Sureté alimentaire/pesticides : le projet de Bruxelles pour simplifier la législation
La Commission européenne prévoit bien de rendre illimitée la période d’autorisation des substances actives pesticides, sauf dans des cas spécifiques concernant les substances candidates à la substitution (c’est-à-dire les plus dangereuses), selon un projet de paquet sur la simplification des règles en matière de sûreté alimentaire, obtenu par Agra. Ce règlement omnibus d’une centaine de pages que Bruxelles doit adopter le 16 décembre, introduit de nombreuses autres modifications ciblées du de la législation européenne. Pour ce qui est des autorisation de pesticides, l’exécutif européen et les États membres pourront sélectionner périodiquement un certain nombre de substances actives pour lesquelles une procédure complète de renouvellement sera menée, tout en conservant la possibilité de procéder à des réexamens ciblés en cas de nouvelle donnée jugée pertinente. Le texte prévoit aussi de simplifier le dispositif de reconnaissance mutuelle entre Etats membres des produits phytosanitaires ainsi que des procédures d’octroi de prolongations harmonisées pour les usages mineurs. Comme elle s’y était engagée, la Commission promet d’imposer une réciprocité aux produits importés en fixant les limites maximales de résidus (LMR) pour les substances interdites dans l’UE au niveau de la limite de quantification (zéro technique) et elle promet qu’aucune LMR fondée sur les bonnes pratiques agricoles dans des pays tiers, ni aucune limite maximale du Codex, ne sera établie. Le paquet omnibus prévoit aussi de simplifier la mise sur le marché de produits de biocontrôle. Parmi les autres volet de la législation qui vont être mis à jour : les contrôles officiels aux frontières, les autorisations des additifs dans l’alimentation animale, ou encore les produits de fermentation destinés à l’alimentation qui ne seront plus considérés comme « produit à partir d’OGM » lorsque des biotechnologies auront été utilisées comme « auxiliaires technologiques ».
Etiquetage : au Parlement européen, polémique autour de l'étiquetage d'une carbonara
Tempête autour d’une sauce: un ministre et des eurodéputés italiens ont brocardé un pot de carbonara vendu dans la supérette du Parlement européen et insuffisamment italien à leurs yeux, l’entreprise balayant une polémique sans fondement. De la crème dans la carbonara ? Avec un drapeau italien sur l’étiquette ? Photo à l’appui, c’est le ministre italien de l’Agriculture Francesco Lollobrigida qui a lancé la première salve sur les réseaux sociaux en début de semaine. «Il est inacceptable de voir» ces produits au Parlement européen, a-t-il grincé, en annonçant avoir lancé une «enquête» immédiatement. Les élus d’extrême droite de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, ont à leur tour fait monter la sauce. L’eurodéputé Carlo Fidanza s’en est pris à des produits «qui utilisent le drapeau» du pays et «des noms évocateurs sans rien avoir d’italiens», une «pratique trompeuse», a-t-il affirmé, en précisant avoir adressé un courrier à la présidente du Parlement européen Roberta Metsola. Le groupe agroalimentaire belgo-néerlandais Delhaize, qui possède cette supérette située au rez-de-chaussée du bâtiment du Parlement européen à Bruxelles, ne s’est toutefois pas démonté. «Nous sommes quelque peu surpris par la réaction et l’attention médiatique autour de certaines sauces pour pâtes de la marque maison Delhaize», a relevé un responsable de la communication auprès de l’AFP. «Tant la dénomination que l’emballage sont entièrement conformes à la législation en vigueur», souligne-t-il.
Climat: le bilan de la COP30, entre faibles avancées et engagements volontaires
La conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui s'est achevée le 22 novembre à Belem au Brésil, a produit quelques textes onusiens adoptés par consensus des pays, mais également des engagements volontaires, hors du processus de négociations. La COP30 adopte le lancement d’une «initiative volontaire» pour les pays qui souhaitent collaborer pour une réduction accrue de leur pollution carbone afin de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C. La conférence n’a pas adopté de «feuille de route» explicite de sortie des énergies fossiles. En réponse, le président brésilien de la COP30 a annoncé son intention d’en lancer une sur ce sujet ainsi qu’une autre contre la déforestation, pour les pays volontaires. Par ailleurs, le texte issu de la COP demande des «efforts pour au moins tripler» en dix ans l’aide financière pour l’adaptation climatique des pays en développement à l’horizon 2035, par rapport à l’objectif annuel de 40 milliards par an pour 2025. Cela sert par exemple à aider les agricultures à se préparer aux sécheresses... Au total, les pays développés ne se sont pas engagés à augmenter l’enveloppe globale de leurs financements climatiques, soit un horizon de 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Tout effort sur l’adaptation se fera à l’intérieur de cette enveloppe. Hors des décisions officielles de la COP, le Brésil a lancé un fonds d’un nouveau genre pour protéger les forêts. Plusieurs engagements volontaires de pays ont vu le jour concernant le méthane, deuxième plus important gaz à effet de serre après le CO2, le quadruplement des «carburants durables», ou encore le charbon, avec l’annonce par la Corée du Sud de son élimination progressive dans ses centrales électriques.
Ukraine/céréales : Erdogan va rencontrer Poutine pour relancer un accord de courte durée
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré le 23 novembre qu’il s’entretiendrait le 24 avec son homologue russe Vladimir Poutine, quelques jours après la présentation par les États-Unis de son plan visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, qui a pris Kiev et ses alliés européens au dépourvu, car il obligerait l’Ukraine à céder des territoires, réduire son armée et promettre de ne jamais rejoindre l’OTAN. De précédents pourparlers à Istanbul, entre mai et juillet, n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers à grande échelle. M. Erdogan a également annoncé qu’il demanderait à M. Poutine de relancer un accord sur les céréales de courte durée, négocié par la Turquie et l’ONU en 2022 afin de garantir un passage sécurisé permettant l’exportation des céréales ukrainiennes via la mer Noire. L’accord a fonctionné pendant un peu plus d’un an avant que la Russie ne se retire, invoquant le fait qu’un accord séparé visant à assouplir les sanctions sur ses propres exportations agricoles n’était pas mis en œuvre. «L’initiative du corridor céréalier était en réalité destinée à ouvrir la voie à la paix. Bien qu’elle ait réussi dans une certaine mesure, elle n’a pas été maintenue. Je vais en reparler à M. Poutine demain», a déclaré M. Erdogan. «Il serait très bénéfique que nous puissions relancer ce processus».
Budget 2026: les députés créent un plafond pour l'OFB, relèvent celui des chambres
Les députés ont approuvé le 21 novembre des amendements au projet de loi de finances (PLF) pour 2026, pour geler des plafonds de taxes affectées à certains opérateurs de l’Etat, le gouvernement se disant «intéressé» par la proposition, mais appelant à revoir son périmètre dans la navette parlementaire. «C’est une année blanche pour les opérateurs» concernés «avec des exceptions», a défendu le rapporteur général Philippe Juvin (LR), auteurs des amendements adoptés. Ils proposent dans le détail plusieurs mécanismes : plafonner un certain nombre de taxes affectés, qui vont directement à des dizaines d’organismes (Office français de la biodiversité, Caisse des dépôts, etc.) et geler ce plafond au niveau de 2025, pour générer des économies, et donner le pouvoir au Parlement de fixer le montant. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin (Renaissance) a rendu un avis de sagesse (ni pour ni contre), se disant «intéressée par le principe de nous dire que toutes les taxes affectées ont un plafond et que les parlementaires, chaque année, le révisent». Elle a toutefois appelé à revoir le nombre d’opérateurs concernés lors de la navette parlementaire. Un peu plus tard les députés ont débattu des fonds alloués aux agences de l’eau, adoptant un amendement pour déplafonner leur financement. A cette occasion Amélie de Montchalin s’est dite favorable à débloquer au cours de la navette parlementaire "125 millions d’euros" supplémentaires pour «le plan eau». Contre l’avis du gouvernement cette fois, les députés ont aussi relevé le plafond des ressources affectées aux chambres d’agriculture (de 3,6 millions d’euros).
Cotisations : les sénateurs approuvent l’expérimentation du nouveau mode de calcul
Lors de l’examen du séance publique au Sénat du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), le 20 novembre, les sénateurs ont voté l’article 8bis qui instaure la mise en place d’une expérimentation sur un nouveau mode de calcul des cotisation sociales des non-salariés agricoles. La disposition, proposée par le rapporteur général Thibault Bazin de l’Assemblée nationale et adoptée par les députés en première lecture, prévoit que les non-salariés agricoles puissent opter pour que leurs cotisations soient calculées sur une assiette représentative des revenus de l’année en cours. Le montant des cotisations versées ferait ensuite l’objet d’une régularisation sur la base des revenus professionnels définitifs constatés à l’issue de l’exercice. Les sénateurs ont aussi voté en faveur d’un sous-amendement de leur collègue Henri Cabanel (socialiste, Hérault) qui avance de trois mois la date de remise du rapport évaluant l’expérimentation (prévu après six mois originellement), afin de permettre « aux chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole d’opter pour que leurs cotisations soient calculées sur la base d’une estimation de leurs revenus professionnels de l’année en cours ». Lors de la discussion, celui-ci a incité le gouvernement à publier rapidement le décret afin que le calcul de l’assiette soit effectué d’ici la mise en œuvre en octobre 2026.
Cotisations : les sénateurs peaufinent la réforme des assiettes de calcul
A l'occasion de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les sénateurs ont adopté un amendement de Franck Menonville (Meuse, Union centriste) portant sur la réforme de l’assiette sur laquelle seront calculées les cotisations dues par les exploitants agricoles ainsi que de l’assiette sur laquelle seront calculées les contributions (CSG et CRDS) à compter du 1er janvier 2026, le 21 novembre. Cette réforme a été introduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024. La réforme a pour effet d’aligner l’assiette de cotisations sociales et l’assiette des contributions, excepté quelques retraitements, en vue de réduire les contributions et d’augmenter les cotisations créatrices de droits. L’amendement entend corriger certains effets de bord, en particulier les rentes versées aux assurés ou à leurs ayant droit à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ou en réparation des maladies causées par des pesticides, qui sont actuellement déduites de l’assiette fiscale conformément au code général des impôts. « Sans transposition dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, le dispositif fiscal continuera certes à s’appliquer en 2026 mais ne s’appliquera plus à l’assiette sociale, pénalisant ainsi les assurés agricoles victimes d’accidents du travail, de maladies professionnelles ou de maladies causées par des pesticides » est-il expliqué
Saisonniers/TO-DE : le Sénat exclut les ETF et les critères sociaux, mais pas les caves coops
Lors de l'examen en première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les sénateurs ont adopté l’amendement de Franck Montaugé (Gers, Socialistes) proposant d’élargir le dispositif actuel d’exonération des cotisations sociales pour les travailleurs occasionnels agricoles spécifiquement aux coopératives vinicoles. « En limitant le poids des charges sociales, ce dispositif inciterait également les coopératives à maintenir, voire augmenter, leurs effectifs saisonniers, participant ainsi directement à la sauvegarde de l’emploi dans ces zones rurales souvent en proie à une déperdition économique inquiétante » a-t-il été plaidé. En revanche, le Sénat a rejeté l’article 9quater qui incluait les entreprises de travaux forestiers au dispositif - il avait été introduit le 7 novembre par les députés, sur un amendementent du rapporteur général Thibault Bazin. Pour le reste, la conditionnalité du TO-DE à des critères sociaux, objet de plusieurs amendements et qui avaient été repoussé par l’Assemblée nationale, a pareillement été repoussé par les sénateurs, après une discussion vive avec la gauche sénatoriale. La rapporteur générale, Elisabeth Doineau, s’est demandé si « la sécurité sociale avait à prendre en charge ce qui relèverait du code du travail ». Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a considéré à nouveau que le TO-DE n’était pas « le bon outil ».
Dons alimentaires : les sénateurs repoussent l’exonération des cotisations
En séance publique le 21 novembre, les sénateurs ont supprimé l’article 9 quinquies du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, visant à exonérer de cotisations MSA les dons en nature des agriculteurs. L’amendement du groupe Socialistes et apparentés, porté par l’ancien ministre de l’Alimentation Guillaume Garot, avait été adopté à l’unanimité par les députés le 7 novembre. « Cette disposition permettrait de renforcer l’incitation au don agricole, et de lutter à la fois contre la précarité alimentaire et le gaspillage alimentaire » avait-il argumenté. Le texte avait été adopté malgré l’avis défavorable de la commission et du gouvernement, qui ont exprimé le même avis au Sénat : « C’est un dispositif qui ne tourne pas », a expliqué la rapporteure générale Elisabeth Doineau évoquant le « coût incontrôlé » de la mesure, et la difficulté à contrôler les quantités et la qualité des dons en nature. En 2024, l’association Solaal a organisé la distribution à 833 antennes associatives de 4 575 tonnes (dont deux tiers de fruits et légumes) de dons agricoles, soit l’équivalent de 9 millions de repas
Outre-mer : les sénateurs refusent l’inclusion des chambres d’agriculture dans la Lodéom
Dans le cadre de la première lecture de la loi de financement de la sécurité sociale le 21 novembre. les sénateurs ont voté pour la suppression de l’article 9 secties visant à inclure les chambres d’agriculture et les chambres de commerce et d’industrie dans le champ des exonérations Lodéom. La disposition avait été adoptée par l’Assemblée nationale le 7 novembre. « L’exclusion du dispositif pénalise les chambres consulaires Outre-mer, qui exercent pourtant des missions relevant de la catégorie générale des services publics industriels et commerciaux», avaient défendu les députés. Face aux sénateurs, la rapporteure générale, Elisabeth Doineau a considéré que « les dispositifs de Lodéom doivent faire l’objet d’une concertation avec les acteurs économiques locaux afin de réformer l’ensemble du dispositif, particulièrement coûteux et qui manque de lisibilité ». Elle a insisté sur le fait qu’il est risqué de « brouiller la frontière entre des entreprises concurrentielles avec des organismes parapublics », ce qu’a vivement contesté le sénateur Victorin Lurel (Guadeloupe, Socialistes). « L’adoption de l’article pourrait contraindre les chambres à dissocier leurs activités afin de respecter le droit de la concurrence et nuirait in fine à la cohérence des politiques publiques qu’elles déploient », a ajouté la rapporteure générale.
Maladies animales : le Sénat ajoute une exonération sociale pour les indemnités d’abattage
Lors de l’examen du PLFSS 2026 (financement de la sécurité sociale) en séance publique le 20 novembre, les sénateurs ont adopté un amendement exonérant de cotisations sociales les indemnités perçues par les éleveurs en cas d’abattage sanitaire. Le gouvernement a émis un avis de sagesse sur cet amendement déposé par 28 élus centristes. La disposition votée par les sénateurs vient compléter l’exonération fiscale de ces mêmes indemnisations, adoptée par les députés le 13 novembre dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Les indemnisations sanitaires « demeurent aujourd’hui soumises aux contributions sociales, ce qui réduit significativement l’effet économique du dispositif », estiment les sénateurs centristes dans l’exposé des motifs de leur amendement. Les indemnisations sanitaires interviennent après un abattage sur ordre de l’administration afin de lutter contre certaines maladies animales, comme l’influenza aviaire ou la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). La FNSEA avait déjà demandé leur défiscalisation en 2024, sans succès. Par ailleurs, une proposition de loi macroniste déposée le 16 septembre vise l’exonération totale de l'ensemble des indemnités perçues au titre des crises sanitaires, mais aussi de la prédation.
Bovins/DNC : une mission d’information au Sénat sur la gestion de la crise sanitaire
La commission des Affaires économiques du Sénat a lancé, le 12 novembre, une mission d’information flash sur « les enseignements pouvant être tirés de la gestion de la crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ». Elle rendra son rapport le 28 janvier 2026, apprend-on sur le site internet du Sénat. Cette mission transpartisane est menée par quatre co-rapporteurs : Martine Berthet (LR, Savoie), Annick Jacquemet (centriste, Doubs), Gérard Lahellec (communiste, Côtes-d’Armor) et Christian Redon-Sarrazy (socialiste, Haute-Vienne). Alors que la ministre de l’Agriculture a lancé des Assises du sanitaire en début d’année, cette mission sénatoriale vise à « nourrir de manière ciblée et concrète les réflexions sur la nécessaire adaptation de l’organisation du modèle sanitaire français ». Apparue en France le 29 juin, la DNC a provoqué 104 foyers, selon le dernier bilan du ministère au 19 novembre. La stratégie de lutte contre cette maladie est basée sur l’instauration de zones réglementées de 50 km autour des foyers, où sont mis en place une interdiction des mouvements et une vaccination obligatoire. Dernière mesure : l’abattage total des lots d’animaux infectés, au cœur d’une controverse depuis l’été. [lire notre enquête]
Maltraitance animale: près de 800 bovins saisis dans une exploitation agricole du Nord
L’ensemble du cheptel bovin d’une exploitation agricole de Haut-Lieu (Nord), soit 786 têtes de bétail, a été saisi en raison de «graves non conformités aux règles de bien-être animal» dans cette ferme, annonce le 21 novembre le parquet d’Avesnes-sur-Helpe. Une enquête ouverte en décembre 2024 a mis en évidence «de manière très récurrente» ces non conformités, notamment sur les moyens de mise à mort des bêtes, «l’absence de soins donnés aux animaux malades ou blessés et leurs mauvaises conditions de détention», selon un communiqué du parquet. L’opération de saisie du cheptel se déroule depuis lundi, mobilisant des gendarmes, des agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et de l’Oeuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (Oaba), une association reconnue d’utilité publique. La très grande majorité des bêtes saisies était infectée par une «rhinotrachéite infectieuse bovine», maladie infectieuse non contagieuse pour l’homme mais rendant obligatoire l’accomplissement d’actes vétérinaires «non réalisés» par les exploitants visés par l’enquête, malgré la réglementation et les «nombreux rappels» qui leur avaient été adressés depuis plusieurs années, précise le parquet.
Influenza: mesures de biosécurité renforcées en Vendée et trois départements voisins
Dans un communiqué paru le 21 novembre, le ministère de l'Agriculture annonce que des zones réglementées supplémentaires ont été instaurées dans les départements de la Vendée (85), Loire-Atlantique (44), Maine-et-Loire (49) et Deux-Sèvres (79). Cinq foyers nouveaux foyers avaient été confirmés en Vendée entre le 7 et le 8 novembre. Dans ces zones supplémentaires, les mesures sont les suivantes : sortie des canards en parcours interdite en zone réglementée ; enlèvement unique pour les canards et dindes en zone de protection ; dépistage de l'influenza avant tout mouvement de lots de canards, oies et dindes, lorsqu'ils sont transférés d'un élevage à un autre ; troisième dose vaccinale dans tous les élevages de canards situés dans le département de la Vendée et dans les élevages de canards situés dans les zones à risque de diffusion et les zones réglementées établies autour des foyers d’IAHP des départements 44, 49 et 79. Depuis le 22 octobre, la France est placée en risque élevé d'IAHP, le plus haut échelon, qui entraîne notamment le confinement de volailles. En date du 20 novembre, 44 foyers ont été recensés dans des élevages commerciaux (Pas-de-Calais, Loire-Atlantique, Lot-et-Garonne, Vendée, Cher, Haute-Marne, Allier, Côte-d'Or, Marne, Dordogne, Maine-et-Loire, Loire, Deux-Sèvres). La Vendée est le département le plus touché cette année.
Concombre : aux Pays Bas, des surfaces en hausse sur dix ans, des inquiétudes subsistent
L'expansion des exploitations de concombres semble se poursuivre aux Pays-Bas, mais des questionnements se posent face à la politique environnementale du gouvernement, selon une note de la Rabobank publiée le 20 novembre. Les dix plus grandes exploitations cultivent actuellement environ 31 % de la superficie totale, contre 23 % en 2015. Selon l'Institut néerlandais de la statistique (CBS), la superficie cultivée en concombres atteindra 638 ha en 2025, dont 197 ha pour les dix plus grandes exploitations et 441 ha pour les 172 autres. La superficie moyenne des dix plus grandes exploitations est donc légèrement inférieure à 20 ha, tandis que celle des 172 autres exploitations est de 2,6 ha. En 2015, la superficie totale s'élevait à 545 ha, dont 23 % appartenaient aux dix plus grandes exploitations. « Cependant, le secteur est confronté à une incertitude croissante due à des politiques gouvernementales floues concernant la transition énergétique, la protection des cultures, la main-d'œuvre et la gestion de l'eau. Atteindre les objectifs climatiques de 2030 semble difficile avec les efforts actuels, ce qui accentue la pression sur les producteurs en serre », souligne la Rabobank.
Pommes de terre : l’UNPT (producteurs) appelle à maîtriser les assolements 2026
Dans un contexte de débouchés saturés pour les pommes de terre, l’UNPT (producteurs, FNSEA) appelle, dans un communiqué du 20 novembre, à « la lucidité individuelle et collective » dans la préparation des assolements 2026. « Rien ne permet d’annoncer que le marché français ou européen – en industrie comme en frais – sera en mesure de redémarrer en 2026 ni d’absorber une tonne supplémentaire sans tension », prévient le syndicat. Et de rappeler qu’« un hectare de pomme de terre mobilise plusieurs milliers d’euros avant même la première tonne récoltée ». « Les promesses de débouchés faciles n’existent pas », met en garde l’UNPT, « seul le marché réel doit guider les décisions » d’implantation. L’association spécialisée de la FNSEA exhorte à tirer les leçons de la campagne 2025 en pommes de terre de conservation, qui a vu la production augmenter « plus vite que la demande », avec 8,5 Mt (+13 % en un an), un niveau « record ». Après le retournement de la conjoncture au printemps, entre baisse des exportations et « désengagements commerciaux », la crise a touché tous les producteurs européens, provoquant à la nouvelle récolte un effondrement des prix sur le marché libre, « entre 5 et 15 €/t sur certaines cotations " industrie " européennes ».
Sucre: face à la chute des prix, Tereos tombe dans le rouge
Le géant sucrier Tereos (Béghin Say et La Perruche) a encaissé la baisse des prix du sucre qu’il avait anticipée au premier semestre de son exercice décalé, avec un recul de ses ventes de près de 20% et une perte de 572 millions d’euros. Cette perte est principalement due à une dépréciation d’actifs de 499 millions dans un contexte de baisse des prix du sucre et de hausse «des taux d’actualisation permettant d’évaluer la valeur future des activités», affirme le groupe coopératif dans un communiqué publié le 21 novembre pour le semestre clôturé fin septembre. Mais même sans cet élément, Tereos reste dans le rouge alors qu’il avait enchaîné les bonnes performances ces dernières années grâce à l’explosion des prix du sucre, portés par des tensions sur l’offre et une hausse des coûts de production. Sur l’exercice précédent (2024-25), il avait enregistré au premier semestre un bénéfice de 196 millions d’euros mais le deuxième semestre avait fait redescendre le bénéfice annuel à 131 millions. Tereos avait alors indiqué qu’il anticipait une poursuite de la baisse des prix du sucre, qui se retrouve dans ses ventes du premier semestre 2025-2026, à 2,6 milliards contre 3,2 milliards sur la même période de l’exercice précédent. Pour le semestre à venir, les prix contractualisés sur la période ont été «comparables» à ceux de l’année dernière «du fait de l’absence d’effet de la réduction des surfaces de betterave» qui aurait pu porter les prix, mais a été «plus que compensée par les bons rendements agricoles constatés sur cette campagne».
Sucre: une ONG dénonce encore Nestlé pour l'ajout de sucre dans des aliments pour bébé
L’ONG suisse Public Eye a de nouveau dénoncé Nestlé pour l’ajout de sucre dans les aliments pour bébé de la marque Cerelac dans un second rapport centré sur l’Afrique, des accusations rejetées par le géant de l’alimentation. L’ONG suisse avait déjà publié en avril 2024 une étude, menée sur plusieurs continents, accusant Nestlé d’ajouter du sucre dans des produits pour bébés dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, alors que les mêmes produits vendus en Europe n’en contiennent pas. Un an et demi après, elle a voulu refaire un point en se concentrant cette fois uniquement sur l’Afrique où l’obésité, longtemps «assimilée à un problème de pays riches», est «en train de se diffuser rapidement», a déclaré à l’AFP Laurent Gaberell, responsable des questions d’agriculture et alimentation au sein de l’ONG. Pour cette seconde étude, l’ONG suisse s’est concentrée sur des produits de la marque de céréales infantiles Cerelac, destinée aux bébés à partir de six mois. D’après l’étude publiée le 18 novembre, chaque portion analysée comptait en moyenne près de six grammes de sucre ajouté, soit environ un carré et demi. La quantité la plus élevée détectée venait d’un produit vendu au Kenya, avec 7,5 grammes par portion, soit près de deux carrés de sucre. Dans un communiqué, Nestlé a dit ne pas être d’accord avec ce rapport, estimant qu’il contenait «des allégations trompeuses et sans fondement». «Si l’on exclut les sucres venant des ingrédients comme le lait, les céréales et les fruits, nos céréales infantiles ne contiennent pas les niveaux de sucre mentionnés dans ce rapport», conteste notamment Nestlé.
Restauration : le chef Marx demande une loi-cadre pour défendre l'artisanat et le fait-maison
Au congrès de l’UMIH (syndicat des métiers de l’hospitalité), du 17 au 19 novembre, son président le chef Thierry Marx a annoncé qu’il emploierait sa fin de mandat (prévue fin 2026) à initier une « loi-cadre » protégeant la gastronomie et les métiers de bouche. Une de ses idées est d’avantager l’acte de cuisiner par le biais de la TVA. Défendant le label « fait maison » à partir d’ingrédients bruts, il a déploré que la marge nette en résultant n’est que de 2% alors que le « non-fait maison » en procure 8%, selon ses propos rapportés sur le site de l’UMIH. Ce label est en passe d’évoluer puisque le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé dans une vidéo diffusée au congrès, qu’il devrait détailler des mesures le concernant lors de la présentation des conclusions des Assises de la restauration à la mi-décembre. Thierry Marx a aussi proposé de créer un titre « d'artisan-restaurateur », plus souple dans ses critères que celui de maître-restaurateur, pouvant englober davantage de métiers (boucherie, traiteurs...). En octobre, l’UMIH s’était opposée à un amendement (rejeté) à la loi de finances qui aurait porté la TVA à 20% en restauration et réservé le taux réduit de 5,5% aux seuls Maîtres restaurateurs, soit « à peine 3 000 restaurants », avait-elle souligné.
Cabinet d’Annie Genevard : départ de la conseillère presse Anne-Charlotte Neau-Juillard
La conseillère « en charge de la communication et des relations presse » Anne-Charlotte Neau-Juillard quittera le cabinet de la ministre de l’Agriculture le 29 novembre, comme le stipule un arrêté paru au Journal officiel le 21 novembre. Cette diplômée de l’Essec avait rejoint l’équipe d’Anne Genevard en janvier, après de nombreuses expériences dans le privé.
Addendum à l'agenda agricole de la semaine du 24 novembre 2025
Mardi 25 novembre
Assemblée générale de l'UGPVB Œufs (groupements de producteurs bretons), à Rennes