Les élections présidentielles passées, la présidence française du Conseil de l’UE organise le 24 mai un nouveau Conseil des ministres de l’Agriculture, lesquels devraient principalement se pencher, une nouvelle fois, sur les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie avec, d’une part, un point sur la situation des marchés agricoles et de l’UE et, d’autre part, les négociations en vue de la 12e conférence ministérielle de l’OMC. Autre dossier à l’ordre du jour : l’adoption des conclusions du Conseil sur une stratégie de vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène.
Les ministres de l’Agriculture de l’UE se retrouvent le 24 mai à Bruxelles pour une réunion qui pourrait être présidée par une nouvelle ou un nouveau ministre français suite au changement de gouvernement intervenu le 16 mai avec la nomination d’Élisabeth Borne en tant que Première ministre.
Situation des marchés : encore
Les Vingt-sept devraient faire, une nouvelle fois, le point sur la situation des marchés agricoles, en particulier suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’envolée des cours des matières premières. Dans un document recueillant les remarques préliminaires de plusieurs États membres, il ressort que les secteurs de l’élevage (porcin et laitier en particulier) et des fruits et légumes sont ceux qui souffrent le plus actuellement. La Commission européenne a rappelé lors d’un échange avec les experts du Comité spécial Agriculture (CSA) le 16 mars qu’il fallait garder à l’esprit d’autres facteurs de risque : les conditions météorologiques avec une période de sécheresse prolongée (notamment sur le sud de l’UE) qui crée toujours plus d’incertitude, les engrais, les maladies animales (peste porcine africaine et influenza aviaire hautement pathogène en premier chef), et le risque de restrictions de la part de pays tiers (par exemple, l’Inde avec le blé et l’Indonésie avec l’huile de palme).
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La Croatie et d’autres États membres devraient réitérer leur souhait d’obtenir une réponse de la Commission quant à leur requête adressée début avril à la Commission européenne de débloquer une mesure de soutien temporaire exceptionnelle au titre du Fonds européen agricole pour le développement rural, comme cela avait été fait en juin 2020 face aux conséquences de la pandémie de Covid-19.
OMC : éviter les restrictions à l’exportation
Les Vingt-sept auront également un échange de vues sur le volet agricole des négociations de la 12e conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra du 12 au 15 juin à Genève. Des négociations qui patinent depuis de long mois. Les membres de l’OMC ont encore montré lors de leurs dernières réunions de nombreux points de désaccord que ce soit sur les solutions à privilégier pour assurer la sécurité alimentaire dans le contexte de la guerre en Ukraine ou les soutiens internes.
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Pour la Commission européenne, il est extrêmement important qu’un bon paquet émerge de cette conférence surtout dans le contexte de la guerre en Ukraine et de son impact sur la sécurité alimentaire mondiale. Lors de la réunion du CSA du 16 mai Bruxelles a rappelé ses objectifs : éviter les restrictions à l’exportation de produits alimentaires ; assurer le respect des règles de l’OMC même lorsque de telles mesures sont appliquées ; mettre en place une meilleure transparence sur les stocks (En Chine notamment) et exempter le Programme alimentaire mondial de toute restriction commerciale. La plupart des experts des États membres ont apporté leur soutien à la Commission dans ses efforts, en soulignant la nécessité d’une solution mondiale à la situation actuelle.
Influenza aviaire, sols et tourbe
Également à l’agenda de la réunion : l’adoption des conclusions du Conseil sur une stratégie de vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène. Le texte plaide pour le lancement d’un plan européen de vaccination afin de compléter les mesures existantes de prévention et de contrôle. Mais il souligne que la vaccination peut constituer un obstacle aux exportations de volailles et appelle donc la Commission européenne à engager un dialogue sur ces questions avec les partenaires commerciaux de l’UE.
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D’autres points divers seront abordés : les plateformes d’épidémiosurveillance (présentation de la présidence française), la protection des sols (Slovaquie), les programmes de développement rural (Roumanie), la conférence du G7 (Allemagne) et la réduction de la tourbe dans les substrats pour l’horticulture (Allemagne).
L’ONG Compassion in World Farming demande un débat en juin sur la stratégie De la ferme à la table
L’ONG Compassion in World Farming appelle, dans une lettre du 18 mai qu’elle leur adresse, les ministres européens de l’Agriculture à accélérer la mise en œuvre de la stratégie De la ferme à la table et à « repousser les tentatives du lobby de l’agriculture industrielle d’utiliser la guerre en Ukraine pour saper » cette stratégie. Dans la lettre, l’ONG demande que ce dossier soit inscrit à l’ordre du jour du Conseil Agriculture du 13 juin afin de donner aux ministres l’occasion de « reconnaître que le système alimentaire européen doit être modifié dès maintenant pour aider à combattre la crise climatique ». L’ONG critique en particulier les initiatives visant à augmenter la production européenne d’aliments pour animaux.