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Alcool: réduire la consommation au nom des violences faites aux femmes (tribune)

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La consommation d’alcool est «significativement liée au statut d’auteur mais aussi de victime de violence», rappelle l’addictologue Laurent Bègue-Shankland dans une tribune publiée le 23 février sur le site du Monde (article payant). Ces conclusions, rappelle-t-il, sont étayées non seulement par les données du ministère de l’Intérieur, mais également par une méta-analyse américaine publiée en 2018 grâce aux données de 625 000 participants. Des études en laboratoire suivant l’attitude de couples suivant la dose d’alcool ingérée montrent par ailleurs que «l’alcool favorise les conduites violentes par plusieurs mécanismes neuropsychologiques mais aussi par la légitimation culturelle». Alors que les violences conjugales ont augmenté de 21% en 2021, et «puisque l’alcool en est l’une des causes certaines, la société est en droit d’attendre d’Emmanuel Macron qu’il contribue par des mesures fortes à enrayer cette tendance», défend le chercheur. Prix plancher, élévation de la taxation, encadrement des promotions dans les bars, interdiction généralisée de la publicité: dans la mesure où la France fait partie des plus grands consommateurs d’alcool de l’OCDE, «il est raisonnable de chercher à la sortir du peloton de tête […] par des mesures qui ont fait leur preuve», invite le chercheur.