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Laurent Lemarchand (NatUp) : « L’innovation est un marqueur de la coopérative appelé à se renforcer dans les prochaines années »

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Laurent Lemarchand, directeur innovation, développement et agroindustries de NatUp. Crédits : © NatUp

La coopérative NatUp multiplie les initiatives en faveur de l’innovation, axées sur les solutions énergétiques alternatives aux sources non renouvelables, la réduction des intrants grâce à aux outils d’aide à la décision ou le soutien aux produits de biocontrôle. Plus généralement, la coopérative normande, spécialiste des céréales, des légumes et de l’élevage (1,6 milliard de chiffre d’affaires en 2023 et 7000 agriculteurs), va poursuivre ses efforts pour valoriser au mieux les productions des adhérents en innovant dans les produits et la manière de les distribuer. Laurent Lemarchand, directeur innovation, développement et agroindustries de NatUp, et futur directeur général à partir de janvier 2025 succédant à Patrick Aps, fait le point sur ces différents sujets. 

NatUp vient de mettre en service une centrale photovoltaïque à l’usine Pom Alliance du Puiset. Quel est l’intérêt de ce type d’équipement ?

L’usine Pom Alliance est désormais dotée de 4000 m2 de panneaux photovoltaïques qui représentent une puissance installée de 300 kWc, ce qui couvre 15% de ses besoins annuels en électricité, qui sont désormais renouvelables. Nous avons également le projet d’équiper en panneaux photovoltaïques l’atelier de découpe de viande de Gacé des Eleveurs de la Charentonne, dans l’Orne. Cette installation en toiture couvrira environ 20% de ses besoins annuels du site, pour un investissement, équipements électriques compris, de 400 K€ et une mise en service en 2025 si nous obtenons les autorisations nécessaires. Dans la même logique, nous avons installé un méthaniseur à l’usine Lunor de Luneray qui fonctionne grâce aux coproduits de la transformation des légumes. Il fournit aujourd’hui 8% et bientôt 10% du gaz nécessaire au fonctionnement de l’usine. A terme, nous allons poursuivre l’équipement de nos sites industriels et agricoles dès que cela est faisable réglementairement et fait du sens économiquement.

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Les adhérents sont-ils aussi accompagnés pour s’équiper de dispositifs de production d’énergie à la ferme ?

Certains adhérents produisent déjà leur électricité sur leur exploitation, d’autres se questionnent ou se sentent mal accompagnés. C’est pourquoi nous avons pris la décision de les accompagner dans leurs projets d’installation de panneaux photovoltaïques sur leurs toitures ou sur leurs parcelles dans le cadre du décret encadrant l’agrivoltaïsme. Nous avons désormais une équipe et des partenaires en place.

Quand on parle d’innovation au service des agriculteurs, on pense forcément à tous les outils d’aide à la décision issus des nouvelles technologies. Où en est NatUp sur cette question ?

Il y a une dizaine d’année, NatUp été à l’initiative de be Api qui aide les agriculteurs à ajuster leurs intrants en fonction des variations de potentiels, de fertilité ou de biomasse intra-parcellaire. Aujourd’hui, nous sommes fiers qu’environ 20% des surfaces de nos adhérents soient engagées dans une démarche d’agriculture de précision, soit 100 000 hectares. Cette démarche répond autant aux enjeux économiques de nos adhérents qui optimisent leurs revenus à l’hectare, qu’aux enjeux environnementaux. Un de nos facteurs clés de succès repose sur le fait que nos adhérents sont bien accompagnés, par une équipe de techniciens spécialisés, pour s’approprier cette solution qui représente un investissement important à l’échelle d’une ferme, y compris en équipement.

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L’enjeu de la réduction des produits phytosanitaires passe-t-il par d’autres solutions ?

Nous mettons en œuvre une palette de solutions à destination de nos adhérents qui sont engagés dans des démarches d’optimisation de l’utilisation des produits de synthèse. Outre l’agriculture de précision, nous avons beaucoup investis pour qualifier et faire la promotion de produits de biocontrôle qui représente désormais une part significative  de notre activité. Nous avons à cœur, dès lors que c’est pertinent, de soutenir des acteurs engagés dans l’économie circulaire et sur notre territoire comme Veragrow, qui a mis au point une gamme de produits de biocontrôle à partir de lombricompost. Nous accompagnons également nos adhérents à travers des groupes de progrès, les groupes Explor qui regroupent 200 agriculteurs pionniers dans des démarche d’innovation collaborative. C’est également une de nos grandes fiertés. Enfin, l’ensemble de nos techniciens sont aussi formés dans ce sens à travers le programme Badge Agro qui leur permet de monter en compétence agronomique en accédant à un diplôme de niveau ingénieur.

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Comment la notion d’innovation est appelée à occuper une place privilégiée dans la stratégie de NatUp ?

NatUp a historiquement investi dans le développement et le déploiement de solutions techniques pour ses adhérents. L’innovation est un marqueur fort de la coopérative et est appelé à se renforcer dans les prochaines années. Aussi, nous allons non seulement continuer à tester toutes les solutions techniques qui sont susceptibles d’apporter du revenu additionnel à nos adhérents, mais aussi dans les projets portés par la coopérative. Ainsi, nous innovons aussi dans la valorisation des productions animales et végétales des adhérents en lançant de nouveaux produits sous nos marques de légumes Lunor et Fraîchement Bon. Et nous allons nous appuyer sur le développement de l’enseigne Les Eleveurs de la Charentonne, qui va passer de 38 points de vente à 60 d’ici 2030. Aujourd’hui très tournée vers la mise en valeur des viandes produites par nos éleveurs, l’enseigne va diversifier son offre de produits frais et d’épicerie d’origine fermière.