congrès international de la tomate transformée, aux États-Unis
Mobilisation d'associations pour défendre le Sage Vilaine, à Rennes