À moins de réduire le gaspillage et la consommation de protéines animales, la hausse des surfaces en agriculture bio dans les pays riches va «vraisemblablement» entraîner une hausse des prix des produits agricoles dans les pays pauvres, selon une étude publiée le 2 août dans le journal scientifique European review of Agricultural Economics. Les auteurs, affiliés à l’université de Californie, se sont penchés sur quatre cultures (blé, riz, maïs, soja) qui représentent «environ 2/3 des calories consommées à échelle mondiale». D’après leurs travaux de modélisation, passer de 3 à 15% de surfaces en bio dans les pays riches pourrait entraîner une hausse des prix allant jusqu’à 6,3% dans les pays pauvres. «3% [de surfaces en bio] est la part moyenne actuelle dans les pays riches -ça peut sembler peu mais tous les pays riches ne sont pas dans l’UE, et 15% est la part ciblée par la politique publique», précise le chercheur Pierre Mérel. Pour neutraliser cet effet sur les prix à la consommation dans les pays pauvres, il faudrait augmenter de 3% la surface totale cultivée (bio +conventionnel) dans les pays riches, ou agir «significativement» sur le gaspillage et la consommation de protéines animales, estiment les chercheurs. En revanche, les consommateurs des pays riches seraient peu affectés car une légère hausse des prix conventionnels serait «largement compensée» par la baisse des prix du bio.
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