L’Insee a mis en ligne le 9 octobre une analyse inédite des effets de hausses générales des prix alimentaires sur les achats. D’après l’étude réalisée sur des tickets de caisse entre 2021 et 2022 dans un groupe de distribution (Casino), lorsque le prix d’un produit augmente de 1%, les quantités vendues diminuent en moyenne de 0,6%. Les achats se contractent moins pour les produits labellisés - leurs consommateurs étant peut-être moins contraints dans leur budget, est-il supposé - mais aussi pour les produits de première nécessité comme le pain, la farine, les pommes de terre, le sucre, les huiles et graisses ou les aliments pour bébés. Les légumes ont le mieux résisté (-0,4%); les produits laitiers et les œufs relativement bien (- 0,5%). Les achats se contractent plus fortement au contraire pour les produits non essentiels ou stockables, comme les alcools, ou substituables comme les viandes (-0,71%) et le poisson (-0,80%), les consommateurs s'étant reportés sur les protéines laitières et les œufs. Les niveaux de prix initiaux sont aussi déterminants : le groupe des 20% de produits les moins chers à l'origine n'a perdu que 0,5% de ventes en volume, tandis que celui des 20% les plus chers a perdu 0,75%. Ces effets sont d’autant plus accentués que les consommateurs peuvent faire jouer la concurrence en fragmentant leurs achats, précise la synthèse.
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