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Sébastien Osmond (Solyve, groupe InVivo) : « La fermentation en milieu solide fait partie de l’histoire du groupe »

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Sébastien Osmond est responsable du pôle R&D chez Solyve. Crédits : © Solyve

Spécialiste des solutions enzymatiques depuis près de 35 ans, Soufflet Biotechnologies (groupe InVivo) a changé de nom. La naissance de Solyve traduit une nouvelle dynamique pour répondre aux attentes des industries du secteur agroalimentaire, en constante évolution. Mais pas question de changer de process : le recours à la fermentation en milieu solide (FMS) reste au cœur de la stratégie du groupe. Sébastien Osmond, responsable du pôle R&D, nous explique pourquoi.

Pourquoi Soufflet Biotechnologies est devenu Solyve ?

L’entité Soufflet Biotechnologies qui, depuis 2022 appartient au groupe InVivo propose des solutions enzymatiques à destination des industriels du secteur agroalimentaire : fruits, œnologie, boissons végétales et transformations des céréales. L’ambition est d’affirmer, au travers de cette évolution de nom, le positionnement expert en bio-solutions de l’entreprise. La nouvelle marque Solyve valorise l’offre enzymatique de l’entreprise, assise sur 30 ans de savoir-faire, à la hauteur de la technicité et de la valeur ajoutée requises par l’industrie agroalimentaire. Solyve, c’est aujourd’hui 70 salariés sont 14 dédiés à la R&D. Nos clients sont présents dans une cinquantaine de pays.

En quoi consiste précisément votre activité ?

Depuis 1989, nous produisons des enzymes et fabriquons différentes formulations, près de 250 références au total, pour des entreprises de l’agroalimentaire. Grâce à nos enzymes, nos clients peuvent produire plus, et plus vite, avec la même quantité de matière première. Véritables ciseaux moléculaires, les solutions enzymatiques améliorent les rendements, optimisent les procédés, augmentant la capacité d’extraction des jus, jouent sur les caractéristiques organoleptiques des produits finis. Lors des étapes de vinification, nos produits permettent d’obtenir plus de couleur dans les tanins, d’améliorer la clarté des vins... 

Nous proposons également des enzymes plus fonctionnelles, pour, par exemple, décolmater des filtres : une alternative intéressante aux produits chimiques. En fait, nous nous adaptons à chaque demande de nos clients. 

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Le recours à des fermenteurs en milieu solide est rare en France. Pourquoi avoir fait ce choix ?

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Oui, effectivement, nos quatre FMS sont uniques sur le territoire. Ferments du Futur, qui a inauguré, en septembre, son centre d’innovation en possède un mais celui-ci sera uniquement dédié à l’expérimentation et non à la commercialisation des enzymes produites, comme c’est le cas pour Solyve. Contrairement à la fermentation liquide, qui produit principalement des micro-organismes unicellulaires tels que des bactéries ou des levures, la fermentation en milieu solide est bien adaptée aux organismes fongiques mycéliens. Pour faire croître ces micro-organismes, nous nous fournissons en co-produits végétaux : pulpes de betteraves ou son de blé. Pour dégrader le substrat, ces champignons doivent produire des enzymes, spécifiques à chaque milieu. L’enjeu est alors de repérer celles qui présentent un intérêt. La FMS est également moins consommatrice d’eau et d’énergie : un aspect RSE qui séduit nos clients. Enfin, les enzymes obtenues par fermentation en milieu solide sont naturelles, plus variées et non génétiquement modifiées.

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Opter pour la FMS, c’est aussi accepter un process plus long ?

Oui, effectivement. Chez Solyve, nous produisons nos propres souches de micro-organismes. C’est un peu comme de l’élevage ! Nous les testons sous différentes températures, pH, substrats et leur faisons subir différents stress pour leur « faire produire » un large éventail d’enzymes. Cette stratégie est donc plus compliquée qu’avec des micro-organismes OGM où tout est davantage « formaté ». Mais si nous nous détournions des FMS, nous perdrions notre raison d’être : cela fait partie de notre histoire.

Quelles sont les perspectives pour les années à venir ?

Souvent méconnu, le domaine de la fermentation est en plein essor. La multiplicité des co-produits désormais disponibles (produits carnés, poissons, algues...) élargit encore le champ des possibles. De nombreux domaines comme la cosmétique ou le monde de la fertilisation s’intéressent par exemple aux enzymes pour « découper » d’autres produits et ainsi en fabriquer de nouveaux. Chez Solyve, nous enregistrons depuis quelques mois un fort développement dans le débouché des boissons végétales. Celui-ci devrait nous permettre de consolider notre activité pour les années à venir.