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Cécile Renault (Panzani) : « Les agriculteurs français sont des partenaires clés pour notre filière de blé responsable »

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Cécile Renault, directrice R&D, qualité et RSE du groupe Panzani. Crédits : © Panzani

Le groupe agroalimentaire Panzani, leader français des pâtes, sauces et couscous en grande consommation, s’est lancé dans un programme de réduction de son empreinte environnementale qui passe par un volet agricole assez important. L’industriel, qui travaille avec des coopératives comme Arterris ou Axéréal et le semencier RAGT, s’engage à commercialiser des pâtes alimentaires sous sa marque phare à partir de blé français sans résidus de pesticides dès 2025. Et pour ses sauces, il compte développer des filières responsables en Italie, en Espagne et en France, en s’appuyant sur l’agriculture régénératrice. Cécile Renault, sa directrice R&D, qualité et RSE, détaille les axes de travail du groupe agroalimentaire intégré du grain aux pâtes, qui concernent aussi les emballages, la nutrition ou encore les modes de cuisson pratiqués par les consommateurs finaux.

Pourquoi le groupa Panzani se lance-t-il dans une démarche RSE assortie d’engagements concrets ?
Nos engagements RSE, que nous dévoilons cette année mais qui sont le fruit d’une démarche entamée il y a plusieurs années, correspondent à notre conviction que nous devons minimiser notre impact et maximiser notre contribution positive sur l’environnement. Nous nous engageons donc à réduire l’impact direct et indirect de nos activités.

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Concrètement, en quoi consiste vos engagements pour la filière du blé dur ?
Nous avons déjà franchi une première étape en nous approvisionnant, pour nos pâtes à la marque Panzani, à 100% en blé dur cultivé en France, ce qui nous permet d’avoir des pâtes vraiment locales puisque la transformation se fait dans nos semouleries et usines, situées en France.
En 2025, toutes nos pâtes seront élaborées à partir de blé dur responsable cultivé en France, conformément à ce que stipule notre cahier des charges. En outre, ce blé sera sans résidus de pesticides de champs, sachant que depuis 2022, notre blé n’est pas traité aux insecticides lors du stockage. Notre cahier des charges mis en œuvre avec nos partenaires que sont des coopératives comme Arterris ou Axéréal, prévoit que les bonnes pratiques se font au niveau de chaque parcelle chez l’agriculteur. Celui-ci est d’ailleurs rémunéré par une prime de 20 euros la tonne pour ses pratiques culturales vertueuses. Cette démarche est une question d’avenir car nous voulons pérenniser nos approvisionnements en blé dur français issu de nos quatre bassins du centre, ouest, sud et sud est de la France et contribuer à la construction d’une filière bas carbone. Dans ce cadre, il est clair que les agriculteurs français sont des partenaires clés pour notre filière de blé responsable.

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Adoptez-vous la même démarche pour la tomate utilisée pour les sauces Panzani ?
La filière française de tomate d’industrie est très déficitaire par rapport aux besoins de Panzani qui sont de 100 000 tonnes à l’année, et nous ne disposons donc pas de volumes suffisants pour nous fournir entièrement en France. C’est pourquoi nous nous fournissons en Espagne et en Italie, exclusivement en tomates de plein champs transformées dans les 48 heures après leur récolte.
Nous allons mettre sur pied un cahier des charges responsable qui couvrira toutes les tomates que nous utiliserons en 2030, basé sur la préservation de la ressource en eau, la mise en place de couverts végétaux, l’utilisation de biosolutions et le moindre recours aux fertilisants et aux intrants. Nous voulons aussi nous engager dans le développement d’une filière française de tomate d’industrie, notamment avec notre partenaire Le Panier provençal avec qui nous avons contractualisé de premiers volumes cette année à hauteur de 1000 tonnes de concentré de tomates équivalent 6 000 tonnes de tomates fraiches françaises .

A quel stade d’avancement de vos objectifs en êtes-vous ?
En tant que premier transformateur français de la filière de blé dur national, avec un tiers des volumes produits, nous avons une certaine capacité d’entraînement. Nous avons déjà converti 800 agriculteurs d’adopter notre démarche, sur les 3000 agriculteurs auprès de qui nous nous fournissons.
Et pour la tomate, nous avons lancé une démarche basée sur l’agriculture régénératrice avec l’ONG Earthworm et Ideagro en Espagne, sur une quinzaine de parcelles. Nous comptons déployer ces bonnes pratiques auprès de nos producteurs en Espagne, en Italie et en France.
 
Comment les emballages des pâtes et sauces peuvent-ils contribuer à réduire l’impact environnemental de Panzani ?
80 à 90% de nos emballages sont déjà recyclables, mais nous voulons arriver à 100% d’emballages recyclables. Par exemple, pour les emballages en PP (polypropylène, ndlr) de nos pâtes, nous agissons sur trois axes : la réduction des épaisseurs de nos emballages, par exemple grâce à des matériaux plus fins, le recyclage, en travaillant avec Citeo pour mettre en place une filière du recyclage du PP, et la réutilisation, en participant à des tests sur le vrac, une solution qui présente toutefois des limites.
 
La limitation de l’impact environnemental passe-t-il aussi par les choix des consommateurs finaux ?
La nutrition est un enjeu pour nous. Nous avons lancé plusieurs références de pâtes intégrant dans leur recette du blé complet, issus de nos moulins, afin d’accroître la proportion de fibres dans l’alimentation des Français. C’est une perspective que nous allons développer à l’avenir. Nous voulons aussi faire savoir que nos produits sont bons pour le climat et pour la santé : nous affichons le Nutri-Score, ce qui nous pousse à reformuler en continu nos recettes de sauces afin d’arriver à notre objectif de 95% de produits notés A et B en 2026. Et pour l’Eco-Score, nous faisons des simulations actuellement et n’avons pas encore décidé de l’afficher ou pas sur les emballages.