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Mayssa Al Midani, gérante de Pictet Nutrition : « Nous sommes très attentifs aux solutions permettant de produire mieux et plus avec moins de ressources »

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Mayssa Al Midani, gérante de Pictet Nutrition Crédits : © Pictet

Pictet Nutrition, le fonds dédié aux technologies agricoles, à la logistique alimentaire et à l’agroalimentaire de la société de gestion d’actifs suisse Pictet AM livre sa vision des entreprises de ces secteurs alors que l’économie mondiale est secouée par la guerre en Ukraine, la hausse des matières premières, le retour de l’inflation et les conséquences de deux ans de crise sanitaire. Dans ce contexte chahuté, Mayssa Al Madani, gérante de Pictet Nutrition présente sa stratégie d’investissements et le profil des investissements les plus prometteurs.

Quelle est votre vision du secteur de la nutrition à l’échelle mondiale ?

Nous constatons que plusieurs enjeux se présentent pour les années à venir : une augmentation de la demande alimentaire en hausse de 60% et 2 milliards d’humains en plus sur Terre à nourrir d’ici 2050, et en même temps un accroissement de l’obésité pour une part des humains, tandis qu’une autre part n’a pas un accès suffisant à l’alimentation. Du côté de l’agriculture, si on continue à produire avec les mêmes méthodes trop consommatrices de ressources naturelles et trop polluantes, nous savons que les surfaces agricoles et les ressources en eau sont insuffisantes pour supporter la hausse de la demande alimentaire et que l’élevage est très impacté par les épizooties et la résistance aux antibiotiques.

Quels sont les critères que vous prenez en compte pour vos décisions d’investissement pour le fonds Pictet Nutrition ?

Parmi les nombreux critères que nous prenons en considération, il y a la prise en compte les enjeux liés à la responsabilité environnementale et sociétale (RSE). Par exemple, nous sommes très attentifs aux solutions permettant de produire mieux et plus avec moins de ressources naturelles et d’intrants, comme c’est le cas avec certaines protéines végétales ou bien d’agriculture verticale. Il y aussi tous les outils qui permettent d’aider l’agriculteur à limiter les quantités de produits phytosanitaires. Ou encore toutes les solutions d’aide à la reformulation de recettes de produits agroalimentaires afin de mettre au point des aliments ayant un impact positif sur la santé des personnes. Je pense aussi aux solutions permettant de limiter le gaspillage alimentaire, améliorer les chaînes de distribution logistique, renforcer la santé animale, etc.

Quels sont les activités dans lesquelles vous n’investissez pas ?

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Nous excluons de notre définition du thème Nutrition toutes les activités qui ne correspondant pas à nos critères telles que la filière de la viande bovine, l’alcool, les boissons sucrées, la confiserie, les fabricants d’emballages plastiques dérivés du pétrole, la restauration rapide industrielle ou encore les produits phytosanitaires de synthèse.

Quelles sont les conséquences de la guerre en Ukraine sur vos choix d’investissements ?

D’abord, il faut savoir que nous ne sommes pas exposés directement aux marchés russe et ukrainien. Indirectement, il peut y avoir des conséquences lorsque des valeurs de notre portefeuille opèrent sur ces marchés, mais l’exposition globale au niveau du portefeuille reste limitée. Les conséquences sont surtout à attendre en termes d’inflation sur les prix des matières premières, mais nous avons déjà pris en compte ce risque depuis que le phénomène a commencé à apparaître, en privilégiant par exemple les sociétés qui ont une capacité à fixer elles-mêmes leurs prix. Le ralentissement économique est un risque pour les marchés financiers mais le secteur de la nutrition présente une grande résilience car l’alimentation reste un besoin fondamental dont la demande est relativement peu cyclique.

Quelles sont les raisons qui vous font penser que le secteur est promis à un bel avenir ?

Outre qu’il s’agit d’un secteur résilient basé sur l’alimentation, dont la demande est solide et essentielle, nous remarquons de nombreux signaux positifs actuels : les agriculteurs disposent de fonds suffisants pour renouveler leurs équipements, alors que les flottes actuelles sont plutôt vieillissantes et qu’ils ont besoin de matériels plus performants. Nous remarquons aussi une bonne tenue de la consommation alimentaire à domicile, et en même temps une remontée de la consommation hors domicile avec la fin de la crise sanitaire. Le cadre réglementaire est très favorable aux alternatives alimentaires qui sont encouragées par les pouvoirs publics.