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Climat : une initiative mondiale pour réduire les émissions de méthane

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Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et l'envoyé des Etats-Unis pour le climat, John Kerry, se sont rencontrés le 24 septembre. L'UE et les Etats-Unis s'apprètent à lancer une initiative pour réduire de 30% les émissions mondiales de méthane à l'horizon 2030. Crédits : © European Union, 2021

Les États-Unis et l’UE lanceront lors du sommet climatique de Glasgow une initiative visant à réduire les émissions mondiales de méthane de 30 % d’ici 2030. Pendant ce temps, les États membres commencent à discuter des propositions ambitieuses de la Commission européenne pour atteindre les nouveaux objectifs climatiques de l’UE qui auront un impact important sur l’agriculture.

L’Union européenne et les États-Unis ont confirmé le 20 septembre une initiative mondiale, qui sera officiellement lancée lors de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) en novembre à Glasgow, visant à réduire de 30 % d’ici 2030 les émissions mondiales de méthane, l’agriculture étant responsable de 50 % d’entre elles environ. La réalisation de cet engagement sur les émissions de méthane, qui passera notamment par des normes renforcées dans les secteurs de l’industrie et des déchets et des soutiens aux bonnes pratiques dans le secteur agricole, permettrait de réduire d’au moins 0,2 degré le réchauffement d’ici 2050, soulignent la Commission européenne et les États-Unis dans leur déclaration commune. Six autres pays ont déjà rejoint cette initiative (dont le Royaume-Uni, l’Argentine ou le Mexique). Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le méthane représente environ la moitié de l’augmentation de 1°C de la température moyenne mondiale depuis l’ère préindustrielle.

Lire aussi : Climat : l’UE et les États-Unis s’engagent sur une réduction de leurs émissions de méthane

La Commission européenne annonce également qu’elle soutiendra financièrement la mise en place d’un observatoire international indépendant des émissions de méthane (IMEO) afin de remédier à l’insuffisance des données disponibles et d’améliorer la transparence dans ce domaine à l’échelon mondial. Bruxelles a présenté fin 2020 une stratégie pour réduire les émissions de méthane de l’UE sans fixer d’objectif contraignant, qui propose en matière agricole de se concentrer dans un premier temps sur la collecte de données et l’adoption de bonnes pratiques.

De leur côté, les États-Unis ont eux aussi lancé déjà un certain nombre d’initiatives pour réduire leurs émissions. Le communiqué souligne notamment que le département américain de l’Agriculture s’emploie à développer l’adoption volontaire de pratiques agricoles respectueuses du climat en encourageant le déploiement de systèmes améliorés de gestion du fumier, de digesteurs anaérobies, de nouveaux aliments pour bétail ainsi que du compostage et d’autres pratiques. Et le Congrès américain envisage un financement supplémentaire à l’appui de bon nombre de ces actions.

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Début des débats sur le paquet climat de l’UE

La présidence slovène du Conseil de l’UE a présenté aux États membres un projet de conclusions, en vue de la réunion des ministres de l’Environnement du 6 octobre, destiné à préparer la 26e conférence des parties des Nations unies sur le changement climatique (COP26), qui se tiendra à Glasgow en novembre. Le texte souligne la nécessité de faire preuve de « beaucoup plus d’ambition au niveau mondial » pour maintenir l’objectif de +1,5°C de réchauffement.

Lire aussi : Climat : des objectifs ambitieux pour l’agriculture en attendant les outils pour y parvenir

Lors de ce Conseil Environnement, les ministres de l’UE commenceront également à discuter du paquet législatif d’adaptation aux nouveaux objectifs climatiques de l’UE. Les Vingt-sept devront notamment indiquer si les dispositions mises sur la table représentent, selon eux, « un dosage équilibré » garantissant la réalisation des nouveaux objectifs « de manière rentable », ainsi qu’une « répartition équitable de la charge entre les secteurs économiques, les États membres et les citoyens ». Au cours de leur réunion en comité spécial Agriculture le 20 septembre, les experts nationaux ont pour leur part exprimé un certain degré de préoccupation sur ce dossier en ce qui concerne : le niveau d’ambition des objectifs ; la nécessité de mesures rentables ; les différents points de départ des États membres et le besoin de flexibilité ; la nécessité de revoir les relations commerciales pour éviter que la production alimentaire ne se déplace vers des pays tiers ; et enfin la nécessité d’une évaluation d’impact en ce qui concerne l’agriculture.

Aide climat : les promesses des pays riches toujours pas tenues (OCDE)

Le financement climat fourni par les pays développés aux pays en développement a atteint 79,6 milliards de dollars en 2019, a indiqué le 17 septembre l’OCDE, un montant encore loin des promesses avant même d’intégrer l’impact de la crise sanitaire. Les pays du Nord s’étaient engagés en 2009 à Copenhague à porter à 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 l’assistance aux pays du Sud pour s’adapter aux impacts du changement climatique et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette promesse est, depuis, un sujet récurrent de colère des pays pauvres, et sera sans aucun doute un des points de contentieux de la conférence climat COP26 de Glasgow en novembre. En 2019, les fonds destinés à des actions de réduction des émissions représentent toujours les deux tiers du total, avec un accent sur les secteurs de l’énergie et des transports. Même si les aides destinées à l’adaptation aux impacts du changement climatique ont augmenté de 20 % à 20,1 milliards de dollars. Quant à la répartition géographique, l’Asie est toujours le principal bénéficiaire (43 %), devant l’Afrique (26 %) et les Amériques (17 %). Tous les ans, les évaluations de l’OCDE sont contestées par des ONG mettant en doute la sincérité de certains financements étiquetés « climat ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le 15 septembre que l’UE renforcerait sa contribution pour financer des actions climatiques dans les pays les plus vulnérables de 4 milliards de dollars par an jusqu’en 2027 (en plus des 25 millions qu’elle donne déjà).