Sans extension géographique, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a provoqué quelques nouveaux foyers dans les zones réglementées déjà établies dans le Jura et les Pyrénées-Orientales. Ces départements sont le théâtre de mobilisations contre l’abattage total des lots infectés.
Le compteur continue de grimper, mais ne s’affole pas. Ces derniers jours, plusieurs foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés dans les zones réglementées déjà en place dans le Jura et les Pyrénées-Orientales, apprend-on dans la presse locale. De nouveaux cas qui font passer la France au-dessus de la barre symbolique des 100 foyers. Dans le Jura, sept bovins ont été abattus à Écleux le 10 novembre. Les animaux avaient été vaccinés, mais « étaient certainement en phase d’incubation de la maladie », avance Éric Druot, président de la FDSEA du Jura à France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Avec ce septième cas dans le département depuis l’apparition de la maladie le 11 octobre, environ 340 animaux ont été euthanasiés, selon le média public. Ce nouveau foyer y décale de plusieurs semaines la levée de la zone réglementée, synonyme d’interdictions de mouvements d’animaux.
Quant aux Pyrénées-Orientales, elles comptent désormais 14 foyers, pour plus de 400 bovins abattus, rapporte L’Indépendant. En Espagne, où la maladie était apparue quelques jours plus tôt, 18 foyers sont comptabilisés, tous en Catalogne ; le dernier remonte au 17 octobre, rappelle la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale.
Zones levées dans les Savoies et le Rhône
D’après le dernier bilan du ministère de l’Agriculture au 11 novembre, la France compte désormais 101 foyers. Dans le Rhône, la deuxième zone réglementée française a été levée le 5 novembre, a annoncé le ministère de l’Agriculture. Cette zone réglementée « devient une " zone vaccinale ", ce qui facilite les mouvements des bovins de cette zone vers la zone indemne », précise la Rue de Varenne dans un communiqué. Selon la carte diffusée par le ministère, une partie de la zone (nord-est du département du Rhône) reste toutefois classée « zone de surveillance », en raison des foyers dans l’Ain situés à moins de 50 km.
La zone réglementée du Rhône avait été instaurée le 18 septembre après la découverte d’un foyer dans un élevage laitier à Saint-Laurent-de-Chamousset, dans les monts du Lyonnais. Aucun autre cas n’y a été recensé depuis, preuve que « la mobilisation collective porte ses fruits », selon le ministère. La première zone réglementée, dans les Savoies, lieu de la première apparition de la maladie en France, avait été levée le 22 octobre. Trois autres zones réglementées sont encore en vigueur en raison de foyers dans l’Ain, le Jura et les Pyrénées-Orientales. Par ailleurs, comme prévu, les restrictions temporaires mises en place au niveau national (interdictions des rassemblements et marchés de bétail) ont été levées le 5 novembre, rappelle la Rue de Varenne.
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Deux FDSEA contre l’abattage total
Dans les deux zones actives sur le plan sanitaire – Pyrénées-Orientales et Jura –, les mesures de lutte font l’objet de contestations. Selon Le Progrès, la Confédération paysanne du Jura a rassemblé une centaine de personnes, le 4 novembre, pour réclamer la fin de l’abattage total des lots d’animaux infectés (lire notre enquête). Dans les Pyrénées-Orientales, le ton monte, allant jusqu’à des menaces de mort proférées contre le préfet, apprend-on dans Le Parisien. Dans l’après-midi du 10 novembre, une manifestation devant la préfecture de Perpignan a rassemblé plusieurs centaines de personnes (400 selon L’Indépendant, 200 selon Ici). Une action à l’appel du collectif citoyen « Stop au massacre », également à l’initiative d’un barrage filtrant sur la RD66 dans la matinée, selon L’Indépendant. Quelques jours plus tôt, ce collectif avait tenté, sans succès, de bloquer un abattage sanitaire. L’Indépendant précise que la Confédération paysanne et la Coordination rurale ont répondu à l’appel du collectif à Perpignan le 10 novembre, ainsi que « plusieurs syndicats de salariés (CGT, Solidaires, CNT…) ».
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D’après le journal local, la FDSEA ne s’est pas jointe à la manifestation à Perpignan, bien qu’elle demande aussi la fin de l’abattage total, au rebours de la ligne syndicale nationale. Le 4 novembre, la FDSEA et les JA des Pyrénées-Orientales ont exigé que l’État « remplace l’abattage systématique par un abattage ciblé, limité aux seuls animaux malades ». Dans un communiqué diffusé sur Facebook, les syndicats justifient leur requête par la « couverture vaccinale, désormais majoritaire dans les troupeaux ». Par ailleurs, en pleine controverse sur le cas de quatre vaches abattues sur ordre de l’administration et abandonnées en estive, la FDSEA demande que les animaux contaminés soient « abattus en priorité à l’abattoir, et non sur l’exploitation ». Autres demandes : « pérenniser la stratégie vaccinale » et verser une « indemnisation intégrale et immédiate ». À notre connaissance, une seule autre FDSEA a demandé publiquement la fin de l’abattage total : celle du Lot-et-Garonne, également dans un communiqué diffusé sur Facebook.
YG
Au 11 novembre, le ministère comptait 101 foyers de DNC en France
Dans les Pyrénées-Orientales, des menaces de mort contre le préfet
Dans le Jura, le conseil départemental et le GDS débloquent des aides
Réunis en séance publique le 7 novembre, les élus du Conseil départemental du Jura, où sévit la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), ont adopté deux aides pour les éleveurs bovins, apprend-on sur le site internet de l’institution. La première consiste en « la prise en charge partielle des frais vétérinaires pour les visites préalables aux mouvements d’animaux », pour une enveloppe de 152 000 €. Les déplacements d’animaux sont interdits dans la quasi-totalité du département, devenu zone réglementée depuis le premier cas jurassien confirmé le 11 octobre. Des dérogations sont possibles dans certains cas précis après une visite vétérinaire. Comme le précise le quotidien Le Progrès, le groupement de défense sanitaire du Jura « a décidé de prendre une partie du coût [des visites] à sa charge et le Département y contribuera à hauteur de 50 % ». L’autre aide adoptée le 7 novembre est « une réduction des cotisations des éleveurs » au GDS pour 2025-2026 ; « une subvention plafonnée à 175 000 € est attribuée au GDS du Jura » dans ce sens.