Dans un courrier envoyé hier au ministère de l’Agriculture à l’occasion de la réunion des acteurs de l’agriculture biologique, l’interprofession laitière (Cniel) estime que le ralentissement des cours bio et la hausse des déclassements face à la baisse de la demande ont entraîné une perte de 71 M€ pour les éleveurs, depuis le début de la crise. «Nous craignons que ces pertes s’aggravent si les cours des produits laitiers conventionnels retombent», alerte Yves Sauvaget, président de la commission bio du Cniel. Autre indicateur préoccupant: les ventes de produits laitiers bio auraient reculé entre de 9 à 19% sur les onze premiers mois de 2022 par rapport à 2019. Avec une production stable «les déclassements vont continuer à croître et pourraient alors atteindre 530 Ml en 2023», soit 43 % des volumes, prévient l’interprofession. « Les opérateurs ne pourront pas maintenir le prix du lait bio, risquant ainsi de mettre en péril la pérennité d‘un certain nombre d’exploitations », s’alarment les professionnels. Alors que Marc Fesneau prévoirait de renforcer l’application d’Egalim ou d’augmenter les moyens pour la promotion, le Cniel estime que ces mesures seront «nécessaires mais non suffisantes» dans le secteur laitier. «Certains producteurs risquent de mettre la clé sous la porte dès le premier semestre si on ne les aide pas», répète Yves Sauvaget, alors que les arrêts de certification ont atteint 3% en lait en 2022.
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