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Dermatose : l’Espagne accepte à son tour d’importer des bovins vaccinés

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Après l’Italie en décembre, le ministère de l’Agriculture a annoncé des accords avec l’Espagne et le Kosovo pour y exporter des bovins vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

L’Espagne et le Kosovo ont donné leur accord pour recevoir des bovins français vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 27 janvier. À l’instar de l’accord passé avec l’Italie, ces nouveaux accords s’appliquent aux animaux issus des « zones vaccinales II » (zones vaccinales succédant à une zone réglementée), situées en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et dans 500 communes du Sud-Ouest. Pour rappel, après 45 jours sans foyer, une zone réglementée peut devenir une zone vaccinale si « au moins 75 % du cheptel bovin y est vacciné depuis plus de 28 jours dans 95 % des élevages », rappelle le ministère sur son site. Par ailleurs, « les négociations se poursuivent pour étendre cette ouverture à la zone vaccinale I dans le Sud-Ouest » (zone de vaccination préventive, sans foyer), selon le communiqué de la Rue de Varenne.

Les conditions d’export vers l’Espagne – deuxième débouché français pour les broutards et premier pour les veaux laitiers – sont légèrement moins contraignantes que pressenti : contrairement à l’Italie, aucun test PCR n’est requis. Toutefois, les conditions d’immunité, y compris collective, sont nécessaires (pas de foyer depuis trois mois, vaccination depuis 28 jours, et depuis 60 jours dans un rayon de 50 km). Ces accords sont en vigueur depuis le 27 janvier pour l’Espagne et le 22 janvier pour le Kosovo ; ce pays tiers « est un débouché particulièrement important pour les éleveurs du Jura », selon la Rue de Varenne. L’Égypte et la Suisse ont également donné leur accord pour recevoir des bovins vaccinés, portant le total à cinq pays.

Zone réglementée levée dans 500 communes

Par ailleurs, une partie de la sixième zone réglementée mise en place afin de lutter contre la DNC dans le Sud-Ouest a été levée le 27 janvier. D’après un communiqué du ministère de l’Agriculture, cette mesure concerne « plus de 500 communes situées dans le Gers, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées » (voir la carte). Les bovins peuvent désormais en sortir « vers l’ensemble du territoire national, sous conditions strictes de vaccination », indique la Rue de Varenne. La zone concernée devient une « zone vaccinale de type 2 ». Le Sud-Ouest comprend encore deux zones réglementées : la ZR 3 à la frontière espagnole (Pyrénées-Orientales) et la ZR 6 autour des cas en Ariège et dans l’Aude.

Sur le plan sanitaire, aucun nouveau foyer n’a été détecté depuis le 2 janvier. La France a subi 117 foyers depuis l’apparition de la maladie sur le territoire fin juin 2025. Par ailleurs, la campagne de vaccination élargie dans les dix départements du Sud-Ouest est quasiment achevée : au 26 janvier, 96 % des bovins y étaient vaccinés (presque 689 000 sur un total de 750 000), selon le bilan officiel.

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Recours antivax au Conseil d’État

La semaine passée a aussi été marquée par un nouveau recours contre la stratégie gouvernementale de lutte contre la DNC, déposé par le micro-syndicat antivax Verte France. Une audience en référé qui s’est tenue au Conseil d’État le 28 janvier, sans que le résultat soit connu à l’heure où ces lignes sont écrites. Dans le détail, la procédure porte sur l’arrêté pris par la ministre de l’Agriculture le 11 décembre 2025 qui instaure une obligation de vaccination dans cinq départements (Aude, Haute-Garonne, Gers, Landes et Pyrénées-Atlantiques), en plus des zones réglementées autour des foyers où la vaccination est déjà prévue. Un second arrêté est paru le 16 décembre qui étend la vaccination à l’Hérault et au Tarn, il n’est pas concerné par la procédure, selon le programme du Conseil d’État.

Dans une vidéo sur le réseau social TikTok, la secrétaire de Verte France, Florence Verheyen, dénonce notamment le coût des vaccins (à la charge de l’État). Selon cette éleveuse de bisons de la Creuse, la vaccination « est totalement inutile puisque la maladie est bénigne ». Pour rappel, la DNC peut tuer jusqu’à 10 % des animaux d’un troupeau. Elle est classée dans la catégorie A (éradication immédiate) par la réglementation européenne, celle des maladies les plus dangereuses comme la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine (lire notre enquête). Verte France, qui se définit comme un « syndicat national agricole et de la ruralité », plaide notamment pour la sortie de la France de l’UE et pour « rétablir les rapports de forces pour la libération de la paysannerie », d’après son site internet.

YG

Conditions d’export vers l’Espagne plus souples que pressenti

Dans le Sud-Ouest, 96 % des bovins sont vaccinés