Le Copa-Cogeca constate, dans sa dernière note d’évaluation économique, que pour la viticulture, certains fruits et légumes de saison et viandes (veau, porc, volaille) les mesures d’urgence prises par la Commission européenne ne permettent pas, pour l’instant, de redresser les marchés affectés par l’épidémie de coronavirus.
Dans son évaluation hebdomadaire du 13 mai sur l’impact économique pour les secteurs agricoles de l’épidémie de coronavirus, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives de l’UE) s’inquiète de la situation dans la viticulture qui « se détériore chaque jour » avec des stocks qui s’accumulent et des produits de haute valeur gravement touchés par la perte de débouchés dans la restauration. Si le Copa-Cogeca se félicite des propositions de la Commission visant à prendre des mesures dans le cadre des programmes nationaux de soutien pour le vin en les rendant plus flexibles et en autorisant par exemple la distillation de crise, le stockage privé et la vendange en vert (1), il les juge « insuffisantes d’un point de vue budgétaire » : « Il est impossible pour les opérateurs de mettre en œuvre de telles mesures avec les fonds restants » des programmes nationaux.
Pommes de terre : distorsion de concurrence
Le secteur des fruits et légumes est, quant à lui, touché par la baisse des prix des produits de saison. Les exportations de poivrons vers les pays tiers notamment sont « problématiques en raison des prix élevés du fret aérien ». Ces coûts de transport à la hausse s’ajoutent au problème de disponibilité de la main-d’œuvre. En ce qui concerne les pommes de terre, le Copa-Cogeca estime que le régime d’aide d’État de 50 millions € mis en place par les Pays-Bas fausse la concurrence entre les producteurs européens.
Le Copa-Cogeca indique également que les éleveurs biologiques « dans plusieurs États membres tels que la Suède, la Belgique, le Royaume-Uni et l’Italie » commencent à rencontrer des difficultés à se procurer des aliments pour animaux « en raison des perturbations causées par le Covid-19 dans le flux provenant des principaux fournisseurs d’aliments biologiques comme la Chine et l’Inde ». Les prix des aliments biologiques pour animaux auraient augmenté de plus de 25 % dans certaines régions.
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Lait : enveloppe insuffisante
Pour le secteur de la viande, les producteurs de veau, de porc et de volaille qui ne profitent pas pour l’instant des dispositifs d’intervention sur les marchés mis en place par Bruxelles auraient besoin d’être aidés, constatent les organisations agricoles de l’UE. Enfin, concernant le lait, « les mesures de marché introduites contribuent à améliorer la situation, admet le Copa-Cogeca. Toutefois, l’enveloppe prévue pour l’aide au stockage privé risque de s’avérer insuffisante pour faire face à l’ampleur de la crise ».
La coordination européenne Via Campesina est bien plus sévère. Selon elle, « ces mesures, en plus d’être tardives et insuffisantes, montrent une fois de plus que la Commission européenne se préoccupe de la production et non des producteurs ». Via Campesina demande donc : une révision du prix d’intervention afin qu’ils ne soient pas inférieurs aux coûts moyens de production, le lancement de l’intervention publique, ou encore l’activation de la réduction obligatoire et compensée du volume de production.
(1) Voir n° 3742 du 18/05/2020