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Benjamin Voiry (Roquette) : « La technologie de germination développée par Daiz va être appliquée à la protéine de pois »

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Benjamin Voiry, directeur marketing de la BU Protéines végétales chez Roquette Crédits : © Roquette

Roquette se renforce encore un peu plus dans le domaine de protéines végétales, avec une prise de participation minoritaire au capital de la start-up japonaise Daiz, inventeur d’une technologie de germination exclusive des graines de soja (1), qui va être appliquée aux graines de pois. Avec à la clé un enjeu de taille : obtenir des protéines de pois adaptées à la fabrication de substituts végétaux de viande, de poisson ou de produits laitiers, plus neutres en goût, offrant de nouvelles textures et permettant aussi de se passer de certains additifs. Benjamin Voiry, directeur marketing de la BU Protéines végétales chez Roquette, fait le point sur les perspectives qu'offre ce nouveau partenariat.

Pourquoi Roquette vient-il d’investir dans la start-up Daiz ?

Roquette investit au capital de Daiz de façon minoritaire car cette start-up a mis au point une technologie exclusive basée sur la stimulation de la graine de soja afin qu’elle germe de manière à obtenir des protéines aux fonctionnalités spécifiques. Grâce à ce rapprochement, la technologie de germination développée par Daiz va être appliquée au pois, dont nous sommes les spécialistes. C’est un processus que nous allons mener au niveau de notre R&D, avec un volet applicatif et en collaboration avec nos clients qui ont des attentes spécifiques vis-à-vis des protéines végétales texturées.

Quels sont les résultats attendus ?

Les ingrédients que nous comptons lancer sur le marché dès cette année vont pouvoir complémenter la gamme de protéines dont nous disposons aujourd’hui, notamment en termes de différences de goût et de texture. Certains industriels veulent pouvoir utiliser la protéine de pois, sans forcément ajouter un ou plusieurs additifs pour en masquer le goût ou améliorer le caractère fibreux. C’est le cas très souvent pour certains substituts végétaux à la viande qui cherchent à se rapprocher des qualités organoleptiques de la protéine animale.

Pouvoir proposer la protéine la plus neutre possible en termes de goût est un enjeu important pour s'attaquer à un plus grand nombre d’industriels. Mais il y a aussi un volet économique : utiliser une protéine la plus neutre permet de se passer de certains additifs, et donc de limiter le coût pour l’industriel.

Quelles sont les perspectives ouvertes par l’application de la technologie de Daiz pour le pois ?

La protéine de pois présente de nombreux avantages par rapport à d’autres protéines végétales présentes sur le marché. Elle bénéficie d’une meilleure image que le soja vis-à-vis des consommateurs finaux et ce n’est pas un allergène majeur.

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En plus des alternatives à la viande, il est envisagé de valoriser cette technologie sur d’autres marchés utilisant la protéine de pois comme les substituts aux produits laitiers ou à la nutrition spécialisée.

C’est aussi l’opportunité de disposer d’un ingrédient local, produit au plus près des marchés de consommation. Ainsi d’une part, notre récent usine de transformation de pois, basée au Canada, avec une capacité de transformation annuelle de plus d’une centaine de milliers de tonnes de pois, permet d’alimenter le marché nord-américain. D’autre part, en Europe notre usine de valorisation du pois est basée en France (Vic sur Aisne) et nous opérons aussi au Pays bas pour des protéines végétales texturées

Grâce aux produits que nous obtiendrons demain avec la technologie de germination de Daiz, le pois pourra répondre à de nombreuses applications demandées par le marché.

Quels sont les résultats obtenus par Daiz grâce à sa protéine de soja ?

Daiz, start-up japonaise fondée en 2015, a mis au point une méthode de germination qui permet d’obtenir ce qu’ils appellent la « viande miracle » à base de soja, déjà commercialisée auprès de 50 entreprises. Et depuis mai 2021, Daiz a établi une filiale aux États-Unis et a déjà commencé à diffuser ses produits à l’international en partenariat avec des industriels de l’alimentaire japonais.

(1) Le scientifique Koji Ochiai a mis en évidence lors de ses recherches que la germination des graines peut être augmentée dans des conditions stressantes. La technologie brevetée de Daiz permet de contrôler avec précision la température et les niveaux d'oxygène, de dioxyde de carbone et d'eau à l'intérieur du réservoir pour donner au soja juste ce qu'il faut quantité de stress.