La sécheresse de ces derniers mois impacte le débit du Rhin : habituellement enregistré autour de 1200 m3 par seconde à Strasbourg, il est passé, le 11 juillet, sous la barre des 800 m3. « Un débit normal permet aux bateaux d’emporter trois mètres de marchandises dans leurs cales, explique Vincent Steimer, directeur des unités territoriales à Voies navigables de France (VNF). Autour de 800 m3, ils ne peuvent embarquer que les deux-tiers de leurs chargement, et en dessous de 600 m3/seconde, seulement un tiers. » Dès lors, le fret fluvial perd largement de sa rentabilité. Et le situation ne semble pas près de s’améliorer : outre les précipitations, le Rhin est surtout alimenté par la fonte des glaces alpines et le lac de Constance. Or, les neiges accumulées en hiver ont déjà toutes fondues, et le lac est très bas, proche de ses records historiques. Une déconvenue pour les nombreux stockeurs et amidonniers présents le long du Rhin, qui exportent leurs produits en direction de la Mer du Nord. D’autant que les bons rendements de la moisson obligent les stockeurs à vider leurs silos. En 2025, le trafic agricole sur le Rhin était jusque-là au beau fixe, avec 615 000 tonnes de produits transportés lors du premier semestre, en hausse de 15 % par rapport à 2024. (Elena Blum)
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